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Spectacle vivant

Etat d’urgence : les professionnels des spectacles de rue tirent le signal d’alarme

Publié le • Par • dans : France

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Compagnie d'ailleurs CC BY SA 3.0 Compagnie d'ailleurs CC BY SA 3.0 © Compagnie d'ailleurs CC BY SA 3.0

L’état d’urgence complique – voire entrave – l’organisation de spectacles dans l’espace public. Pour les organisations professionnelles, il est grand temps de mettre en débat la sécurité et ses enjeux pour les arts de rue et du cirque, alors que l’état d’urgence est prolongé et que la haute-saison des arts de la rue et des festivals s’ouvrira dans quelques mois.

 

Chiffres-clés

  • 915 compagnies d'arts de la rue sur le territoire national
  • 2100 spectacles en moyenne par an

(source : Guide Goliath des arts de la rue, Horslesmurs)

 

Ici, des précautions draconiennes qui gênent le déroulement des spectacles ; là, une annulation ; ailleurs, un report sine die. Les organisations professionnelles des arts de la rue entendent avec inquiétude les récits qui remontent du terrain.

Mesures inadaptées

L’état d’urgence et ses mesures de sécurité  sont passés par là. « Les préfets n’interdisent pas formellement les spectacles, mais ils insistent sur les dispositions que les organisateurs doivent prendre et qui s’avèrent bien trop lourdes », relate Laëtita Lafforgue, présidente de la Fédération nationale des arts de la rue. Devant ces complications, les maires renoncent. Attitude qui va à l’encontre de la ligne de conduite que se sont fixée les acteurs culturels au lendemain des attentats parisiens. Avec la prolongation de l’état d’urgence, et la perspective de la haute-saison des spectacles de rue, Laëtita Lafforgue s’attend à voir les témoignages de terrain se multiplier.

« Il ne faudrait pas attendre la fin de la saison pour constater les dégâts. Il est urgent de tirer le signal d’alarme pour engager la réflexion à temps », fait valoir pour sa part Julien Rosemberg, directeur de Horslesmurs, centre de ressources national sur les arts de la rue. « Les recommandations du ministère de la Culture en matière de sécurité  et les demandes des maires sont telles, que le travail des organisateurs devient très compliqué. Et d’autant plus que ces recommandations sont pensées pour les salles», poursuit Julien Rosemberg.

Que penser, par exemple, de celle consistant à éviter la constitution de queues et de rassemblements à l’entrée des lieux de diffusion ? C’est l’essence même du spectacle de rue qui est touchée, qui, par définition, rassemble des personnes dans l’espace public. Que dire des portiques et des fouilles, a fortiori quand le spectacle intègre une déambulation avec les spectateurs ?  Sans parler de leurs coûts prohibitifs pour beaucoup d’organisateurs.

Toutes communes confondues

Pas question, pour autant, de pointer du doigt les élus locaux. « Les maires, inquiets, appliquent à fond le principe de précaution. C’est compréhensible», convient le directeur d’Horslesmurs. Difficile, par ailleurs, de faire, pour le moment, un distinguo entre grandes et petites communes, même si les plus petites sont a priori les moins dotées pour faire face aux coûts de la sécurité. La question concerne les communes de toutes tailles, dans la mesure où elles sont de plus en plus nombreuses à faire le pari du spectacle vivant dans l’espace public pour diversifier leurs politiques culturelles.

Responsabilité partagée

En tout état de cause, les professionnels préconisent une réflexion commune sur « la chaîne de responsabilité. » « Actuellement, le préfet se décharge sur le maire, qui se décharge sur l’organisateur, quand celui-ci est extérieur à la commune », pointe Laëtitia Lafforgue. « Pour l’organisateur, souligne Julien Rosemberg, c’est une responsabilité bien trop lourde. » Les professionnels invitent donc les élus et Etat à « une réelle discussion » sur le partage des responsabilités entre maires, organisateurs, et citoyens et sur les enjeux de l’état d’urgence pour leur secteur.

Choix politique

Outre le rappel que l’espace public est « intrinsèquement le lieu de [leur] art », ils attirent l’attention sur le fait que leur secteur concrétise une forme de « fraternité » et de « vivre ensemble », que les restrictions sécuritaires « mettent à mal ». « La rue est le seul espace commun de vraie mixité et où chacun fait confiance à l’autre. Elle doit être défendue en tant que telle. En ce sens, il ne s’agit pas tant de se mettre d’accord sur des bonnes pratiques en matière de sécurité, que de mettre en débat une question d’ordre politique, fait valoir Laëtitia Lafforgue. Choisir de maintenir un espace marchand, comme un marché de Noël plutôt qu’un spectacle de rue relève d’un choix politique. »

Montée en puissance

Dans les prochaines semaines, ce débat va monter en puissance. Le rapport sur les festivals, commandé par la ministre de la Culture à l’ancien maire de Toulouse Pierre Cohen est attendu pour le mois de mars. Au début de sa mission en juillet 2015, l’ancien édile évoquait déjà le poids de la sécurité dans les difficultés des festivals. Autre rendez-vous imminent : les conclusions de la Mission nationale sur l’art et la culture dans l’espace public (MNACEP), créée en avril 2014, dont un premier rapport doit être remis à la ministre de la Culture le 9 février.

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Thèmes abordés Politiques culturellesSécurité publiqueSpectacle vivant

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