SÉCURITÉ SANITAIRE

Les laboratoires départementaux d’analyse en première ligne face aux épidémies animales

Par
laboratory work - research

cubephoto - Fotolia

Alors que les élevages de 19 départements métropolitains sont affectés par des épidémies de grippe aviaire et de fièvre catharale ovine, les laboratoires départementaux d’analyses (LDA) sont en première ligne. C’est dans ce contexte que le Cantal, la Corrèze, la Creuse, la Loire, la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme mutualisent leurs LDA à partir du 2 janvier 2016.

Repérée dans l’Allier, la fièvre catharale ovine (FCO) a fait sa réapparition en France en septembre 2015, après que le pays en fut indemne depuis 2012. Le 10 décembre, cette maladie subtropicale apparue en Europe en 2006 avait affecté l’Allier, le Puy-de-Dôme, la Creuse, le Cher, la Saône-et-Loire, la Nièvre, la Loire, l’Indre, le Cantal, l’Aveyron, la Haute-Loire, le Loiret, la Lozère et la Corrèze. Par ailleurs, fin novembre, la grippe aviaire était de son côté identifiée dans des élevages de Dordogne avant de se propager vers les Landes, la Haute-Vienne, le Gers et les Pyrénées-Atlantiques.

Au Mans, 250 analyses en 24 heures

« En septembre, nous avions sur notre territoire, un regroupement national de bovins, “Les 4 jours du Mans”, se souvient François Boussard, conseiller départemental de la Sarthe, également éleveur et membre du bureau de la Chambre d’agriculture. La fièvre catharale venait d’être détectée et à la demande de la préfecture, Inovalys est intervenu et a réalisé 250 analyses en 24 heures. »Inovalys est un groupement d’intérêt public qui regroupe depuis le 30 décembre 2013 les anciens services de laboratoire des départements de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire et de la Sarthe.

Ces épidémies surviennent alors que plusieurs collectivités ont engagé la mutualisation de leurs moyens d’analyses sanitaires. Le Finistère en a été le précurseur en créant un groupement d’intérêt public (GIP) dès 2007 entre le département et Brest métropole océane, GIP qui s’est étendu aux Côtes-d’Armor et englobera à partir de janvier 2016 l’Ille-et-Vilaine.

« Maintenir la neutralité d’un service public »

Dans le Massif Central, une nouvelle mutualisation sera effective dès le 2 janvier 2016. Mi-décembre, les départements du Cantal, de Corrèze, de Haute-Loire, de Loire et du Puy-de-Dôme délibéraient une dernière fois pour mettre sur les rails le GIP Terana, structure à laquelle ils ont travaillé depuis qu’avaient débuté, en 2013, leurs réflexions de mutualisation. Emanant des directeurs de laboratoires dontle réseau associatif est dynamique, la proposition de mutualisation a rapidement recueilli le soutien des élus. « Nous connaissons l’expérience d’un département voisin, l’Allier, qui n’a plus de laboratoire public, explique Jean-Yves Gouttebel (PRG), président du conseil départemental du Puy-de-Dôme. Les analyses sont envoyées très loin, cela crée des problèmes de qualité et de fiabilité. Nous souhaitions maintenir la neutralité d’un service public qui, si on ne faisait rien, aurait été amené à disparaître. Entre nos départements qui sont dirigés par des majorités différentes, il n’y a pas d’enjeux partisans sur ce projet. »

Renforcer le modèle économique

Le GIP Terana regroupera donc 180 agents dans cinq sites et fonctionnera en 2016 avec un budget de 14 millions d’euros, dont 10% proviendront des subventions de ses membres, subventions réparties entre les 5 départements membres et un acteur privé associatif, le Groupement technique vétérinaire départemental du Puy-de-Dôme. L’étude préalable à la constitution du GIP relevait qu’entre 2010 et 2013, le chiffre d’affaire cumulé des LDA avait cru de 8% alors que sur la même période la part cumulée des subventions d’exploitation avait diminué d’un quart. En juin 2014, le compte administratif du laboratoire de la Corrèze indiquait que « pour la 13ème année consécutive, le Laboratoire n’[avait] pas besoin de percevoir de subvention d’équilibre du budget principal du conseil général, étant précisé que 217 000 euros  de dotation globale de décentralisation (DGD) lui sont versés directement chaque année alors que, dans les autres départements objet de l’étude du projet de regroupement, c’est le budget principal qui reçoit l’intégralité de la DGD. Le laboratoire de la Corrèze bénéficie de la sorte d’une forme d’aide indirecte de 217 000 euros par an. »

Selon la même étude, le GIP pouvait renforcer son chiffre d’affaire se développant principalement sur les marchés des analyses d’eau (soumis à appels d’offre), et accessoirement sur la santé animale et l’hygiène alimentaire. « Nous attendons des économies d’échelle et une plus grande performance de nos laboratoires, ajoute Jean-Yves Gouttebel, dans la mesure où tous nos laboratoires sont polyvalents et que certains sont pointus dans des domaines spécifiques, comme l’eau en Corrèze ou la santé animale dans le Puy-de-Dôme. »

Répartir les fonctions stratégiques

La répartition des fonctions stratégiques du GIP a également fait l’objet de négociations entre les collectivités. Son siège est établi dans le Puy-de-Dôme à Lempdes. Le jury de recrutement nommera une personne à la direction le 21 décembre et la présidence, tournante chaque année, devrait revenir en janvier à Céline Charriaud, vice-présidente du conseil départemental du Cantal. La Creuse, qui a participé à l’étude du projet, pourrait, à l’avenir, intégrer le GIP.

 

Hécatombe dans les laboratoires publics

Depuis 2006, et l’ouverture à la concurrence des marchés publics d’analyse de l’eau, plusieurs départements ont fermé leur laboratoire (Loiret, Eure-et-Loire, Lot-et-Garonne, Meuse, Oise, Yonne…). Les chambres régionales des comptes ont régulièrement épinglé leur gestion, principalement en raison de la cohabitation d’activités marchandes et de prestations réalisés pour le compte des département ou des autorités de santé publique. Ainsi, en 2014,la chambre des comptes d’Auvergne Rhône Alpes tançait le département de la Loire où « l’absence de comptabilité analytique au sein du budget annexe n’a pas permis d’identifier les opérations relevant d’activités subventionnables et partant, d’évaluer la régularité des participations départementales au financement du laboratoire ».

Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

  • Les transports, premier chantier de la métropole Aix-Marseille-Provence

    Les élus de la métropole Aix-Marseille-Provence, créée en janvier 2016, voteront le 15 décembre prochain en faveur d’un agenda de la mobilité, chargé de régler les problèmes de congestion d’un vaste territoire où la voiture individuelle est reine. ...

  • Ambition d’universalité pour les « EcoQuartiers »

    Le label EcoQuartier se renouvelle en 2016 pour rallier davantage de collectivités et de projets. Avec un objectif de 500 labellisés pour les deux prochaines années, parviendra-t-il à garder son niveau d’exigence ? ...

  • Le BIM, un changement de paradigme pour les services

    Chacun sait désormais ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter. Mais il nécessite de profonds changements dans les pratiques des services techniques, que ce soit au niveau de la conception, de la définition des travaux, du suivi des opérations ou encore de la ...

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP