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Temps de travail : en finir avec l’image d’épinal du fonctionnaire qui ne travaille pas assez

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image © P. Berlioz

Les organisations syndicales auditionnées par la mission confiée à Philippe Laurent sur le temps de travail dans la fonction publique raisonnent en organisation plutôt qu’en durée du travail. Du rapport qui sera rendu courant mars 2016, elles espèrent qu’il en finira avec l’image d'Epinal du fonctionnaire qui ne travaille pas assez.

 

Seule la CGT n’a pas encore été auditionnée par la mission sur le temps de travail confiée à Philippe Laurent. Ses représentants ont demandé à être reçus en dernier. Alors que les autres organisations syndicales de la fonction publique ont fait état fin 2015 de leurs remarques et revendications au président du conseil supérieur de la FPT, secondé par six inspecteurs généraux, les représentants de la centrale de Montreuil peaufinent leurs arguments et propositions dans une position défensive, calée sur celle de la confédération.

« Ce n’est pas en remettant en cause les 35 heures que l’on va résorber le chômage. Nous sommes pour leur maintien et même pour une réduction plus importante, autour de 32 heures pour créer de l’emploi », lance Viviane Flatreaux, responsable du collectif « politiques et finances publiques » de la Fédération des services publics CGT.

Lors de la prochaine audition, elle compte développer l’idée d’une réduction pas forcément uniforme dans tous les secteurs mais donnant la possibilité de s’arrêter plus longtemps pour des congés formation ou de vie personnelle. Et avance l’idée d’une réduction plus forte pour les métiers pénibles. « Dire qu’il y a gabegie est une exagération. C’est faire peu de cas de l’investissement des personnels. La plupart des cadres font plus de 35 heures, ils emportent du travail chez eux. Voilà la réalité quotidienne du travail », assure Viviane Flatreaux.

Négociations locales

Sur ce dossier épineux, la position de la CGT fait écho à celle de la CFDT : « Ce n’est pas tant le temps de travail qui compte que l’organisation du travail et la motivation. On espère que le rapport mettra en avant le fait que les fonctionnaires travaillent, et non l’inverse », souligne Claire le Calonnec, secrétaire générale d’Interco-CFDT qui, à une remise en cause globale du temps de travail, préfère les négociations locales, gages de plus d’efficacité.

« Revoir une organisation de travail, oui, si nécessaire, mais pas pour augmenter le temps de travail. La logique des chambres régionales des comptes nous afflige. On ne peut pas raisonner dans un lycée comme au siège d’un conseil régional », estime la représentante CFDT.

« Si l’on veut mettre tous les fonctionnaires sur un pied d’égalité, il faut instaurer les mêmes normes avec le secteur privé », poursuit la secrétaire générale favorable elle aussi à des temps différenciés, dans une vie professionnelle, pour des congés sabbatiques ou une formation.

Le fruit d’une histoire

En accord avec Interco-CFDT, la fédération des services publics et de santé FO fait également primer les accords locaux sur la réduction du temps de travail, quitte à ce qu’ils ne soient pas tous identiques. « L’essentiel, ce n’est pas la présence, mais la motivation qui s’obtient par la négociation et par la conclusion d’accords entre employeurs et employés beaucoup plus que des lois vexatoires. Les accords inférieurs à la durée légale de 1 607 heures sont le fruit de l’histoire et se justifient par le dialogue social interne aux collectivités », défend Johann Laurency, secrétaire national FO, qui poursuit : « Si l’on se penche sur la situation des cadres, on risque d’avoir des surprises. Tous nos collègues cadres, mais c’est aussi le cas de non cadres, ne comptent pas leurs heures, par exemple dans les services administratifs en période de budget et dans les petites collectivités où un adjoint administratif peut être responsable de plusieurs agents. Quand il faut bosser, on bosse ! » assure ce représentant.

Véhiculée par un amendement au projet de loi « déontologie », l’idée de supprimer la possibilité de déroger à la loi sur le temps de travail, heurterait selon lui le principe de libre administration des collectivités. Quant aux questions d’égalité, elles se poseraient davantage entre filières à propos des astreintes mais aussi vis-à-vis du secteur privé. « Nous demandons que les heures normales de nuit et de dimanche soient réévaluées. En l’absence de délibération, dans une collectivité, les heures de nuit ou le dimanche sont rémunérées comme des heures classiques. Quand elle existe, la bonification, minime, ne représente que quelques centimes de plus par heure, à la différence du secteur privé », indique Johann Laurency.

