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Politiques culturelles

Spectacle vivant : 2016, année de recomposition des interventions publiques

Publié le • Par • dans : France

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Appel de Nantes, lors des BIS à en janvier 2016 © Hélène Girard CC by 3.0

Au lendemain des Biennales du spectacle vivant qui vient de se tenir à Nantes du 20 au 21 janvier, 2016 s'annonce comme un tournant pour les politiques publiques en matière de spectacle vivant. Avec d'un côté, l’Appel de Nantes lancé par le G20 des arts vivants ; de l’autre, l’annonce, par la ministre de la culture, de la tenue d’assises de la Culture sur tout le territoire. Des démarches dissociées, mais convergentes quant aux objectifs, dans lesquelles les élus à la culture sont prêts à s'engager.

 

Dans la pénombre, ils sont arrivés sur la scène du grand auditorium de Nantes (Loire-Atlantique), où se sont tenus les « BIS », réunion et salon des professionnels du spectacle vivant, du 20 au 21 janvier 2016. Une fois la lumière revenue, deux d’entre eux sont sortis du rang pour lire, à haute voix, et à tour de rôle un manifeste, intitulé « Appel de Nantes ». Une ébauche de mise en scène destinée à marquer le caractère inédit et la gravité de l’initiative, devant une salle comble, où la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, venait de prendre place au premier rang.

G20 du spectacle vivant

Pour la première fois en effet, 20 associations et réseaux de professionnels des arts vivants (1) se sont réunis au sein d’un « G20 », pour « porter les valeurs essentielles du vivre ensemble » et réfléchir sur les politiques culturelles. Théâtre, cirque, marionnettes, musiques de tous registres, formes animées, opéra, arts de la rue, spectacles jeunesse…

Le G20 représente 2226 compagnies, ensembles, artistes, lieux de diffusion et d’enseignement, qui revendiquent leurs « différences » et leurs « complémentarités ». Ses membres se positionnent en vue des mutations des politiques culturelles qui se profilent à l’horizon, sous les effets conjugués de la réforme territoriale, de la raréfaction des crédits publics, et de la nécessaire prise en compte de la crise de la citoyenneté et de la montée des extrêmes. Ils rappellent d’ailleurs qu’ils « ont toujours su accompagner et enrichir les politiques publiques locales, nationales, européennes et internationales » et estiment contribuer « à faire de chaque citoyen une personne libre dans une société démocratique, au sein d’une république ouverte qu’il (leur) appartient sans cesse de réinventer et d’incarner ».

« Nouvelle politique culturelle novatrice »

Le « G20 » du spectacle vivant se dit prêt à revisiter ses relations avec les acteurs des territoires, leurs populations et leurs élus. « Nous souhaitons questionner collectivement nos pratiques, explorer de nouvelles voies, inventer des transversalités nouvelles », prévient-il. Il promet une « mise en commun de (ses) expériences, sur tous (ses) territoires », pour parvenir à une « construction partagée » d’une « nouvelle politique culturelle novatrice ».

Concrètement, les signataires de l’Appel de Nantes appellent leurs partenaires, collectivités et État, à les rencontrer, au sein d’une « assemblée plénière informelle », dont ils ont d’ores et déjà fixé les ordres du jour :

  • trouver des réponses à la « crise morale, intellectuelle et politique »
  • imaginer de « nouvelle politique culturelle novatrice », en prenant en compte les droits culturels (inscrits dans la loi NOTRe, qui en fait une responsabilité partagée entre les collectivités et l’Etat)

Dangers

Artistes, intellectuels, chercheurs, élus politiques, responsables associatifs, syndicats, publics, amateurs, simples citoyens sont aussi invités à les rejoindre au sein « d’espaces de recherche, de réflexion et d’expérimentations ». Les signataires se donnent dix-huit mois pour mener à bien leur projet, à compter de ce mois de janvier 2016. Leur tâche s’annonce immense. Mais si les nouvelles politiques culturelles restent à construire, ils savent déjà ce qu’ils veulent à tout prix éviter. Leur « Appel de Nantes » pointe :

  • les « dangers des forces régressives qu’elles soient politiques, économiques, intellectuelles ou religieuses » ;
  • les « marchands » qu’il veut empêcher de « s’emparer du champ artistique à des fins spéculatives et idéologiques ».

