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Emploi

Formation des chômeurs – Les régions posent leurs conditions

Publié le • Par • dans : A la une, France

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MYRIAM EL KHOMRI © Stéphane Gautier

François Hollande a annoncé lors de ses vœux un plan pour former 500 000 demandeurs d’emplois. Les régions seront naturellement fortement impliquées, mais avant d'assurer ces formations supplémentaires, les conseils régionaux exigent un soutien financier important de l'Etat.

 

Chiffres-clés

6 personnes sur 10 étaient en emploi 6 mois après la fin d'une formation prioritaire du « plan 100 000 », dont 75 % en emploi durable.
Source : "Sortants de formation prioritaires 2014", Pôle emploi, "Eclairages et synthèse" n°17, septembre 2015

A l’occasion de ses vœux aux Français, le président de la République a annoncé un « plan massif » de formation pour 500 000 demandeurs d’emploi, qui seront accompagnés « vers les métiers de demain ». Il doit livrer les détails de ce plan le 18 janvier.

S’il ne s’agit pas du premier plan de formation du quinquennat, c’est à ce jour le plus important. En 2013, un premier plan de formation prioritaire pour 30 000 demandeurs d’emploi avait été lancé, étendu à 100 000 en 2014 et 2015. Lors de la conférence sociale d’octobre, François Hollande avait annoncé un élargissement du plan à 150 000 chômeurs.
Il s’agit donc aujourd’hui d’en former 350 000 de plus.

« Nous ne sommes pas dans le traitement statistique du chômage, mais dans un enjeu d’investissement humain pour améliorer la compétitivité », a souligné la ministre du Travail, Myriam El Khomri, répondant aux attaques de l’opposition.

Pour une nouvelle phase de décentralisation

A elles seules, les régions ont financé 54 % des stages de formation des demandeurs d’emploi en 2013 (1). Cet effort supplémentaire va donc les impacter fortement.

« S’il y a une chose sur laquelle il faut être présent en ce moment, c’est bien la formation des demandeurs d’emploi », convient cependant Isabelle Gaudron, vice-présidente (PS) du conseil régional du Centre, déléguée à la formation professionnelle, à l’insertion et à l’orientation.

« Après trois années de résultats catastrophiques sur la courbe du chômage, j’espère que cela ne restera pas qu’un vœu pieux », tacle Renaud Muselier, vice-président (LR) de la région Paca, délégué à la coordination des politiques publiques et des fonds européens.

Quant à Philippe Richert, président (LR) du conseil régional d’Alsace – Champagne-Ardenne – Lorraine, il se réjouit de la volonté du gouvernement de « s’unir aux régions pour mettre en place une stratégie plus efficace ». Il attend en revanche des contreparties.
« La nouveauté, c’est la dimension que l’Etat veut donner à ce plan. En se donnant les moyens de former 500 000 chômeurs, il mise sur une baisse de ses dépenses obligatoires. Les conseils régionaux, en revanche, s’ils interviennent de manière complémentaire, n’ont pas de retour financier », fait-il remarquer.

Philippe Richert entend donc sortir de la logique de guichet. « Nous voulons bien accompagner l’Etat dans le domaine de l’emploi, mais à condition d’aboutir à un réel partage des responsabilités. Il faut qu’une nouvelle phase de décentralisation soit engagée », insiste-t-il, affirmant que Manuel Valls lui avait donné un accord de principe.

Un budget d’un milliard d’euros

Ce plan de 500 000 formations offre en effet aux régions une belle occasion de peser sur un transfert des compétences de Pôle emploi en matière de formation professionnelle. Avec ce plan, la pertinence des formations revient par ailleurs sur la sellette.
« Nous attendons qu’il permette de proposer des formations plus en adéquation avec le marché de l’emploi, ce qui signifie un travail beaucoup plus étroit avec les chambres professionnelles et consulaires, pour voir quels sont les métiers en tension, quelles sont les demandes et les attentes des entreprises », insiste Stéphanie Pernod-Beaudon, vice-présidente déléguée à la formation professionnelle et à l’apprentissage de la région Rhône-Alpes – Auvergne.

Selon Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, le budget dévolu à ce plan pourrait avoisiner un milliard d’euros, à partager entre l’Etat, les régions et les partenaires sociaux.
« 2 000 euros par stagiaire, pour de la formation qualifiante, c’est peu. Il faut en général prévoir 5 000 euros », prévient Isabelle Gaudron.

Se pose en outre la question de la faisabilité technique de la mise en œuvre d’un tel volume de formations dans un temps aussi court, alors que les exécutifs régionaux viennent tout juste de se mettre en place, tandis que les régions fusionnées doivent en plus harmoniser leur politique en matière d’emploi et de formation.

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Thèmes abordés EmploiEtat et collectivités locales

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  1. 1. Paul Chérel - pas de pseudo 15/01/2016, 10h11

    Une nouvelle fois l'Etat se décharge sur LES AUTRES (ici la collectivité Région) pour prendre en charge et confier la responsabilité d'une décision qu'il prend sans avoir consulté les intéressés au préalable. Je me permets de vous adresser par courriel séparé un texte de ma composition sur la tromperie de la formation par Un Etat bien incapable de l'assumer/. Paul Chérel

  2. 2. François 15/01/2016, 09h31

    Comme d'habitude nous avons chaque semaine une annonce du gouvernement qui montre son activité inlassble pour fournir aux Français des réponses à leurs attentes.
    Là où le bât blaisse, c'est quand on s'aperçoit que ces belles annonces ne lui coûtent rien, mais sont à la charge de ces méchantes structures territoriales qui gèrent si mal leur budget, selon la Cour des Comptes, et qui doivent faire des économies.
    On voit ainsi :
    - les formations pour les demandeurs d'emploi à la charge des régions
    - les formations aux premiers secours à la charge des SDIS ou des Communes
    - les services civiques à mettre en place dans les communes....
    Facile, d'autant plus que le citoyen ne voit pas qui va payer et que le gouvernement se garde bien d'insister trop sur ce point. Et si ce n'est pas réalisé ce sera la faute de ces incompétents des collectivités locales...

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