Achat public responsable

L’ObSAR présente les résultats de son baromètre des achats responsables 2016

| Mis à jour le 15/02/2016
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L’observatoire des achats responsable (ObSAR) a rendu public les résultats de son baromètre annuel des achats responsables. Les résultats relèvent une amélioration des pratiques pour les acheteurs, mais soulignent encore quelques points à peaufiner.

L’achat responsable progresse en France, même si quelques points noirs subsistent encore . C’est ce que révèle le baromètre des achats responsables 2016 réalisé par l’Observatoire des achats responsables (ObSAR), et dont les résultats ont été présentés ce mercredi 10 février. Pour cette enquête, l’ObSAR a sollicité 351 responsables d’achats via un questionnaire en ligne. Parmi les répondants, 105 sont issus d’organisations publiques (collectivités, ministères, fonction publique hospitalière) et 239 sont issus d’entreprises privées (industries, commerces, services).

Une meilleure connaissance de l’achat responsable

Premier constat : parmi les répondants au questionnaire, 81% d’entre eux ont assuré avoir une « bonne connaissance des achats responsables » (+6 points par rapport à 2015) et 42% la considèrent même « prioritaire » (+9 points).

Sans grande surprise, les acheteurs évoquent en première priorité la réduction des coûts (79%), puis l’amélioration du confort et de la qualité (65%), la participation à l’innovation des produits (45%), la réduction des risques liée à la chaine logistique (43%), et enfin la réduction du panel des fournisseurs (19%) : « il y a une nette progression sur la participation des achats à l’innovation, ce qui est plutôt rassurant. En revanche, réduire le panel des fournisseurs n’est plus une priorité des politiques d’achats, on n’est plus dans la vague du cost-killing  » analyse Gérard Brunaud, secrétaire général de l’ObSAR.

En outre, il semble que le principal frein à la mise en place d’une politique d’achats responsable ne soit plus le frein budgétaire (moins 10 points, à 41 %), mais celui du manque d’indicateurs et de référentiels clairs (45%).

Une progression globale de la maturité des organisations

Globalement, l’enquête montre que les acheteurs ont une vision de plus en plus réaliste en matière de résultats.

Parmi les répondants qui ont mis en œuvre une politique d’achats responsable, 74% des organisations ont diffusé la démarche en interne et 71 % ont formalisé des objectifs précis, avec des résultats déclarés conformes ou supérieurs par 61 % d’entre eux, « ce qui apparait très réaliste » note l’ObSAR. « La mise en place d’indicateurs est désormais réalisée par 64 % des répondants (+ 7 points), ce qui rend compte de la progression de leur professionnalisme » rappelle l’enquête.

« L’approche des achats responsables s’oriente de plus en plus vers une maîtrise différenciée par famille d’achats » note l’ObSAR. 79 % des acheteurs ont ainsi mis en place une cartographie des risques, notamment via les familles d’achat (+ 19 points). Toutefois, l’enquête souligne que le travail d’évaluation des fournisseurs reste à affiner, et que les organisations doivent se doter d’outils pertinents (14% seulement s’appuient sur une plateforme dématérialisée externe).

Au contraire, l’absence de progression de l’estimation du coût global (à 69 %) a été soulignée par les participants lors de la présentation des résultats. L’un des éléments du coût global, le calcul de la fin de vie ou du recyclage, reste très en deçà (à 43 %, + 3 points). « Il y encore beaucoup de progrès de travail en perspective pour rendre l’économie circulaire ! »  admet Gérard Brunaud.

Réduction des délais de paiement et hausse de l’allotissement

En ce qui concerne les relations avec les fournisseurs, le baromètre 2016 montre que la plupart des organisations cherchent de plus en plus à limiter  l’impact des procédures d’achats sur leurs fournisseurs (+ 5 points, à 85 %). Des progrès « probablement dus au travail de simplification des procédures et à un assouplissement des taux de dépendance des fournisseurs » juge l’ObSAR.

Quant aux délais de paiement, ceux-ci sont en légère amélioration : 58% des acheteurs ont mis en place des actions pour réduire leurs délais de paiement, et cela est notamment visible dans le secteur public, qui a fortement progressé sur ce sujet. « Une amélioration qui s’explique notamment grâce à l’utilisation du logiciel de gestion des factures CHORUS » estime l’ObSAR. Enfin, les résultats précisent également que la pratique de l’allotissement est devenue la règle dans le secteur public (+14 points par rapport à l’année 2015) et que 2/3 des acheteurs sollicitent des fournisseurs de moins de 250 salariés (67% au total).

En guise de synthèse, l’ObSAR a souhaité rappeler que, si la logique de la politique de l’achat responsable répondait il y a quelques années à « la recherche d’image et de respect des contraintes environnementales et sociales », ce n’est plus désormais le cas, celles-ci ont déjà intégré pour l’essentiel. « Le vrai enjeu, ce n’est plus la mise en place d’une politique d’achats responsable, mais son amélioration » a conclut Pierre Pelouzet, président de l’ObSAR.

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