Urbanisme

Quel sera le rôle de l’Institut pour la ville durable ?

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Le 23 décembre dernier, la création d’un Institut pour la ville durable a été annoncée en Conseil des ministres. Quel sera la mission de cette structure ? Est-elle un « machin » de plus ?

Prévu pour avril 2015, le lancement officiel de l’Institut pour la ville durable a été finalement annoncé le 23 décembre dernier en Conseil des ministres.

Dans un premier temps, sa mise en œuvre opérationnelle devrait prolonger le travail déjà entrepris par le réseau d’acteurs publics et privés Vivapolis, dont le rôle était de promouvoir le savoir-faire français à l’international en matière d’innovation.

En plus de son rôle à l’international, l’Institut œuvrera à accompagner les acteurs au niveau national :« Avec la création de l’Institut de la ville durable, nous voulons aller plus loin et faire un état des lieux des besoins et des mises en synergies afin de fournir un espace de travail commun aux acteurs de la ville », explique Valérie Lasek, qui a été en charge de la mission de préfiguration de l’Institut.

Faciliter les démarches innovantes

Concrètement, cette structure aura un rôle de facilitateur et accompagnera les acteurs dans leurs démarches techniques et réglementaires. « Lorsque l’on parle d’innovation aujourd’hui en France, il faut considérer les principaux obstacles. Technologiquement, nous sommes prêts à le faire : les difficultés sont plutôt d’ordre juridique et organisationnelles », soutient la chargée de mission.

L’institut intervient notamment dans l’accompagnement de onze « démonstrateurs industriels pour la ville durable», qui ont été désignés le 23 décembre 2015 par le ministère de l’Ecologie et le ministère du Logement. Trois d’entre eux sont déjà bien avancés à Marseille, Lyon et à la communauté d’agglomération Plaine Commune.

Un accompagnement à l’ingénierie de projet

Parmi eux, le projet Smartseille+, prévoit de construire un écoquartier de 385 logements dans le nouveau quartier du port de la cité phocéenne, Euroméditerranée. Le projet prévoit notamment l’utilisation de parkings mutualisés entre locataires des logements sociaux et les salariés des bureaux.

« Les bailleurs sont en principe obligés d’attribuer un quota de parkings à leurs locataires, explique Sarah Lavaux, responsable de pôle à la direction du développement durable chez Eiffage. Ils ont donc été réticents à l’idée de la mutualisation des parkings. L’Institut de la ville durable a pu les rassurer en leur expliquant qu’il n’y avait pas encore eu de jurisprudence sur le sujet, mais que cela était réalisable ».

Même constat pour Fabrice Bonnifet, directeur central développement durable chez Bouygues, qui a travaillé au projet de démonstrateur « Lyon Living Lab », un laboratoire urbain collaboratif : « En France, le mode de passation des marchés publics est très cloisonné. On ne profite pas de toutes les synergies et de leurs combinaisons ».

Mutualiser et capitaliser les expériences

Coté collectivités, l’Institut espère pouvoir toucher un maximum d’acteurs : « Etat, entreprises, collectivités locales… toutes les parties prenantes de la fabrique de la ville sont concernées », insiste la chargée de mission.

Plusieurs organisations d’élus ont d’ores et déjà apporté leur contribution au projet lors de la mission de préfiguration, dont l’Association des maires de France (AMF), l’Association
 des maires de grandes villes de France (AMGVF), désormais rebaptisée France urbaine, depuis sa fusion avec l’Association des communautés urbaines 
de France (Acuf), ou encore la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU).

« Aujourd’hui, plein d’initiatives existent, mais c’est cette logique de mise en réseau qui permet de capitaliser les expériences », renchérit Brigitte Bariol-Mathais, déléguée générale de la FNAU.

A moyen terme, l’Institut prévoit de mettre en place un portail internet documenté, où l’ensemble des contributions seraient évaluées sur la base d’indicateurs communs : « Nous devons effectuer un travail de capitalisation et de revalorisation si nous voulons répondre à nos engagements », soutient Valérie Lasek.

Des formations à venir

Enfin, des formations à destination des décideurs et des collectivités vont être mises progressivement mises en place : « dès 2016, nous allons intégrer un cycle de formation à lIHEDATE [Institut des hautes études de développement et d'aménagement des territoires en Europe, ndlr]. Pour les formations d’agents, nous avons contacté le CNFPT pour y réfléchir », confie cette dernière.

L’Institut pourrait donc être d’une réelle utilité pour les différents acteurs concernés. Reste maintenant à savoir si les projets se concrétiseront à la suite de la première assemblée générale du réseau, qui devrait avoir lieu le 18 février prochain.

 

 

Références

Pour en savoir plus sur les 11 lauréats de l'appel à projets "Démonstrateurs industriels pour la ville durable" rendez-vous sur le site du ministère de l'Ecologie.

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