Image d’Epinal

Préoccupée par la question des astreintes et des cycles de travail, notamment à l’hôpital et chez les sapeurs-pompiers, au regard de la législation européenne, la Fédération autonome fonction publique (FA-FP) a rédigé pour la mission un rapport d’une vingtaine de pages. « Le code du travail français est plus protecteur pour les salariés du privé que les textes qui s’appliquent à la fonction publique, notamment sur la reconnaissance du travail de nuit. Dans la fonction publique hospitalière, pour faire 1 476 heures, il faut effectuer 90 % du travail la nuit. Alors que dans le secteur privé, il faut simplement 270 heures. Il faut en finir avec l’image d’Epinal selon laquelle le fonctionnaire ne travaille pas 35 heures. A l’hôpital, les comptes épargne temps s’allongent et les 35 heures restent un idéal loin d’être atteint », souligne Pascal Carretey, infirmier urgentiste et secrétaire de la FA-FPH, préoccupé par l’augmentation du risque de cancer chez les travailleurs de nuit et par les cycles de 12 heures d’affilée, souvent plébiscités, mais sources de risques et pour les agents et pour les patients.

Statistiques incomparables

Sur cette question sensible du temps de travail, les comparaisons restent difficiles. « Il s’agit de bien savoir de quoi l’on parle et ce que l’on compare. Nous avons mis l’accent, lors de notre audition, sur la définition des mots, l’évaluation du temps de travail et les statistiques qui ne reposent pas sur les mêmes bases », indique encore Sylvie Ménage, auditionnée pour l’Unsa-Territoriaux. Prenant un exemple de confusion statistique, elle cite un tableau qui mentionne 36 jours de congé dans le secteur privé quand le secteur public en aurait 44, avec un astérisque que personne ne lit et qui indique que les 44 jours incluent les RTT dans le secteur public. Et cela alors que dans le secteur privé, les salariés peuvent percevoir des heures supplémentaires rémunérées, ce qui n’est pas le cas dans la fonction publique, où elles sont simplement récupérables ou converties en compte épargne temps. Autre exemple de comparaison impossible, les astreintes donnent lieu à un forfait rémunéré selon les catégories de personnel dans le public, alors que dans le privé elles sont rémunérées en heures supplémentaires…

Libertés coutumières

Pour faire la lumière dans cette complexité, le cap confié par le Premier ministre à Philippe Laurent était aussi d’être exhaustif. Cet objectif ne sera atteint que dans un département, le Loiret, étudié sous toutes les coutures. Les surprises pourraient venir de la fonction publique de l’Etat et plus particulièrement de l’Etat déconcentré. « Dans les collectivités territoriales, l’horaire de travail est souvent inférieur aux 1 607 heures légales mais il prend en compte des sujétions particulières et il est la plupart du temps clairement établi par délibération. Dans les services de l’Etat, des libertés coutumières ont pu être prises », note Philippe Laurent, qui observe que les rythmes de travail dépassent souvent 35 heures par semaine ou que différents rythmes continuent à cohabiter malgré des fusions de collectivités.

« Dans certains services, il n’y a jamais toute l’équipe en même temps. En terme de gestion, ce n’est pas terrible », remarque le président du CSFPT, qui associe la question du temps de travail à celle de la qualité du management, et du sens du travail fait. « Il vaut mieux travailler bien 30 heures que mal durant 35 heures », en conclut le président du CSFPT, qui remettra son rapport au Premier ministre courant mars. Une réunion de calage est prévue le 20 février à Matignon.

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  1. 1. franny 11/02/2016, 19h49

    Je suis fonctionnaire depuis 10 ans et fière de l'être. J'aime mon métier comme vous. Je suis à 90 % pour 1200 € / mois. Et je suis désolée mais les salaires mirobolants ce ne sont pas les catégories C qui les ont. Vous englobez tout. Fonction publique d'Etat, Hospitalière et Territoriale. Par contre, j'aimerai bien que l'Etat se penche sur les salaires à vie de ses Présidents (dans le privé : quand un salarié se retrouve au chomage, il n'a pas ses indemnités chomage à vie). Alors là, il y aurait des économies à faire. Le service public est utile à tous. Préservons le et participons à la réduction des abus.

