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Réforme territoriale

Le Grand Paris en data (1) : des dynamiques de l’emploi contrastées

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, Régions

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Grand Paris La Défense © Flickr CC by sa elPadawan

La Gazette consacre une série de trois articles à l’analyse en données de l’imminente métropole du Grand Paris. Notre premier volet se consacre à un gros facteur d’inégalités : l’emploi. Les 12 territoires qui constituent la métropole sont-ils équilibrés ? Quels sont les enjeux en matière de travail ? Analyse avec Vincent Gollain, directeur du département économie et développement local de l’IAU Ile-de-France.

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Grand Paris : un débat capital

 

Chiffres-clés

Agenda : 22 juin

Ne manquez pas la conférence Grand Paris organisée par la Gazette : comment relever les défis institutionnels, financiers et économiques de la nouvelle métropole.

Programme et inscription

Le 1er janvier 2016, la métropole du Grand Paris (MGP) verra le jour après moult tergiversations. Composée de douze établissements publics territoriaux (EPT), rassemblant 131 communes, elle vise à créer un nouvel échelon de gouvernance mieux à même d’assurer un développement équilibré de ces territoires, actuellement très contrastés.

Pour appréhender ces déséquilibres et les enjeux présents et futurs qu’ils portent,la Gazette des Communes vous propose une série d’analyses en données de la MGP en trois volets.

Le premier porte sur un facteur majeur d’inégalités, l’emploi. Les douze territoires présentent des disparités importantes au regard des quatre sous-axes que nous avons choisis : l’emploi total, le chômage, l’évolution de l’emploi entre 2007 et 2012 et un indice que nous avons calculé pour mesurer l’attractivité de chaque territoire. Il est basé sur le ratio entre l’emploi total sur un territoire et les résidents y travaillant. Plus la part des résidents est faible, plus le territoire attire des actifs de l’extérieur. Toutes les données sont issues de la base emploi 2012 de l’Insee.

Le calque « emploi total » est coché par défaut, vous pouvez en sélectionner un autre dans le cartouche « visibles layers », en haut à droite.

De façon générale, il faut garder à l’esprit que chaque ensemble présente en son sein des disparités plus ou moins importantes, aucun n’est vraiment homogène.

Concentration : l’exception parisienne

Après de longues années de stagnation de l’emploi à Paris, la capitale a retrouvé une dynamique portée notamment par les le 18e, 19e et 20e arrondissements. « 82 % de la croissance nette d’emplois(1) concerne Paris et ses communes limitrophes, taux qui est de 55 % si on ne considère que la petite couronne », illustre Vincent Gollain, directeur du département économie de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France (IAU-IDF), qui a accepté de commenter pour nous ces cartes. « Quand on s’éloigne de Paris, les territoires sont entrés en mutation et offrent des opportunités foncières pour accueillir les emplois de demain. »

Sur notre carte, cette concentration est visuellement atténuée par le mode de calcul des couleurs que nous avons choisi afin de laisser voir apparaître davantage les nuances : si les intervalles avaient été égaux, Paris aurait été en vert foncé, et le reste en vert très pâle, et un vert à peine plus foncé sur le T4 La Défense. Paris compte plus de 1 800 000 emplois, alors que le second, le T4 donc, en présente un peu plus de 475 000, soit un rapport de plus d’un à trois.

Le rayonnement de La Défense

La distribution des emplois dans les quartiers d’affaires témoigne de cette répartition très contrastée : « Les 4/5èmes des surfaces offertes dans ces quartiers d’affaires de la métropole sont localisées dans le 92 et le 75″, synthétisait une étude de l’IAU-IDF sur les 31 quartiers d’affaire du Grand Paris. La Défense a su « rayonner autour de lui, jusqu’à Bezons par exemple, agissant structurellement sur la transformation du territoire. De même dans le T3 Grand Paris Seine Ouest, il y a eu une recomposition des espaces dans une logique de tertiarisation. A Boulogne, d’anciens terrains de Renault ont été reconvertis, de même à Issy-les-Moulineaux, qui était très industriel. » Ces zones accueillent de nombreux sièges sociaux de grosses entreprises : TF1, Coca-Cola, Bouygues immobiler, Microsoft, Hewlett-Packard Compaq, etc.

