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Emploi

Plan pour l’emploi : les élus régionaux demandent un nouvel équilibre Etat régions

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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HOLLANDE-voeux-2016-emploi-une © Marie Etchegoyen / Présidence de La République

François Hollande a dévoilé son plan pour l’emploi lors de ses vœux aux forces économiques le 18 janvier 2016. L’une de ses annonces phares est de doubler la formation des demandeurs d’emploi en 2016, avec l’appui des régions. Ces dernières n’entendent pas être de simples sous-traitants de l’Etat.

 

François Hollande a donné un peu plus de détails sur le plan de formation des 500 000 demandeurs d’emploi annoncé en début d’année, le 18 janvier, lors de ses vœux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi. Rappelant qu’un million de chômeurs n’avaient pas le niveau du bac, que 700 000 n’avaient pas celui du CAP, il a réaffirmé sa volonté de doubler le nombre de demandeurs d’emploi en formation en 2016 par rapport à 2015. Des formations qui seront orientées sur trois domaines :

  1. les secteurs en expansion (numérique, transition énergétique),
  2. la création d’entreprise,
  3. mais aussi les activités traditionnelles qui peinent à recruter du personnel qualifié (aéronautique, bâtiment, sécurité, tourisme et service à la personne).

Pas de concertation préalable avec les régions

Les besoins précis seront recensés dans chaque région, par bassin d’emploi et « un appel d’offres national sera lancé pour répondre à ceux qui ne seraient pas pris en compte », a annoncé François Hollande.

« Je souhaite que la première vague soit lancée le plus rapidement possible, à la faveur des marchés déjà conclus », a-t-il déclaré, annonçant une réunion début février qui rassemblera les régions, les partenaires sociaux, les préfets et le service public de l’emploi autour du premier ministre pour convenir des modalités pratiques de cette mobilisation.

« Cette réunion arrive bien tard ! », s’offusque Stéphanie Pernod Beaudon (LR), vice-présidente à la formation professionnelle et à l’apprentissage de la région Rhône-Alpes-Auvergne, qui n’admet pas le manque de concertation avec les régions. « Si l’Etat nous considérait comme de véritables partenaires, l’annonce du plan aurait été précédée d’un travail de concertation avec les régions », dénonce-t-elle.

L’Etat promet un milliard d’euros

Côté budget, François Hollande a confirmé que l’Etat mettrait bien un milliard d’euros sur la table pour soutenir ce plan. Un budget dégagé non par des prélèvements supplémentaire, mais grâce « à des économies ». Les partenaires sociaux ont de leur côté confirmé vendredi 15 janvier être prêts à affecter 958 millions d’euros aux différents dispositifs de formation des demandeurs d’emploi, soit 80 millions de plus qu’en 2015.
Reste à savoir quel sera l’effort consenti par les régions, alors qu’elles préparent le vote de leurs budgets.

François Hollande, compte sur elles pour gagner la bataille contre le chômage. Isabelle Gaudron (PS), vice-présidente déléguée à la Formation professionnelle, à l’insertion et à l’orientation à la région Centre prévient : « Pour une formation longue, il faut a minima compter 5400 euros, mais c’est plutôt de l’ordre de 7000 à 8000 euros. »

L’apport financier des régions sera donc déterminant. Pour Stéphanie Pernod Beaudon, cette annonce budgétaire est une nouvelle preuve que l’Etat ne considère pas les régions d’égal à égal : « En annonçant un milliard d’euros François Hollande part du principe que les régions vont mettre au pot. C’est de la sous-traitance, pas un partenariat ! »

Accueillir l’afflux de stagiaires supplémentaires

« Un milliard d’euros, c’est bien le minimum. Ça sera un plan coûteux pour les régions et les partenaires sociaux », confirme Catherine Veyssy (PS), vice-présidente en charge de la formation professionnelle à la région Aquitaine Poitou Charente Limousin. Car si les régions prennent en charge le coût pédagogique de plus de la moitié des formations dispensées aux demandeurs d’emploi, elles ont aussi à leur charge la rémunération des demandeurs d’emploi non indemnisés par Pôle Emploi.

« Nous n’avons pas encore estimé les coûts pour notre grande région, précise Catherine Veyssy. Nous sommes en discussion avec Pôle Emploi. Nous avons en revanche estimé qu’il nous faudra proposer entre 10 et 15 000 formations en plus des 55 000 offres de formation prévues en 2016. Or il ne s’agit pas d’une simple question d’achat de formations. Nous sommes sur des formations qualifiantes, qui nécessitent de s’approprier des gestes professionnels. Les plateaux techniques performants existent déjà. Encore faut-il qu’ils soient calibrés pour accueillir cet afflux de stagiaires supplémentaires », prévient l’élue.

Pour Gérard Cherpion (LR), vice-président chargé de l’emploi de la formation et de l’apprentissage de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, « il est impossible que l’appareil de formation puisse absorber un tel flux. Il ne faudrait pas en faire des formations « parking » ».

Or selon André Vallini, secrétaire d’Etat chargé de la réforme territoriale, interrogé par l’Obs la semaine dernière, « le big bang pour l’emploi viendra des régions » : « A nous de voir avec les conseils régionaux comment aller plus loin encore et surtout de faire plus simple pour être plus efficaces. Avec un maître mot, le pragmatisme ! »

Ouverture pour des expérimentations

Avec huit régions à droite, François Hollande doit donner des gages en terme de transferts de compétences et de liberté d’expérimentation : « Je sais que les présidents des régions souhaitent faire des propositions, voire expérimenter de nouveaux dispositifs, les présidents s’en sont entretenus avec le Premier ministre. Le gouvernement y est donc prêt, c’est-à-dire à faciliter toutes les expérimentations possibles, et même à modifier la loi si c’est nécessaire pour étendre les compétences de ces grandes collectivités », a-t-il déclaré le 18 janvier.

Une volonté de décentralisation que toutes les régions applaudissent, quelle que soit leur majorité. « J’espère qu’on va enfin parler décentralisation ! », s’enthousiasme Stéphanie Pernod-Beaudon. « C’est une excellente idée, il y a urgence ! », plaide Gérard Cherpion. « Nous espérons que le Premier ministre choisira de confier ce nouveau plan de formation aux régions, d’autant que les formations qualifiantes sont au cœur de nos compétences. Nous en avons les capacités, les équipes. Cette solution aurait le mérite d’être plus rapide et plus efficace », précise Isabelle Gaudron. « Il va de soi que le service public de l’emploi doit être porté par la région. Il faut avoir de l’imagination, bouger les lignes, le tout dans une relation de confiance », insiste Catherine Veyssy.

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  1. 1. ELIOTT 22/01/2016, 08h47

    le chomage évoqué pose au moins deux questions :

    comment peut-on accepter depuis des années et aucune réaction des politiques que le système éducatif fabrique autant de jeunes formés à RIEN ? il serait temps de remettre en cause le fonctionnement de ce ministère !
    comment nous faire croire que si on forme 500000 chomeurs , ceux -ci trouveront du travail à la sortie ? le gateau emploi étant ce qu'il est, tout poste trouvé par ceux-ci sera un poste en moins pour ceux-là.
    Ce qu'il faut traiter en premier c'est l'emploi , l'emploi, l'emploi....

  2. 2. filierfilier 19/01/2016, 16h47

    Formation, apprentissage ... et quoi d'autres ! Si il n'y a pas d'embauche dernière, des gens qualifiés il y en a. Encore faut il qu'ils soient rémunérés à juste valeur. Un apprenti en France gagne entre 200 € au début et 800 € à la fin pour un travail bien souvent comparable à celui d'un ouvrier qualifié. Autant dire que cela n'est pas motivant et pas ou peu d'embauche à suivre. Les patrons sont bien trop contents de payer une personne qui fait le même boulot qu'un ouvrier qui est payé le double. En Suisse c'est 1100 € au début et 1800 € en fin de pratique. Et lui est sur de garder sont poste. Pourquoi ? Des infrastructures faites pour eux. Aussi bien à l'école que chez les employeurs qui eux sont ravis d’accueillir les jeunes.
    Faudra bien un jour refondre ce système qui ne vaut rien.

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