En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

 

Réagir

Culture

Les scènes publiques passées au crible : 9 points-clefs à retenir

Publié le • Par • dans : France

0

Commentaire

Réagir

380 X 250  Ricardo CC BY 2 - UNE © Ricardo CC BY 2.0

Pour la première fois, les scènes publiques financées par les collectivités territoriales font l’objet d’une étude ultra détaillée. Publiée concomitamment avec les BIS de Nantes, les 20 et 21 janvier 2016, cette étude arrive dans un contexte particulier, marqué par la pression budgétaire toujours plus forte et la perspective d’une recomposition des politiques publiques en faveur du spectacle vivant.

 

Chiffres-clés

  • 202 équipements adhérents du SNSP
  • 20 000 emplois permanents
  • 125 000 représentations annuelles
  • 15 à 20 millions de spectateurs par an
  • 79% de taux de fréquentation
  • 41 spectacles programmés en moyenne, par an
  • 6 créations programmées en moyenne, par an
  • 18%  de spectacles "jeune public" 
  • 30% de musique et 30% de théâtre dans la programmation
  • 37% des artistes programmés sont issus de la région d'implantation de l'équipement
  • 9,8% de baisse des budgets depuis 2007 (13% pour le seul budget artistique)

(Source : SNSP)

Réalisée pendant l’année 2015 par le Syndicat national des scènes publiques (SNSP) et le cabinet Bénédicte Dumeige Conseil, l’enquête sur les scènes publiques permanentes majoritairement financées par les collectivités (1) porte sur l’année 2014. L’identité des scènes, leurs activités, leurs effectifs, leurs budgets ont été passés au crible.

A l’instar des autres acteurs culturels, les responsables de scènes publiques sont confrontés à la pression budgétaire et aux incertitudes liées à la réforme territoriale.
De plus, le secteur du spectacle vivant entre dans une ère de recomposition, réclamée par les signataires de l’Appel de Nantes et annoncée par le ministère de la culture, qui compte organiser, en 2016, des assises de la culture sur l’ensemble du territoire.

Un contexte qui, certes, distille une dose d’inquiétude dans le réseau des scènes publiques, mais nourrit aussi « une certaine idée de stimulation intellectuelle et professionnelle à imaginer les scénarii de projets qui devront être mis en place à l’avenir », selon les auteurs du compte–rendu de l’étude.

1 – Des budgets en baisse de 10% depuis 2007

Avec une enveloppe moyenne de 1 266 471 euros, le budget des scènes étudiées marque un fléchissement de 9,84 % par rapport à une précédente étude de moindre envergure réalisée en 2007 (2). Les écarts financiers d’un équipement à l’autre sont considérables : de 254 000 euros à 5 463 509.

Les tensions les plus fortes pèsent sur le budget artistique, qui a chuté de 13,15% par rapport à 2007. Une évolution inquiétante pour les professionnels :

Alors que le budget artistique représentait 39% du budget total en 2007, il ne représente plus que 33,62 % du budget total en 2014 témoignant de la réduction des marges artistiques.

2 – La programmation fragilisée par les arbitrages financiers

Sans surprise, le contexte budgétaire arrive en tête des sujets de préoccupation des responsables de scènes publiques, avec la baisse des subventions et la progression des coûts artistiques, qui produisent un effet ciseau au détriment de la marge de programmation.

Les revirements des politiques culturelles, souvent consécutifs à l’élection de nouveaux élus, et l’ingérence de ces derniers dans la programmation figurent aussi en tête des préoccupations de directeurs de lieux.

Lorsqu’ils doivent arbitrer entre des dépenses, les responsables de scènes publiques commencent par réduire le nombre de levers de rideau. Puis, ils optent pour des formats de spectacles plus modestes.
En troisième lieu, ce sont les productions et coproductions qui sont touchées.

On notera le peu de motivation pour la recherche de financements privés, et, a contrario, la volonté de maintenir les emplois permanents au sein des équipements.

