En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

4

Commentaires

Réagir

Associations d'élus

L’Association des régions de France change de braquet

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

4

Commentaires

Réagir

Alain Rousset et Philipper Richert © Hugues-Marie Duclos/ARF

Un nouveau président, Philippe Richert (LR), en attendant une nouvelle appellation, sans doute « conseil des régions de France », l’ARF entend se poser en égale de l’Etat sur l’apprentissage et la formation professionnelle.

 

Il était le chef d’un village gaulois, l’Alsace, unique bastion UMP d’une France qui voyait la vie en rose. Après la victoire, d’une courte tête, de la droite aux régionales des 6 et 13 décembre 2015, Philippe Richert (LR) a logiquement pris, le 26 janvier 2016, la présidence de l’Association des régions de France (ARF). Le plus ancien des patrons de région LR dans le grade plus élevé devra composer avec une gauche restée, contre toute attente, puissante.

Soucieux de ce rapport de force, il s’est entouré, d’un président délégué PS. Un poste nouveau au sein de l’association. C’est le patron de la région Centre, François Bonneau (PS) qui occupera cette fonction. Valérie Pécresse (Ile-de-France., LR) s’empare de la première vice-présidence.

 

« En surplomb des autres collectivités »

Parmi les six autres vice-présidents, on repère le nom de l’ancien leader de l’ARF, Alain Rousset (Aquitaine / Limousin / Poitou-Charentes., PS). On recense aussi des personnalités politiques de premier plan, tels Christian Estrosi (Provence-Alpes-Côte-d’Azur., LR) et Laurent Wauquiez (Auvergne / Rhône-Alpes., LR).

« Comme l’Europe, l’Etat a préféré l’élargissement à l’approfondissement. Résultat : les régions auront, demain, un poids politique plus grand », soupèse Alain Rousset, pour qui les régions ont vocation à se se placer « en surplomb des autres collectivités ».

« On ne peut pas imaginer qu’elles se situeront au niveau de dialogue qui est le leur aujourd’hui avec l’Etat, abonde Philippe Richert. Non pas que nous voulions brandir un pouvoir… Ce que nous voulons, c’est réformer la France. »

Symbole de cette ambition, l’ARF changera de dénomination « dans les six mois », annonce Philippe Richert. Pour l’heure, c’est « conseil des régions de France » qui tient la corde, précise-t-il. Il s’agit, par là, de dépasser le statut de simple « association rassemblant les présidents de région » pour mieux s’affirmer comme une institution. Une manière, bien sûr, de se poser en partenaire incontournable de l’Etat.

Réunions au sommet le 2 février

Le Gouvernement voit plutôt d’un bon œil cette mue. Après avoir reçu les présidents de région pour des entretiens particuliers, Manuel Valls les accueillera tous le 2 février pour une réunion de travail. Une rencontre est aussi programmée le même jour avec François Hollande.

En bonne place : le plan de formation de 500 000 chômeurs supplémentaires. « L’Etat met un milliard d’euros sur la table, c’est considérable », se félicite le nouveau président délégué de l’ARF, François Bonneau (PS) avant de mettre un bémol : « Ce ne peut être qu’en parallèle de ce que nous faisons en matière d’achat de formation et de pilotage. »

Il est certain, en tout cas, que le rapport de force ne sera plus aussi bon enfant que dans la précédente association. Le président de la région Auvergne / Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (LR) a d’ores et déjà indiqué ce 26 janvier à Manuel Valls que sa collectivité ne participerait pas, en l’état, au plan gouvernemental.

Modèle rhénan

Philippe Richert se montre plus ouvert. Il souhaite que ce plan soit aussi l’occasion d’ouvrir « un dialogue en direction de Pôle Emploi ». Adepte du modèle rhénan, le nouveau président de l’ARF en profite pour vanter les vertus de l’apprentissage : « Si nous passons une alliance avec l’Etat là-dessus, c’est 15 à 20 % de plus de chance pour nos jeunes de trouver un emploi ».

« A partir du moment où les régions ont beaucoup moins de moyens que les länder allemands, la France a moins d’investissement, moins de croissance et moins d’emploi », assure Alain Rousset.