« Balle au bond »

Lors de son intervention, la ministre de la Culture Fleur Pellerin a salué l’initiative du « G20 » des arts vivants. « Je mesure la dimension historique du G20, et je prends la balle au bond , a assuré la locataire de la Rue de Valois. Sans pour autant répondre explicitement sur l’invitation des professionnels à participer, avec les collectivités, à cette « assemblée plénière informelle ». En revanche,  elle a annoncé que son ministère organisera, courant 2016, « des assises de la culture, dans tous les territoires », chantier qu’elle a qualifié de « crucial ».

A ce stade, nul ne sait comment s’articuleront les deux initiatives convergentes, mais dissociées. Manifestement, l’organisation d’ « assises de la culture », au moment où les associations professionnelles réclament l’ouverture d’un vaste chantier préalable à la définition d’une nouvelle politique culturelle permet à la Rue de Valois de reprendre la main. Tout se jouera dans les réponses  que le ministère de la Culture pourra apporter à l’issue de ces assises. Pour l’instant, Fleur Pellerin s’est évertuée à rassurer les professionnels en annonçant quelques projets et en confirmant quelques annonces (lire encadré).

Fleur Pellerin aux BIS de Nantes, hg CC BY 3.0

Fleur Pellerin aux BIS de Nantes, Hélène Girard CC BY 3.0

Message reçu par les élus

De son côté, la Fédération nationale des  collectivités territoriales pour la culture (FNCC) a promis de prêter  une oreille attentive aux professionnels.  «La FNCC répondra à l’Appel du G20», a assuré son président Florian Salazar-Martin, lors d’un autre débat organisé par la FNCC et le Syndicat national des scènes publiques. Les modalités de cette réponse seront discutées le 28 janvier  lors du prochain CA de la la FNCC. « Il nous faut réinventer ce que nous faisons au quotidien, même financièrement », estime Florian Salazar-Martin.

Les professionnels ont pris rendez-vous pour faire le point dans deux ans.

 

Principales annonces de Fleur Pellerin

Fonds de soutien exceptionnel post-attentats : il est opérationnel et déjà sollicité par certains équipements.

Education artistique et culturelle : la ministre affirme que c’est une de ses priorités pour 2016.« L’ensemble de mes moyens budgétaires supplémentaires  pour cette année y seront consacrés », affirme FLeur Pellerin, qui estime, par ailleurs, que l’urgence est désormais de lui donner un vrai contenu, et d’en élargir les interventions au-delà de l’école, notamment aux bibliothèques, aux musées et aux acteurs de l’éducation populaire.

Soutien aux artistes et aux compagnies : la réforme des aides va s’engager, avec des crédits supplémentaires à hauteur de 8 millions d’euros pour 2016. 7 millions d’euros  iront par ailleurs au soutien des artistes émergents. Autre mesure : la création d’un crédit d’impôts pour les spectacles musicaux  et de variété.

Collectivités territoriales : Fleur Pellerin les interpelle sur  leurs responsabilités. « La culture est un choix politique. Le gouvernement l’a fait. Chacun doit assumer ses responsabilités.» Elle a précisé que la politique de conventionnement avec les collectivités dans le  cadre des pactes  culturels (aujourd’hui au nombre de 60) serait poursuivie.

Assises de la culture : elles seront organisées en 2016 « dans  tous les territoires.»

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    Notes

    Note 01 - Association des Centres chorégraphiques nationaux (ACCN)Association des Centres dramatiques nationaux (ACDN), Association des Centres de développement chorégraphique (A-CDC), Association Jazzé Croisé (AJC), Association française des orchestres (AFO), Association nationale d’établissements d’enseignement supérieur de la création artistique arts de la scène (ANESCAS), Association nationale des Scènes conventionnées (ANSC), Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés (THEMAA), Association des Scènes nationales (ASN), Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles (FAMDT), Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (FEVIS), Fédération des lieux de musiques actuelles (FEDELIMA), Fédération nationale des arts de la rue, France Festivals, Fédération française des festivals de musique et du spectacle vivant, Futurs composés, réseau national de la création musicale, Grands Formats, fédération des grands ensembles de jazz et de musiques improvisées, Latitude Marionnette, Réunion des opéras de France (ROF), Scènes d’enfance – Assitej France, Territoires de cirque - Retourner au texte

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