En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X

Club RH

3

Commentaires

Réagir

Réforme territoriale

Laurent Bigorgne de l’Institut Montaigne : « Les régions sont comme des corps sans tête »

Publié le • Par • dans : France, Toute l'actu RH

3

Commentaires

Réagir

LEGO corps sans tête © Flickr CC by nd Robert McGoldrick

Transfert de l'ensemble de l'activité des lycées professionnels aux régions et remise en cause du statut dans la fonction publique territoriale : dans un entretien-choc, le directeur de l'Institut Montaigne Laurent Bigorgne détaille les propositions de son think tank.

 

Alors que, du côté du Grand Paris ou de certaines grandes régions, la réforme territoriale peine toujours à convaincre, l’Institut Montaigne relance le débat. Le think tank libéral a publié, le 12 janvier, son premier rapport sur la question. Le fruit d’un groupe de travail piloté par le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (LR), et le coprésident de l’Institut de la décentralisation et de la gouvernance territoriale, l’ancien député (PS) Jean-Pierre Balligand. En bonne place : des transferts en matière d’apprentissage et de formation au profit des régions.

Les régions ont-elles les moyens d’absorber la formation de 500 000 chômeurs en plus, comme le souhaite François Hollande ?

En aucun cas. Personne n’a les moyens de mettre en œuvre un tel plan à court terme. Personne n’a les opérateurs pour le faire. Ce secteur souffre en effet d’une grande division des tâches, mais aussi d’une absence de véritable pilotage stratégique. Notre système de formation, fondé sur le paritarisme, ne fonctionne pas. Les chômeurs en sont exclus. Aujourd’hui, la formation bénéficie, avant tout, à ceux qui sont diplômés, sans répondre précisément aux besoins locaux.

La France mobilise trois fois plus d’argent public que l’Allemagne en faveur de l’apprentissage pour un nombre d’apprentis trois fois moindre. Contrairement aux lycées agricoles qui dépendent du ministère de l’Agriculture, les lycées professionnels ne sont pas reliés au ministère dont relève leur activité. Ils restent rattachés à l’Education nationale, qui s’y intéresse peu.

Pourquoi souhaitez-vous que l’ensemble de l’activité des lycées professionnels soit transférée aux régions ?

Parce qu’elles ont déjà en charge les centres de formation d’apprentis et financent l’enseignement supérieur. Les régions sont en lien avec leur milieu économique. De plus, elles assurent les politiques de mobilité. C’est-à-dire qu’elles sont à même de permettre à un jeune de trouver une formation sur un tissu économique étiré. Le choix des régions est donc celui de la rationalité.

Mais, avec des budgets minuscules, les régions sont comme des corps sans tête, sans véritable moyen ni compétence. Sans accord avec l’Etat et les autres collectivités, leurs pouvoirs sont extraordinairement contraints. Les nouveaux présidents de région, qui ont pour la plupart des expériences ministérielles assez abouties, vont avoir des réveils difficiles.

La réforme territoriale sera-t-elle un thème de campagne en 2017 ?

La décentralisation fait partie de ces sujets pas « sexy » dont les politiques n’ont pas très envie de parler. Ils préfèrent « faire leur truc » dans leur coin. Au nom de la libre administration des collectivités, on en arrive à des situations aberrantes où l’absentéisme atteint parfois 8 à 12 % ! Beaucoup d’emplois ont vocation à être exercés par le secteur privé. La qualité du service rendu y gagnera. Je songe, en particulier, aux postes techniques d’exécution, de jardiniers ou dans les cantines. Des DRH de ville moyenne y sont d’ailleurs favorables.

Le marché des cadres de la FPT fondé sur la liste d’aptitude est, lui, dynamique. Il est de type contractuel. Ces cadres sont aussi bien formés que bien rémunérés. Je ne suis donc pas certain que l’on ait besoin de leur donner une garantie d’emploi à vie… Le statut de la fonction publique ne répond plus aux évolutions nécessaires.

Références

Le rapport

Haut de page

Cet article est en relation avec

3

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

3 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. François 27/01/2016, 11h00

    Toujours les mêmes rangaines : plus de pouvoir aux régions, moins de fonctionnaires.
    On s'aperçoit encore une fois que LR et le PS roulent ensemble pour le démantèlement du service public. Lionel Jospin avait déjà signé un accord sur cet objectif.
    Comme le dit Henri Tenson en commentaire d'un autre article du jour, pouquoi plus de pouvoir aux régions si ce n'est pour vider encore plus les Etats de leur substance au profit d'une Europe à la remorque des Etats-Unis.
    Ce n'est pas non plus ma vision de l'avenir de mon pays.
    Pour reprendre un exemple cité par les représentants de l'Intitut Montaigne, les Espaces Verts de ma commune sont gérés en Régie et nous n'avons qu'à nous louer de leur travail. Nous avons eu des surfaces déléguées à l'entreprise. Nous les avons reprises en régie pour deux raisons : le coût, et la réactivité. Pendant les périodes de pleine activité de l'entreprise, nous passions après les clients privés que l'entreprise risquait de perdre.
    En ce qui concerne l'absentéisme, je pense que des contrôles des arrêts prescrits par les médecins seraient bien venus. Je connais dans ma commune des médecins complaisants qui arrêtent longtemps pour des affections bénignes, et d'autres qui sont peu enclins aux arrêts. Les "bonnes" adresses sont vite connues par ceux qui sont peu motivés. Un contrôle général par les médecins conseils serait bienvenu.

  2. 2. Encore une fois 27/01/2016, 09h55

    Encore une fois on remet en cause le statut des fonctionnaires en arguant que si on confiait ces missions cela fonctionnerait mieux.
    On peut alors se demander pourquoi certaines collectivités ont tendance à mettre un terme à des contrats plus qu'anciens avec véolia... dans le domaine de la gestion de l'eau potab le et de l'eau usée.

    Si les acteurs privés étaient "tellement" meilleurs que les agents publics, croyez-vous que, toutes tendances politiques confondues, on assisterait à une telle vague?

    C'est vrai, tout comme dans le privé, la gestion des personnes peut être améliorée. Mais à force de toujours charger la barque, quel avenir donnons-nous à nos enfants, à notre société, à notre culture?

    Quant aux moyens dont disposent les Régions, si la question est légitime, la réponse est loin d'être à la hauteur des compétences de cet organisme.
    Tout le monde est d'accord pour affirmer que notre pays croule sous les prélèvements. Par ailleurs, ces prélèvements que certains jugent pharaoniques ne répondent pas aux besoins de notre pays.

    Ne faut-il pas s'interroger sur les besoins essentiels actuels et à venir de notre société pour y apporter la réponse attendue?

  3. 3. JO 27/01/2016, 09h45

    La gestion des espaces verts et autres services publics par le privé se payera cher ce qui impliquera des augmentations d'impôts. Dans la plupart des petites communes, ce type d'agent est payé légèrement au dessus du SMIC tout en étant soumis à des astreintes. D'ailleurs, lorsqu'ils partent en retraite, il est bien difficile de recruter des personnes qui préfèrent rester ou aller dans le secteur privée qui offre de meilleures rémunérations au regard des compétences exigées.

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.