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Calais : restriction discriminatoire de l’accès à la piscine ?

Publié le • Par • dans : Actu juridique, Actu prévention sécurité, Régions

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Depuis mi-novembre, seules les personnes détentrices d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile peuvent accéder à la piscine Icéo dans laquelle se rendent certains exilés. La décision adoptée par l'agglomération Cap Calaisis, sans arrêté ni délibération, est discriminatoire pour les associations, qui ont porté plainte.

 

Début décembre, un collectif rassemblant associations locales et nationales, syndicats et parti de gauche a déposé auprès du procureur de la république de Boulogne sur mer et auprès du défenseur des droits une plainte à l’encontre de la présidente de Cap Calaisis, Nathalie Bouchart, pour « mesure discriminatoire dans un établissement recevant du public ». Mis en cause, le nouveau règlement de la piscine Icéo imposant désormais la présentation d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. La mesure exclut de fait les migrants qui, jusqu’à présent, fréquentaient l’établissement.

Côté agglomération, la mesure prend place dans un contexte de baisse de la fréquentation : 40 % de recettes en moins rien que sur les vacances de la Toussaint, un résultat inacceptable dans le contexte de tension financière extrême. Pour résoudre le problème, la collectivité a augmenté ses tarifs au mois de septembre et réorganisé ses horaires d’ouverture. Le 23 novembre dernier, la piscine a adopté ces nouvelles modalités d’accès.

Pas d’autre alternative ?

Dans sa plainte, les signataires rapportent les propos tenus par Nathalie Bouchart (présidente Cap Calaisis et maire de Calais) et son cabinet pour expliquer la baisse de fréquentation : « une dizaine d’exilés par jour fréquentent l’établissement. La majorité d’entre eux utilisent la piscine pour se baigner normalement, mais certains viennent pour se doucher et se raser. Il y a des cas de comportements obscènes de la part d’hommes qui se retrouvent face à des jeunes filles en maillot de bain ». Une justification « ahurissante » pour Violaine Carrère, juriste, chargée d’études au groupement d’information et de soutien aux immigré-s- (GISTI), signataire de la plainte.

Le cabinet de la présidente d’agglomération réfute l’accusation : « C’est un constat et non une justification. Nous notons aussi de nombreuses incivilités de la part de calaisiens. Renforcer les conditions d’accès et poster un agent de sécurité à l’entrée vise à répondre aux questions de sécurité que se posent nos concitoyens et non à exclure les migrants ». Reste que de l’aveu même du cabinet, en novembre dernier, « aucun geste inapproprié n’a été signalé autre que « des regards appuyés ». Et « aucun problème de sécurité des agents ne nous ont été remontés par les agents de la piscine » affirme Catherine Piecuch, secrétaire départementale FSU 62. Violaine Carrère argumente : « si des comportements ou des usages inappropriés ont lieu, pourquoi ne pas recourir à l’exclusion des personnes impliquées plutôt que de prendre une telle mesure ? »

Mêmes mesures à la médiathèque

La polémique prend place en terrain miné. Il faut dire que le nouveau règlement fait suite à un emballement sur les réseaux sociaux suite aux inquiétudes de certains usagers relatives à l’hygiène ou aux questions de sécurité. Et elle a pris place dans le contexte particulièrement incertain des élections régionales. « Le climat est délétère et ces mesures vont accentuer les tensions au lieu de chercher à apaiser et améliorer le vivre ensemble » regrette la syndicaliste qui rappelle qu’une mesure similaire avait été prise en début d’année par la municipalité pour accéder à la médiathèque.

Pour le cabinet de la présidente, l’accusation de discrimination « est une présupposition des associations et finalement un procès en mauvaises intentions. Car à partir du moment où toute personne est en mesure de justifier son identité et son domicile, elle peut sans difficulté utiliser nos équipements ouverts au tout public», rappelant la possible domiciliation auprès des associations accompagnant les demandeurs d’asiles.

Pour les associations, il s’agit bien d’une poursuite de la ségrégation pratiquée à Calais depuis l’arrivée de la nouvelle équipe municipale : l’arrêté municipal pris le 10 novembre et interdisant l’arrêt ou le stationnement sur le chemin donnant accès au camp, qui limite l’action des bénévoles, en est encore une illustration.

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