SNSP arbitrages financiers

(Source : SNSP)

3 – La commune en tête des soutiens financiers

La commune s’impose comme le contributeur financier le plus fréquent et le plus généreux, avec un apport moyen de 500 000 euros. L’intercommunalité, en revanche, peine à s’imposer.

L’aide des départements est largement répandue, mais reste modeste, puisque la contribution moyenne s’établit à 78 853 euros.

La présence financière des régions s’avère encore plus discrète, avec une intervention moyenne de 72 600 euros. Certes, en nombre d’équipements aidés, les régions devancent les Drac (donc l’Etat), mais ces dernières s’impliquent plus financièrement (78 853 euros par équipement aidé).

4 – L’avènement de la pluridisciplinarité

Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’appellation courante de « théâtre » de la ville X, les scènes adhérentes au SNSP (ex-syndicat des théâtres de ville) sont loin de limiter leur programmation à l’art dramatique.
Celui-ci représente 30% de l’offre, à part égale avec la musique (22,62% pour les musiques actuelles, 7,53% pour le répertoire classique). La danse (12%), les arts circassiens (8%), les marionnettes (7,7%) complètent la programmation.

SNSP representations par domaine artistique

(Source : SNSP)

En revanche, l’art du récit (3,22%) et le numérique (0,5%) restent les parents pauvres des affiches.

A cela s’ajoutent des propositions répertoriées dans l’étude dans une catégorie « divers » : humour, opéra, comédie musicale, magie, rencontres-débats, projections de films…) qui occupent tout de même 9% de la programmation (les spectacles humoristiques confirmant leur développement avec 20% de cette catégorie). D’où le constat des auteurs :

L’idée communément partagée consistant à ériger le théâtre comme la discipline majeure se voit donc passablement écornée.

5 – Implication dans la création

Les scènes publiques programment en moyenne 6 créations par an. Dans le cas spécifique des scènes conventionnées, la thématique création-nouvelles écritures-résidences d’artistes arrive en deuxième position (19%) dans les thématiques de conventionnement, après la musique (26%).

Par ailleurs, une large majorité d’adhérents du SNSP s’impliquent dans des productions/co-productions : sur les 104 équipements de l’échantillon, seuls 25 n’en pratiquent pas.
Cette activité concerne en moyenne 4 à 5 projets par an, avec un budget de l’ordre de 31 400 euros. Les résidences constituent également un mode de compagnonnage généralisé avec les créateurs, puisque seuls 15 des 104 équipements étudiés n’en pratiquent pas.

Ainsi, les théâtres et structures de programmation de notre échantillon participent-ils à l’écosystème de la production des oeuvres. Il convient néanmoins de tempérer en ajoutant que les résidences de longue durée sont beaucoup plus rares.

6 – Un rôle de passeur affirmé

Les activités de médiation et de sensibilisation concernent 89% des scènes publiques (répétitions ouvertes au public, rencontres avec des artistes, ateliers…). En moyenne, un équipement touche 2100 personnes par an, en 256 heures d’activités auprès du public.

Sur les 104 équipements étudiés, 65 s’engagent même dans l’accueil d’ateliers artistiques (l’art dramatique arrivant en tête des disciplines concernées). Les lieux de diffusion accueillent aussi 2 à 3 expositions par an en moyenne, soit un total de 236 manifestations pour l’échantillon étudié.
Des démarches porteuses d’enracinement, selon les auteurs :

C’est ainsi que dans une ville, sur un territoire, la scène permanente est un lieu de plus en plus ouvert sur la cité : il accueille des publics sur des amplitudes horaires plus importantes que durant les temps de spectacles. L’extension de ces plages d’ouverture nécessite une gestion rigoureuse des plannings et des questions de surveillance et de sécurité qui sont loin d’être négligeables dans l’organisation générale des maisons.

7 – Le compagnonnage avec les festivals

50% des scènes publiques accueillent des festivals (la musique arrive en tête des champs artistiques proposés). La moitié de ces festivals sont organisés par une autre structure. Selon les auteurs de l’étude, les festivals constituent un enjeu stratégique d’importance :

Ces temps forts sont l’occasion de réaliser une programmation plus dense autour d’une esthétique, un domaine artistique, un thème. Ils permettent de réaliser des parcours pour les spectateurs avec une prise de risque plus développée alternant des propositions exigeantes avec des spectacles grand public. Elles permettent de cristalliser une stratégie de communication forte le plus souvent intégrée certes à la programmation mais disposant d’une autonomie d’image reconnue.

8 – Accueil des artistes amateurs

90% des scènes publiques accueillent des amateurs, avec, en moyenne, 10 à 11 spectacles par an. Soit 13 à 14 représentations. Les équipements s’impliquent de façon variée : présentation de projets (bénéficiant ainsi d’un encadrement professionnel, mise à disposition du théâtre avec un technicien…).

Les représentations sont le plus souvent des spectacles de fin d’année d’écoles de danse ou de musique, d’ensembles de pratiques musicales ou de compagnies de théâtre. Pour les auteurs :

Le travail avec le monde associatif ou les pratiques amateurs est devenu une constante de l’activité.

Reste à savoir si cette constante va se développer une fois votée le projet de loi « liberté de création, architecture et patrimoine », qui reconnaît la place des artistes non professionnels.

9 – Les intermittents peu présents

En moyenne les scènes publiques déclarent 12 à 13 emplois (11 ETP). Soit un léger tassement par rapport à 2007, où la moyenne s’établissait entre 14 et 15 emplois.

Les fonctions administratives dominent, avec 4 emplois en moyenne.

Quant aux intermittents, ils sont peu nombreux dans les scènes publiques, qu’il s’agisse d’emplois artistiques ou techniques. En moyenne, leurs recrutements annuels sont de 11 dans la première catégorie, 55 dans la seconde.

Cette situation s’explique par le fait que l’essentiel de la programmation de ces lieux de diffusion repose sur des contrats de cession : 18 contrats signés en moyenne par an, pour 121 artistes présents sur scène.

CC0 Public Domain

CC0 Public Domain

Fort de cette étude, le SNSP appelle « maintenant les pouvoirs publics à s’emparer de ces données et surtout à les parfaire par la mise en place d’un véritable observatoire, avec des chiffrages incontestables et un diagnostic partagé – élus, professionnels, décideurs, opérateurs culturels – pour envisager toutes les mutations nécessaires, notamment à l’endroit des « nouveaux territoires » en construction. »

Un vœu partiellement exaucé par le projet de loi « liberté de création, architecture et patrimoine », qui prévoit l’instauration d’un processus de collecte de données par le ministère de la culture. Reste à savoir si les professionnels parviendront à convaincre l’Etat d’en faire un outil « partagé ».

L’atypique Ile-de-France

Associée au SNSP, Arcadi, l’agence régionale de la région Ile-de-France pour les arts de la scène, a étudié à la loupe un échantillon de 28 équipements représentatifs des 1992 théâtres de ville franciliens (enquête réalisée en 2012-2013 et publiée en décembre 2015).

A l’échelle de la région Ile-de-France, l’étude (3) recoupe plusieurs constats nationaux établis par le SNSP : importance des subventions communales, place de la musique dans la programmation, juste derrière le théâtre, rôle de soutien à la création contemporaine, moyens consacrés à la médiation culturelle…

Cependant, d’importantes différences apparaissent, liées, par exemple, à la densité du réseau francilien et à la présence d’équipements à rayonnement national ou international, qui limitent de facto le rayonnement des théâtres de ville à la sphère communale ou intercommunale.
A l’instar du SNSP, au niveau national, Arcadi entend aussi démontrer « le besoin et l’intérêt de la mise en oeuvre d’une politique d’observation des théâtres de ville sur le plan régional ».

Haut de page

0

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

0 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.