  2. 2. Henri Tanson 10/02/2016, 11h25

    Quelle que soit la valeur des articles, j'ai tendance à considérer que le plus important, ces sont les commentaires...
    Ou pas...
    J'aime bien quand il y a du recul, de la réflexion de fond...
    Et je suis souvent déçu quand ça reste dans le superficiel, le trop entendu, l'éculé.
    Je dis ça...

  3. 3. fanny22 09/02/2016, 14h24

    On devrait payer les fonctionnaires au mérite, quand il y en a qui passent leur journée sur Facebook (sur leur téléphone perso, encore heureux puisque pas accessible sur le pc pro, encore heureux aussi), d'autres - et c'est souvent seulement à ceux-là qu'on en demande toujours plus - bossent comme des malades. Il y aurait certes des disparités de salaire, notamment les primes, mais une fonction publique plus juste, en attendant qu'on dégage vraiment les paresseux.

  4. 4. ssrw38 09/02/2016, 09h29

    Pour avoir fait une grande partie de ma vie professionnelle dans le privé (grosses boites comme plus petites) on rencontre partout des tire au flanc ou des fainéants si vous préférez. Ce n'est pas l'apanage de le fonction publique. Et surtout l'on ne voit les gens que sous leur mauvais angle : passez à l'hôpital un jour 'calme' et vous aurez l'impression qu'ils ne foutent rien. Puis le dimanche après midi aux urgences vous serez intenable, énervé car vous devrez attendre des heures pour l'entorse du gamin faite su le terrain de foot et vous oublierez de remarquer que ces mêmes personnels courent partout font de leur mieux pour s'occuper de tout le monde en devant bien sur gérer des priorités des situations plus ou moins urgentes.
    Ensuite passez chez votre artisan boulanger à 12h en sortant du travail et là encore même constat : que c'est long pour acheter sa baguette ! Mais revenez mardi matin vers 10h vous penserez encore il n'a rien à faire, pas un client... attention dans un coin un carnet de commandes car il prépare sa journée de demain ou un balai car tout en servant les clients il nettoie son fournil...
    Exemples à transposer dans toutes les branches professionnelles.... alors pourquoi toujours opposer les fonctionnaires et le privé ?

  5. 5. crayonvert 09/02/2016, 09h17

    On doit etre sobre, c'est a dire, ne pas augmenter les fonctionnaires, mais en même temps ne pas rajouter des heures en plus, si on faisait cela pour tout le reste des activités, il y aurait moins de chomage. Mais la, c'est une corporations contre une autre, le privé qui veut manger du public, alors que le public est un socle qui doit etre solide pour le reste.

  6. 6. Dan7770 08/02/2016, 19h55

    Les gens qui critiquent sont jaloux car nous (les fonctionnaires), on a la sécurité de l'emploi. Mais que ces gens-là viennent bosser dans la Fonction Publique... Quand il y a des catastrophes naturelles [inondations, séismes, attentats (cf: janvier 2015 & 13 novembre 2015)...], les citoyens sont bien contents de trouver la Fonction Publique (Hôpitaux, Services sociaux, mairies etc...) !

    Daniel, un fonctionnaire territorial et fier de l'être, fier de rendre service pour le Service Public.

  7. 7. JO 08/02/2016, 16h07

    Comme le dit si bien Paul Cherel, c'est bien connu, les fonctionnaires ne servent à rien. Le personnel des hôpitaux joue à la belote, les services techniques jouent au football dans les garages.... on se demande comment sont entretenues les routes qui servent à aller travailler, à acheminer les marchandises et à aller consommer ? Qui m'a alors donc soigné lors de ma dernière visite à l'hôpital ? Mais qui donc tiens l'état civil qui permet d'éviter l'usurpation d'identités ? Mais, comment sont traités mes eaux usées.... Vraiment l'argent du contribuable ne sert qu'à faire des gaspillages. Sans rire, aucune entreprise ne pourrait fonctionner sans tous ces fonctionnaires qui assurent l'ensemble de ces services de base. L'idéologie c'est bien, la réalité c'est sympa aussi de s'y confronter dès fois.

