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Laïcité : le Conseil supérieur du travail social adresse ses recommandations

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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Neuville Thierry CSTS © Ministère des Affaires sociales de la Santé et des Droits des femmes

Un avis attendu du Conseil supérieur du travail social (CSTS) formule une série de recommandations opérationnelles afin d’aider les travailleurs sociaux à mieux appréhender la laïcité et ainsi à renforcer leur positionnement dans leurs pratiques sociales. Le vice-président du CSTS a par ailleurs été missionné sur la prévention de la radicalisation.

 

Cinq recommandations destinées à conforter le positionnement des travailleurs sociaux dans leur pratique lorsqu’ils sont confrontés à la mise en cause des valeurs républicaines. C’est ce qu’énonce l’avis intitulé « La laïcité, un principe fondamental du travail social » rendu début décembre par le Conseil supérieur du travail social (CSTS).

« Il est particulièrement attendu par les professionnels du secteur et par les formateurs », a indiqué la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Ségolène Neuville, le 9 décembre en ouverture de la dernière réunion de mandature du CSTS au côté de son vice-président Michel Thierry (en photo ci-contre), faisant référence aux difficultés à appréhender le principe de laïcité, rencontrées sur le terrain notamment par les étudiants et les jeunes professionnels. Un avis sous forme de marche à suivre pour l’ensemble des travailleurs sociaux, adopté au terme d’une année 2015 marquée par des attentats terroristes meurtriers ainsi que par « que par l’augmentation concomitante de l’intolérance et de pratiques radicales dans l’espace public », précise-t-il.

Mieux appréhender la laïcité - Le document dont l’ambition est d’être opérationnelle rappelle d’abord ce que recouvre la laïcité dans la République : à la fois, un règlement juridique et un art de vivre ensemble, un idéal politique et le dispositif juridique qui le réalise. « La laïcité est ainsi un principe d’action sociale, un moyen d’assurer la cohésion sociale tout en garantissant la liberté des personnes », affirme-t-il. Surtout, il formule aux professionnels et bénévoles une série de conseils devant leur permettre une meilleure appropriation de la laïcité dans leur pratique du travail social.

Principe de neutralité - Premier principe énoncé par le CSTS : « Le travailleur social accepte les différences et reconnaît la diversité des croyances et opinions ». Il les respecte « dans la mesure où chacun a pu librement les choisir » et « prend en compte les situations qu’il rencontre, parmi lesquelles les pratiques religieuses, sans leur accorder plus d’importance qu’à d’autres aspects de la vie privée et publique », précise l’avis qui recommande, en outre, aux intervenants de l’action sociale d’adopter un « positionnement neutre » consistant à « observer, étudier objectivement et respecter, sans porter de jugement de valeur. Ce qui n’empêche pas de choisir entre les valeurs ou des principes opposés sur d’autres plans que les questions religieuses : liberté et asservissement, égalité et discrimination, intérêt général et intérêt particulier. Ce qui ne dispense pas non plus d’affirmer la stricte égalité entre femmes et hommes ».

Principe d’impartialité - « Neutralité » du travailleur social mais également « impartialité » dans son positionnement, au nom de l’égalité de traitement, préconise l’avis. « Mais la compréhension ne signifie pas approbation, la reformulation ne signifie pas adhésion, la réponse aux demandes d’avis ou conseils ne signifie pas jugement, notamment par rapport aux comportements illicites ou susceptibles de porter atteinte à la liberté d’autrui », avertit le CSTS. « Le travailleur social a un comportement professionnel laïque, quelles que soient ses convictions personnelles. Il n’a pas à juger des pratiques religieuses ni à les critiquer au nom de l’athéisme ou de sa propre foi par exemple, en disant ce qui est interdit, illicite, béni, impur… au regard d’une religion. Il n’apprécie qu’à l’aune de ce qui contribue à l’autonomie des personnes et à la cohésion sociale ».

Aucun prosélytisme - Le CSTS demande également aux travailleurs sociaux de se référer d’une part à la déontologie pour une pratique laïque du travail social qui « exclut tout prosélytisme ainsi que toute valorisation d’une croyance ou non-croyance » et, d’autre part, aux réflexions éthiques. Dans leur pratique quotidienne, ils doivent « être conscients que toute manifestation ou marque d’appartenance religieuse ou idéologique, dans l’exercice de sa fonction peut entrer en tension voire en contradiction avec les finalités de la mission qu’il remplit », explique-t-il. Et d’aucune façon, ils ne peuvent « faire de prosélytisme ni participer à des démarches de conversion », prévient le CSTS.

Promouvoir le vivre ensemble - Les travailleurs sociaux doivent, en outre, prendre position pour permettre le « vivre-ensemble », préconise l’avis. L’objectif est de distinguer l’universel – ce qui est commun à tous –, du singulier – ce qui distingue chacun des autres -, et du particulier, ce qui qualifie certains et les distingue des autres. Pour cela, il leur est recommandé de favoriser la connaissance, la reconnaissance et l’acceptation des différentes cultures, des convictions et des opinions, en initiant des rencontres et des débats.

Vigilance face aux réseaux sociaux - Enfin, les professionnels doivent être particulièrement vigilants face aux outils de communication et à la puissance d’internet et des réseaux sociaux qui diffusent des opinions et des croyances. Face à l’impact des liens virtuels, le travailleur social s’appliquera à « établir des liens réels, à faire rencontrer d’autres personnes physiques, à aider à l’ancrage dans un territoire partagé », détaille le document. Il incitera aussi les personnes à se documenter scientifiquement et à développer leurs propres pensées, fera aussi appel à la « raison », et suscitera « des échanges et des réflexions collectives ».

Le vice président du CSTS missionné sur la formation à la radicalisation

Dans une lettre du 26 novembre, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Ségolène Neuville, a chargé le vice président du Conseil supérieur du travail social (CSTS), Michel Thierry, d’une mission d’élaboration de contenus de formation pour les travailleurs sociaux en matière de repérage des processus d’endoctrinement, de prévention des dérives radicales. Des recommandations pour améliorer les pratiques professionnelles dans le but de promouvoir les valeurs républicaines devront également être formulées.

Ségolène Neuville demande au vice président du CSTS d’accorder une attention particulière à l’endoctrinement des jeunes femmes. Pour réaliser cette mission, Michel Thierry devra s’appuyer sur les expériences de terrain et pratiques exemplaires ainsi que sur les besoins exprimés par les professionnels. Il devra distinguer ce qui relève du socle de formation initiale des approfondissements qui seront dispensés dans le cadre de la formation continue. Le rapport du vice président du CSTS est attendu pour avril 2016.

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