Les aéroports sont des facteurs importants de développement de l’emploi, qui rayonnent au-delà de leurs seules communes d’implantation, créant de vraies polarités économiques. Au Nord, le corridor aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle à Paris est un axe de développement économique, avec le Bourget et son aéroport d’affaires à la confluence de ces dynamiques », poursuit Vincent Gollain.

Le Nord Est est marqué par « des  pôles industriels historiques, comme Gennevilliers et son port, relève-t-il, sites qui se transforment par la montée en gamme des entreprises et l’arrivée de pépinières d’entreprises comme le quai des entrepreneurs”. Au Nord de Paris, la prolongation de l’arc de l’innovation parisien agit sur Saint-Ouen / Saint-Denis. A Pantin et Montreuil, les dynamiques tertiaires transforment également le territoire.

En revanche, prévient Vincent Gollain, « la lecture de la carte peut être trompeuse dans les autres territoires, puisque l’emploi est situé majoritairement à proximité du périphérique et en fonction des axes de transport, de type métro, ou transport lourd, de type RER. La desserte en transport est un élément discriminant de la dynamique territoriale comme l’illustrent les nouveaux développements autour de la station des Grésillons, à Asnières-sur-Seine, ou le futur grand quartier des Ardoines, à Vitry-sur-Seine. »

2007-2012, années de crise

L’évolution de l’emploi de 2007 à 2012 doit s’interpréter dans le contexte particulier de ces cinq années, marquées par la crise économique et donc une augmentation du chômage et des destructions d’emploi. Toutefois, l’Île-de-France a mieux résisté à la crise et la tendance est plutôt de nouveau à la hausse.
« Ainsi, si La Défense a subi des transferts de gros établissements, partis en Seine-Saint-Denis, on remarque un renouveau depuis 2012, pointe Vincent Gollain. De même, le Nord et la boucle des Hauts-de-Seine (T5 Boucle Nord 92 et T3 Grand Paris Sud Ouest) ont eu des livraisons de parcs d’activité. Quand au T2 Sud Hauts-de-Seine et T12 Val de Bièvre Seine Amont Grand Orly, ils ont bénéficié de la dynamique d’implantations tertiaires entre le  périphérique et l’A86. »

Les territoires des aéroports (T7 et T12) ont subi les impacts de « la mutation logistique, complète-t-il. La crise économique a eu comme conséquence de diminuer la mobilité et les activités de flux en pâtissent. Ainsi, le trafic du fret aérien cargo a été impacté. »

Adapter l’offre à la population

Emploi ne veut pas forcément dire taux de chômage bas. Le chômage frappe de façon très différente les 12 EPT et les taux se comprennent, entre autres, au regard de l’indice « attractivité de l’emploi ».

« On observe un contraste entre le sud-ouest et le nord-est, alors que l’est est plutôt dans une positon intermédiaire », relève Vincent Gollain. Ainsi, le T3 Grand Paris Seine Ouest et le T4 Le Défense sont en-dessous des 10 % tandis que le T2 Sud Hauts de Seine les dépasse à peine. A contrario, le T8 Est Ensemble, le T6 Plaine commune et le T7 Territoire des aéroports sont au-delà de 18 %.

« Les différences s’expliquent par la nature de la qualification des actifs résidents, décalée par rapport au marché, en particulier chez les jeunes. Il ne faut pas nier l’effet de discrimination par l’adresse. » A l’autre bout, au sud-ouest, la population comporte beaucoup d’actifs qualifiés qui s’insèrent plus facilement sur le marché du travail.