  8. 8. Nanamisa 08/02/2016, 11h55

    Passer de 35h à 32h ? Vous voulez pas arrêter de travailler aussi pour créer de l'emploi ? Le passage en 35h n'a fait que creuser le chômage et augmenter la précarité des ménages !!! Faut arrêter de vouloir réduire les heures de travail ! C'est notre salaire qui se réduit !!!

  9. 9. Adeubal 08/02/2016, 10h21

    Cette image d'Epinal très rependue, il suffit de voir les commentaires, ne disparaitra pas par un simple rapport.

    Alimentée depuis des années par les humoristes, les poliques et les journalistes, elle continuera tant que ces derniers ne changeront pas leur disque rayé. Et ca prendra du temps. C'est tellement facile, démago et "drôle" (ah ah ah....) de taper sur les fonctionnaires. Un vrai passe temps quasi universel.

    Quant à savoir si on (oui je suis fonctionnaire) travaille trop ou pas assez, ou mal ou bien, je ne peux voir que ce qui se passe dans ma structure. Objectivement ? Je travaille trop vite (comme certains collègues) donc on se retrouve en faible effectif qui suffit et on peut faire des choses en plus pour améliorer l'image ou le quotidien. On pourrait nous faire faire moins d'heures pour payer moins. Oui. Mais désolé, puisque l'égoïsme est devenu la règle (MES impôts, MES charges, MON MON MON) désolé, mais je ne vais pas demander à diminuer mon temps de travail. Moi aussi j'ai des charges. Je suis un consommateur et un contribuable. Un être humain standard dans une société.

    Et si on arrêtait de différencier sans arrêt salarié/fonctionnaires ?

  10. 10. eliott 06/02/2016, 20h15

    incroyable de lire certaine phrases ! par exemple : mieux vaut travailler bien 30 heures que mal 35 ! mais monsieur le fonctionnaire vous n'etes pas payé pour mal travaillé !
    quand on veut ramener le temps de travail à 32h voir 30h , qui paie les couts en + pour compenser les efectifs d'heures ? ce n'est pas gratuit, c'est le contribuable qui doit payer.

    enfin , et c'est surement le plus important, ce qui compte le + ce n'est pas la quantité de travail mais bien de savoir évaluer si ledit travail présente une réelle utilité.

  11. 11. Chérel Paul - pas de pseudo 06/02/2016, 15h12

    La vraie question à se poser n'est pas de savoir si le fonctionnaire travaille bien ou mal ou pas assez, mais si son travail sert à quelque chose. La prolifération de comités, de machins, d'observatoires, d'autorités fait douter de l'utilité du travail de ceux qui y sont employés et rémunérés. l'Etat veut s'occuper de tout sans en avoir les compétences ni le savoir-faire. Il faut que l'Etat se limite à ses SEULE fonctions régaliennes. Paul Chérel

  12. 12. Henri Tanson 06/02/2016, 12h53

    Deux questions, et deux bonnes...

    - Peut-on faire une étude sur le temps dans de travail dans la FPT en France sans comparer avec ce qui se passe dans le privé ?

    - Peut-on réfléchir à une durée du temps de travail en France sans tenir compte de la concurrence qui nous est imposée avec les autres pays de l'Union ?

    Non, et non.
    Désolé.

    La concurrence à laquelle sont confrontés tous les secteurs de notre économie, est sans limites et totalement déloyale, mais elle existe, et nous devons en tenir compte.
    Si nous n'augmentons pas le temps travaillé au même niveau que celui des pays à bas-coût de main d'œuvre, nous perdons.
    Si nous ne baissons pas notre salaire au même niveau que celui des pays à bas-coût de main d'œuvre, nous perdons...
    Si nous ne baissons pas les charges sur le travail au même niveau que celui des....
    Etc.
    Dans tous les cas, nous perdons.
    Je dis ça...

  13. 13. Diabolo78 06/02/2016, 12h26

    En effet, les 35 heures, c'est sur le papier. En réalité, nous effectuons beaucoup plus d'heures. Pour ma part, cadre intermédiaire dans une commune , je fais en moyenne 45 à 50 heures par semaine, avec du travail chez moi en plus, ou pendant mes congés, et je ne suis pas le seul dans ma structure. Alors j'ai du mal à entendre dire que les fonctionnaires ne travaille pas assez et son trop payés, surtout par des personnes (la cour des comptes) qui gagnent fort bien leurs vies en dénigrant perpétuellement les fonctionnaires.

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