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Travail

Retour à l’emploi des allocataires du RSA : le Nord mise sur le multi-partenariat

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

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Pancarte emploi © Fotolia

Jean-René Lecerf, le président de ce département en mauvaise passe financière, a annoncé vouloir renforcer l'accompagnement des 30 % d'allocataires proches du retour à l'emploi, qui sont actuellement 150 000. Il espère ainsi économiser 200 millions d'euros.

 

« La solution ne viendra que de nous-même. Remettre à l’emploi une partie des 150 000 allocataires du RSA, c’est une question de vie ou de mort pour le département », a souligné à la presse Jean-René Lecerf (LR). Le président du département du Nord qui consacre 660 millions d’euros au versement du RSA, s’est exprimé jeudi 10 décembre 2015 en amont de la séance plénière du 17 décembre qui détaillera notamment les politiques d’aides à l’insertion professionnelle qui vont être déployées. Au menu : plusieurs axes de travail dont la création de huit plateformes de l’emploi et de l’insertion professionnelles dans les territoires. Multi-partenaires, ces entités veilleront à orienter et accompagner de façon fine les allocataires dès leur entrée dans le dispositif.

« Les chefs d’entreprises nous disent qu’il existe beaucoup d’emplois non pourvus en région. De l’autre coté, nous avons un tiers des allocataires du RSA qui ont des profils proches de l’emploi. Nous allons sur ces plateformes réunir des entrepreneurs et des travailleurs sociaux et mixer les cultures pour arriver à des résultats concrets et mesurables», explique Jean-René Lecerf.

Réduire de 30 % le nombre d’allocataires du RSA dégagerait 200 millions d’euros de ressource pour le département en très grande difficulté financière notamment à cause d’un reste à charge de 280 millions d’euros concernant le RSA et d’un endettement de 1,4 milliards d’euros.

« Dans certains arrondissements, les allocataires du RSA représentent 15 % des habitants. Face à cette situation grave et exceptionnelle, nous adoptons un dispositif exceptionnel. Nous reprenons ainsi la main sur l’accompagnement des 30 % d’allocataires proches du retour à l’emploi. Accompagnement qui était jusqu’à présent réalisé par Pôle emploi », explique Olivier Henno, le vice-président en charge de l’insertion au département.

Département, Pôle emploi, CCI, Medef, chambre d’agriculture…

Le département mise sur la création dans les territoires de ces huit plateformes qui réuniront le département, Pôle emploi, la CCI, le Medef, la chambre d’agriculture, la CGPME ou la chambre des métiers. « Nous mettons les mains dans le cambouis pour que tout le monde puisse travailler ensemble de manière efficace et coordonnée. Les gisements d’emplois se comptent en milliers il faut travailler de concert pour que les bénéficiaires puissent bénéficier prioritairement de ces emplois », positive Jean-René Lecerf qui ajoute que des objectifs seront fixés par plateformes.

Au sein de ces entités, le département souhaite privilégier la médiation directe. « Nous allons demander aux personnes les métiers qu’elles souhaitent exercer. Si ces professions sont en tension, nous proposerons des formations. Nous l’avons expérimenté avec de très bons résultats à Caudry avec la chambre des métiers et de l’artisanat et l’union professionnelle artisanale (Upa), notamment avec des formations en pâtisserie», détaille Olivier Henno qui souligne qu’actuellement en France seule une infime partie des fonds destinés à la formation professionnelle est utilisée pour former les allocataires du RSA.

Généralisation des clauses d’insertion

Autre levier évoqué par les élus, une généralisation des clauses d’insertion dans les marchés publics du département et des structures portées par le département. « Ces clauses existent depuis longtemps dans les marchés de construction et nous comptons sur le canal Seine-Nord pour créer des emplois. De plus nous voulons aussi désormais rendre ces clauses systématiques y compris dans les marchés de service, notamment pour donner accès à d’autres types de métiers, y compris féminins », détaille le président du département qui souhaite aussi lancer un chantier de réflexion pour un meilleur suivi et encadrement de ces clauses pour des effets plus pérennes.

Charte des droits et devoirs

Par ailleurs, le département souhaite envoyer un signal fort de reprise en main des politiques sociales par l’élaboration d’une charte des droits et des devoirs des allocataires. « Nous allons par exemple proposer des chantiers d’insertion auxquels les allocataires seront tenus de participer sous peine de suspension du RSA. Il s’agit, avec humanité et fermeté, de crédibiliser le modèle social », justifie Olivier Henno.

Un autre axe de cette politique de reprise en main consiste à améliorer la lutte contre la fraude. Lutte aujourd’hui effectuée par la Caf. Début 2016, une équipe du département sera dédiée à ces questions et un systéme de data mining permettra la consultation des fichiers bancaires en cas de suspicion de fraudes. « Ces moyens supplémentaires devraient permettre de récupérer 5 millions de plus que les 10 millions déjà récupérés tous les ans par la Caf », note Jean-René Lecerf.

En plus de toutes ces mesures, il ajoute que l’ADF va se réunir le 16 décembre pour muscler ses propos en direction de l’État concernant le risque de non paiement du RSA : « En 2015, le Nord était le seul département à ne pas avoir pu payer l’ensemble du RSA. En 2016 nous serons une vingtaine à ne pas pouvoir faire face au reste à charge ».

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  1. 1. cocotte 14/12/2015, 14h53

    Et les autre ceux qui n'ont pas de Rsa mais qui ne retrouve pas de travail

  2. 2. Miette - CNT STT 59 11/12/2015, 17h40

    C'est fou n'est-ce pas, le Conseil Départemental du Nord plus efficace que pôle emploi ! On se demande bien pourquoi les 30 % de RSA avec des "profils proches du retour à l'emploi" ne sont pas embauchés par les patrons qui déplorent que leurs offres ne trouvent pas preneur. On se demande également pourquoi ces 50 000 concitoyens, inscrits à pôle emploi, seraient plus employables que les 210 000 autres demandeurs d'emploi. Il est vrai que dans la situation des RSA, pris entre pôle emploi, la CAF, le CD 59 qui va multiplier les contrôles et les sanctions, ils n'auront pas vraiment l'occasion de refuser des "emplois" tellement peu attractifs qu'ils ne trouvent pas preneur sans schlague sur le libre-marché-du-travail !

    De fait, les chantiers d'insertion, on a déjà vu ça, ailleurs, dans les années 30, en Allemagne, mais les chômeurs pouvaient ou non s'y rendre sur la base du volontariat, ils bénéficiaient alors d'un petit plus. Nos libéraux changent de paradigme...

    Il s'agirait d'agir "avec fermeté mais humanité" déclare le Vice-Président : ces hommes-là servent leur classe.

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