Gestion des espaces verts

Zéro phyto : quels sont les points de résistance ?

Par
zerophyto-2

Rafael Ben-Ari - Fotolia

De nombreux lecteurs ont réagi suite à la tribune de Jacques My, directeur général de l’Union pour la protection des jardins et des espaces publics, publiée sur notre site le 12 janvier, et qui critiquait l'interdiction au 1er janvier 2017 des pesticides dans les espaces verts. Nous avons voulu aller plus loin et savoir s’il existe encore de véritables points de blocage pour les gestionnaires d’espaces verts sur le passage au « Zéro phyto ».

« Une méconnaissance totale du travail réalisé dans les collectivités territoriales », des propos « d’une prétention sans borne », une « analyse anachronique et déplacée », etc. Voici quelques-unes des phrases tirées de commentaires de certains de nos lecteurs, à la suite d’une tribune de Jacques My, publiée sur notre site le 12 janvier dernier.

Dans son texte, intitulé « Le zéro phyto, une mesure punitive à l’encontre du végétal »,  le directeur général de l’Union pour la protection des jardins et des espaces publics (1) (UPJ), revenait sur l’interdiction prochaine de l’utilisation de pesticides dans les espaces verts publics, au 1er janvier 2017 (2). Selon lui, cette mesure laisserait notamment « les gestionnaires d’espaces publics sans ressource contre les ravageurs et autres bioagresseurs ». Mais qu’en est-il exactement ?

Obstacle majeur : l’acceptation sociétale

D’abord, si de nombreuses communes sont déjà passées au « Zéro phyto », il est vrai que la question de savoir si toutes les autres seront prêtes à cette date demeure. Car quelques obstacles existent.

« La principale difficulté n’est pas d’ordre technique, précise cependant Maxime Guérin, chargé d’études à Plante et Cité (3),  mais elle repose sur l’acceptation sociétale ».

En effet, il n’est pas toujours évident de faire accepter à certains habitants le développement des dites « mauvaises herbes », souvent perçues négativement. Pour cette raison, les cimetières et les terrains de sport où les difficultés sont les plus marquées, ne sont pas concernés par l’interdiction. La transition culturelle que nécessite ce passage y est en effet plus importante. Surtout sur des sites symboliques comme les cimetières. Cependant, plusieurs collectivités ont déjà franchi le pas, comme Rennes ou Versailles, depuis plusieurs années.

Des évolutions nécessaires dans les pratiques

De même, au sein des collectivités, cette transition implique des évolutions au sein des services espaces verts. « Il faut réfléchir aux changements nécessaires tant dans les pratiques culturales que dans l’organisation des services. Cela appelle de profondes mutations et exige du temps. Il est évident que les collectivités qui n’ont pas amorcé cette mutation ou trop tardivement seront difficilement prêtes pour l’échéance de janvier 2017. Mais nous sommes tout à fait sereins sur cette transition », assure Jean-Pierre Gueneau, président d’Hortis, association qui regroupe environ 600 territoriaux répartis dans les services espaces verts de 400 collectivités.

Le principal objectif aujourd’hui est de réfléchir à une stratégie différente de végétalisation, utilisant par exemple davantage de plantes locales, en adéquation avec notre climat.

Un arsenal de méthodes alternatives

Enfin, et contrairement aux propos de Jacques My, il apparaît que les collectivités ne sont pas du tout démunies dans la lutte contre les maladies ou les ravageurs.

Ce débat-là serait dépassé depuis quelques années déjà. « Aujourd’hui, nous disposons d’un panel d’actions et d’un arsenal de méthodes alternatives pour remplacer les produits phytosanitaires. Même sur les points les plus difficiles à traiter », note Jean-Pierre Gueneau.

Ainsi, des pièges à phéromones ont été mis au point contre la chenille processionnaire du pin, qui a longtemps posé problème.

 

Un nouveau piège pour la pyrale du buis

Même pour le buis, qui fait l’objet d’attaques particulièrement importantes, les pratiques évoluent. Depuis 2014, un programme est en cours pour trouver des solutions. Et dès le mois de février prochain, un nouveau piège à phéromones sera mis en vente contre la pyrale du buis. « Quant aux maladies (Cylindrocladium buxicola, Volutella buxi), même les traitements chimiques sont inefficaces. Le passage au Zéro phyto ne changera donc rien », estime Maxime Guérin.
Enfin pour les espèces invasives (ambroisie, renouée du Japon, ailante), plusieurs techniques de lutte sont testées, mais peu de produits phyto sont utilisés. Ces méthodes sont capitalisées au sein de l’Observatoire sur la gestion écologique.

cet article est en relation avec
Commentaires

2  |  réagir

25/01/2016 08h18 - Non_au_stérile

Monsieur Jacque MY n’est certainement pas un gestionnaire de jardins et ni de parc. Puisque qu’il est autant enthousiasme pour s’opposer au changement , Qu’il aille mettre son énergie stérile au service de la production opérationnelle de pesticide. Pour ma part je tiens 2000m2 sans aucun produit biocide et avec des buis. Le problème du buis c’est qu’il est cultivé en rang d’oignon sur de trop grande surface. Cela est facilement repérable par le nuisible et ingérable pour les auxiliaires. Monsieur Jacque MY vous êtes un irréaliste de la Vie, sans analyse rationnelle et intellect impartial.

Signaler un abus
24/01/2016 06h56 - queuederat

C’est comme tout, les abus apportent l’interdiction !
Zéro phyto imposé également aux agriculteurs. ¨Pour que dans un grand champ de maïs près de mon jardin il n’y poussent aucune mauvaise herbe …..

Signaler un abus

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

  • Conversion des « Intercités » en TER : la pompe s’amorce du côté des régions

    Après la Normandie en avril, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté il y a dix jours, c'est au tour de Nouvelle Aquitaine d'accepter de prendre sous son aile des lignes de « Trains d'équilibre du territoire » (TET) pour en faire des TER. La feuille de route de ...

  • L’Essonne met le tri sur la place publique

    Le syndicat intercommunal pour le recyclage et l'énergie par les déchets et les ordures ménagères (Siredom), qui regroupe 140 communes d'Essonne (818000 hab.), déploie des plateformes de proximité, à l’esthétique et aux services soignés, qui collectent les ...

  • Dix conseils pour… donner un coup de jeune à la collecte

    Conversion à la tarification incitative ou au tri à la source des biodéchets, fin de contrat de délégation ou nécessité d’harmoniser un service impacté par la réforme territoriale, les occasions ne manquent pas pour revoir son dispositif de ramassage de ...

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP