Transport

Cars « Macron » : les 100 kilomètres de la discorde

Par
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Sergiy Serdyuk - Fotolia

Le succès de la libéralisation des autocars longue distance en France se confirme de jour en jour. Mais les régions craignent toujours une concurrence massive sur les trains express régionaux (TER). Pour limiter les dégâts, certaines d’entre elles comptent bien employer les moyens à leur disposition, notamment pour les lignes de moins de 100 kilomètres.

Emmanuel Macron ne s’était pas trompé. Six mois après sa libéralisation, le succès du transport par autocar en France, prophétisé par le ministre de l’Economie, est au rendez-vous. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au 15 décembre, « plus de 1 000 emplois ont été créés et au moins 500 000 passagers ont été transportés dans toute la France – à titre de comparaison, c’est trois fois plus que sur l’ensemble de l’année 2014 », se félicitait Bercy à la même date.
De même, avec plus 2 000 mouvements comptabilisés chaque jour sur les routes de l’Hexagone, les cars verts de l’Allemand Flixbus, rouges d’Isilines (­Transdev), ou encore bleu blanc rose de Ouibus (SNCF) font désormais partie du paysage ...

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Commentaires

3  |  réagir

09/02/2016 04h20 - Cyril P.

Votre article aurait gagné à être complété de la vision d’un expert (en l’occurrence je travaille en Région et je sais de quoi je parle) : les cars Macrons sont actuellement, sauf rares exceptions, des circulations vides.
Les opérateurs ont lancé des lignes pour « tester » le marché: d’ici quelques mois ceux-ci vont donc constater que plus d’offre ne fait pas nécessairement plus de voyageurs. Il va donc y avoir une consolidation autour simplement des lignes qui marchent… et donc limiter considérablement la portée de cette loi.

Par ailleurs, même si dans certain cas le « privé » apporte du service, dans la majorité des cas il se positionner sur le OD rentables en concurrence directe avec les offres publiques qui elles répondent à un « service public » et donc à du cabotage dont on se passerait bien mais permet de desservir des gens.
Quand on pousse la logique, des cars SNCF vont venir concurrencer des trains TER financés par les Régions et exploités par SNCF. On accroit donc par cette loi les déficits publics d’exploitation des TER, des régions, et donc des contribuables.

Tout ça, pour, in fine (et à terme), 250 emplois de chauffeurs au smic améliorés.

Ca fait cher l’emploi. Et pour les experts: 500 KVoyages en 6 mois, vu le nombre de lignes déployées… c’est extrêmement faible.

Merci à la Gazette de bien vouloir s’informer avant de s’enthousiasmer sans réel fondements.

Cordialement,

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    09/02/2016 09h08 - Shahinez Benabed

    Bonjour
    L’objet de cet article est de donner la parole aux autorités organisatrices (notamment les Régions) et aux opérateurs quant à leurs craintes et incertitudes liées au développement des liaisons de moins de 100 kilomètres (et uniquement ces lignes de moins de 100 kilomètres). Il ne s’agit pas d’un article traitant des problématiques concernant l’ensemble des lignes.
    Vous pointez à juste titre le fait que les opérateurs pourraient, à terme, se positionner sur les lignes rentables (leur objectif n’étant pas de faire circuler des cars à vide, comme c’est encore souvent le cas effectivement). Cette problématique générale, n’étant absolument pas spécifique aux liaisons de moins de 100 kilomètres, a déjà été traitée dans un article paru dans La Gazette des Communes. La question des cars SNCF dont vous parlez également ne concerne pas non plus, pour le moment du moins, les lignes de moins de 100 kilomètres, car la compagnie nationale s’est jusque-là abstenue de déclarer ce type de liaisons à l’Arafer.
    Vous jugez aussi extrêmement faible le nombre de 500 000 voyages en six mois aux vues du nombre de lignes déployées. C’est votre point de vue. Pour notre part, nous jugeons qu’il est difficile de remettre en cause le fait que ce score a été atteint en l’espace de seulement quatre mois – et non six, comme cela est précisé dans l’article – et qu’il est trois fois plus important que l’année 2014 dans son ensemble, où le transport longue distance par autocar n’était possible que par cabotage. La libéralisation de l’autocar a donc eu un impact certain sur le développement de la fréquentation de ces lignes qui, précisons-le, sont encore très très jeunes.
    Cordialement, la rédaction.

    Signaler un abus
09/02/2016 10h20 - Rémy PETIOT

Si je lis bien les chiffres annoncés, 1000 emplois (à plein temps ???) pour 500 000 voyageurs en 6 mois, cela signifie 1 emploi pour 500 voyageurs en 6 mois …
Ce qui est peut-être réel, un exemple: 1 personne a fait bordeaux Lyon, 5 personnes dans le bus. Au retour, Lyon Bordeaux 2 personnes dans le bus (+ le chauffeur).. Je cite cet exemple certain mais j’ai entendu des propos similaires sur d’autres lignes.

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