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Lutte contre le terrorisme

Islamisme : les services des collectivités territoriales sont-ils touchés ?

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France, Toute l'actu RH

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Marianne_herreneck - Fotolia.com © Fotolia

Mis à part quelques cas épisodiques rapportés ici ou là, les incidents à caractère religieux semblent plutôt rares au sein des collectivités territoriales. Les accommodements à la laïcité ne feraient pas systématiquement l'objet de sanctions disciplinaires. Néanmoins, d'après les syndicats, la tension entre les agents de confessions différentes est parfois palpable.

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Cet article est paru dans
Le Club Prévention Sécurité

 

«Une salle de prière sauvage au Petit Palais » : les révélations du « Parisien », daté du 28 novembre 2015, sur les dérives de certains agents des musées de la ville de Paris, ne laissent pas d’interroger les managers territoriaux. Le quotidien régional rapportait la « dérive communautaire et la radicalisation de quelques agents » de la mairie de Paris, le prosélytisme de certains ou encore le refus de la mixité exprimé par d’autres.

Si ce type de phénomène reste rarissime parmi leurs agents, certains cadres et DRH reconnaissent avoir déjà été confrontés à des tenues vestimentaires à caractère religieux ou des demandes d’interruption du travail liées à la pratique de l’islam. Autant d’entraves ou d’accommodements à la laïcité qui, d’après les témoignages recueillis, se règlent simplement et ne font que très rarement l’objet de sanctions disciplinaires.

Muriel Gibert, membre de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines des territoires, a dû faire face à un cas flagrant de prosélytisme il y a quelques années : « Un agent voulait inciter d’autres collègues de confession musulmane à prier le midi dans les bureaux. Il tentait de les convaincre, se remémore-t-elle. Par chance, j’ai tout vu, tout entendu, et j’ai eu une longue discussion avec l’agent, puis un rappel des textes. Je n’ai plus jamais eu de soucis avec lui. Il cherchait clairement à tester les limites du système et aurait pu continuer sans mon intervention. »

Pas d’inquiétude syndicale

Et si la porte de son bureau n’avait pas été ouverte au moment de cette discussion entre collègues ? « Il ne serait pas pour autant passé entre les mailles du filet. Quand on sait faire son travail de manager, il y a des signes qui ne trompent pas : une attitude, un discours. »

Du côté des syndicats, on se veut tout aussi rassurant. « Il y a des marques d’appartenances religieuses mais pas d’affirmation politique d’un islam qui se voudrait radical, confie le secrétaire général du syndicat Supap-FSU Benjamin Poiret. On nous rapporte très rarement qu’un agent a refusé de serrer la main d’une collègue. »

Recrudescence des tensions ?

Même son de cloche pour Marie-Claude Semel, issue de la même organisation syndicale : pas de radicalisation à l’horizon, mais des rumeurs sur des prières en cachette dans les toilettes lors des pauses méridiennes. « Cela existe peut-être, mais de façon discrète. Ce qui change, en revanche, c’est la tension que cela crée au sein des services. Il y a beaucoup moins de tolérance qu’avant, certains ressentent de la rancune envers les collègues musulmans. Les discours racistes tendent à se banaliser autour de la machine à café. »

Loin de prôner la méfiance et la surveillance appuyée, Muriel Gibert est persuadée que « l’accommodement du vivre-ensemble », comme elle le nomme, est plus efficace. « Beaucoup de mes agents font le ramadan, alors, dans la limite du possible, j’essaye d’alléger la charge de travail. » Et de conclure : « Cela me paraît normal. »

Un climat de défiance confirmé par Bruno Collignon, président de la FA-FPT. « Récemment, j’ai entendu des collègues affirmer, en parlant du drame du 13 novembre, “ voilà où cela nous mène d’avoir été tolérants envers eux”, en évoquant des agents musulmans. La fonction publique doit être exemplaire en termes de laïcité, tout en faisant attention à ne pas stigmatiser une partie de ses agents. Sinon, on tombe dans le piège tendu par Daech. »

« Trouver des accommodations raisonnables »

Michel Younès, directeur du Centre d’études des cultures et des religions de Lyon

Le Coran dit que l’on peut regrouper les prières, donc il n’y a aucune raison qu’un employé demande à faire ses cinq prières par jour. De même, les sollicitations concernant la nourriture halal ne sont pas recevables. L’interdit, c’est le porc, point. Dans ces deux cas, il ne s’agit en aucun cas de discrimination. La mise à pied, c’est-à-dire l’application stricte du droit, doit être utilisée seulement quand toutes les autres médiations ont échoué. Il faut beaucoup de tact pour trouver des accommodements raisonnables. Si cela est compatible avec la charge de travail du service, un agent peut s’absenter de son poste pour aller prier à l’extérieur du lieu de travail et rattraper ce temps en fin de journée. L’important est de prendre à bras-le-corps ces questions.

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