Malgré l’octroi annoncé de 50 % de cotisation de valeur ajoutée des entreprises en faveur de ses adhérentes, l’ARF continue de réclamer des « marges de manœuvre budgétaires ».
« Plus de moyens » pour « plus de compétences et d’expérimentation », scande en substance Philippe Richert.

Son prédécesseur Alain Rousset évoque un bout de « TICPE » (NDLR : taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) ou de « droits de recouvrement ». Le traditionnel bras de fer avec l’Etat commence de manière plutôt « soft ». Il devrait se tendre à mesure que se rapprocheront les arbitrages budgétaires.

La Constitution, verrou à la régionalisation

Après douze ans passés à la tête de l’ARF, Alain Rousset n’entend pas perdre ses bonnes habitudes. En tant que député et patron de l’ensemble Aquitaine / Limousin / Poitou-Charentes, il va, plus que jamais, défendre un pouvoir règlementaire élargi en faveur des régions et l’abandon du principe de non-tutelle d’une collectivité sur une autre.

A cette fin, il prépare une proposition de loi constitutionnelle pour le mois de juin. Deux experts proches de l’ARF, la juriste Géraldine Chavrier et le politologue magistrat à la Cour des Comptes Bruno Rémond oeuvrent à ses côtés.
Objectif : relancer le débat sur l’autonomie régionale plombé, selon lui, par le référendum manqué du général de Gaulle sur la question en 1969 et l’opposition de l’Etat qui perdrait, au passage « la moitié de ses pouvoirs ».

Haut de page

4

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés EmploiEtat et collectivités localesFinances localesFinances publiques

4 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. pov citoyen 29/01/2016, 07h24

    12 régions, 2 présidents et au moins 6 vice présidents.... Vous voyez ce que je veux dire? J'espère que ces fonctions sont honorifiques et non rémunérées (y compris en indemnités diverses et variées), ca suffit comme cela les cumulards.
    Au bout du compte, quoique qu'il en soit, qui paye? Ben moi, pov citoyen.

  2. 2. murakami 27/01/2016, 10h25

    Le petit poucet se mue en Gargantua et commence à montrer les dents.En fait les régions ou les collectivités sont trop politisées et il faudrait que la société civile investisse les échelons Régionaux ou Départementaux pour éviter des prises de position partisannes sans tenir compte de l'intérêt général.Dans cet article, vous parlez de collaboration, d'échanges mais aussi de rapport de force.Comment voulez-vous que cela fonctionne quand vous lisez qu'un des vices président, M Laurent WAUQUIEZ, et déjà indiqué ce 26 janvier à Manuel Valls que sa collectivité ne participerait pas, en l’état, au plan gouvernemental.En matière de cafouillage, la Région Nord Pas de Calais Picardie n'est pas en reste puisque les mesures proposées par cette région étaient les mêmes que celle proposées par le Président le 18 janvier sur la partie PME , allégement de charges.

  3. 3. Henri Tanson 27/01/2016, 08h53

    "...l’ARF entend se poser en égale de l’Etat..."
    Les vases communicants: plus on donne de pouvoirs aux régions, moins l'Etat en conserve...
    La France se disloque, l'Etat s'affaiblit.
    C'est un choix, politique avant d'être économique.
    Et il ne me plaît pas.
    La prochaine étape, c'est la fusion des régions dans un espace européen où les États seront des entités totalement vides, conservés pour le folklore...
    Ou pas.
    Les choix politiques se discutent et se remettent en question.
    Vivement les prochaines élections !

  4. 4. ssrw38 27/01/2016, 08h44

    Excusez moi mais combien de régions y a t il aujourd'hui en France ? 13 il me semble ?
    Alors quand je lis 'pr a logiquement pris, le 26 janvier 2016, la présidence de l’Association des régions de France (ARF)' puis 'il s’est entouré, d’un président délégué ' et 'vp s’empare de la première vice-présidence' et encore 'Parmi les six autres vice-présidents' je trouve que cela fait un peu beaucoup !

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.