En outre, ces EPT défavorisés peuvent subir le poids de leur héritage historique de bassin industriel. « La fermeture d’usines, comme par exemple celle de PSA à Aulnay-sous-Bois, a laissé des actifs sur le carreaux. Cette tendance impacte les populations, en particulier les résidents, mêmes si de nouveaux pôles d’emploi se développent. Dans le Val-de-Marne, sur le secteur d’Orly-Rungis par exemple, « les emplois sont en meilleure adéquation avec les qualifications de la population locale », indique Vincent Gollain.

Paris est en soit un cas à part entière, avec de forts contrastes entre des quartiers conjuguant difficultés et nouvelles dynamiques d’emplois (Nord-Est) ou des sites portant de nouvelles dynamiques de développement (future halle Freyssinet, plus grand incubateur européen).

Les Grands moulins à Pantin, rénové par BNP

Les Grands moulins à Pantin, rénové par BNP Paribas. Une « enclave » de cadres dans un quartier plutôt défavorisé.

Ce hiatus entre qualification et offres d’emploi explique en partie la carte sur l’attractivité de l’emploi, avec des nuances, comme précise Vincent Gollain : « Saint-Denis (T6) et La Défense (T4) sont des pôles de navetteurs, mais de nature différente : Saint-Denis est marqué par le décalage entre la nature de l’emploi et les qualifications des habitants. Les dispositifs en direction des quartiers prioritaires ont permis de faire émerger de petites entreprises pourvoyeuses d’emplois pour les habitants à l’inverse des implantations de grands sites tertiaires qui drainent des salariés de toute la région. »

Un déséquilibre que des zones comme Orly (T12 Val de Bièvre Seine Amont Grand Orly), Créteil (T11 Plaine centrale Haut Val de Marne Plateau briard) et Clamart (T2 Sud Hauts-de-Seine) ont su éviter.

L’enjeu de la formation

Afin qu’offre et demande se rencontrent davantage sur un même EPT, les collectivités locales doivent relever « un enjeu de stratégie économique », pointe Vincent Gollain. Elles doivent veiller à développer des activités en phase avec les qualifications locales existantes ou potentielles. Dans ce contexte de mutation, l’enjeu local de la formation est donc majeur et certaines collectivités en ont déjà pris conscience. “Plaine commune est ainsi soucieux de développer des activités plus techniques, plus en adéquation avec sa population. De même, au Bourget, avec le développement d’un pôle aéronautique. C’est essentiel d’agir ainsi pour éviter les décrochages territoriaux, même si cela prend plus de temps », illustre-t-il.

Il y a un enjeu de fond sur la capacité de plusieurs grands projets – comme Europa-City, la Cité du cinéma, la reconversion des anciennes usines PSA d’Aulnay, les Jeux olympiques de 2024 ou l’exposition universelle de 2025…- à proposer de nouveaux emplois aux populations présentes sur le territoire.

Investissements publics massifs

Face à ces inégalités et ces défis, les pouvoirs publics répondent aussi par des investissements publics plus ou moins importants en fonction des difficultés. Ainsi,  le T6 Plaine commune (Seine-Saint-Denis) « reçoit des investissements publics pour l’aider à s’adapter », relève Vincent Gollain. Cette volonté se voit par la dernière génération du contrat de plan Etat-région (2015-2020), soit 7,3 milliards d’euros. Il est axé entre autres sur les transports, avec l’emblématique Grand Paris Express, mais aussi l’enseignement supérieur, une façon de monter en puissance sur la qualification.

Cette course de longue haleine va au-delà de la métropole du Grand Paris pour « s’interconnecter avec les projets extérieurs, dans un grand écosystème francilien », conclut Vincent Gollain. C’est à cette échelle que se jouent les dynamiques économiques de la région-capitale telles que le renouveau de l’industrie, la transformation numérique ou les industries créatives.

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