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ETS  2015

Les cadres territoriaux, entre apathie et résistance

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France, Toute l'actu RH

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rassemblement-colloque-reunion-UNE © Sebastiaan ter Burg on Flickr CC 2.0

Les Entretiens territoriaux de Strasbourg (ETS) se sont clos le 3 décembre. Un moment d'échanges et de rencontres privilégiés pour les cadres de la territoriale.

 

« La période est très spéciale, entre apathie et résistance » reconnait-on dans les allées des ETS qui se sont clos le 3 décembre, à Lyon. Avec cette remarque quelque peu ironique, entendue entre deux ateliers : « L’intérêt, c’est que l’on mesure la capacité de résistance des cadres de la FPT : nous ressemblons à ces jouets, les «  culbutos » : nous tanguons sans jamais tomber. » Une image qui résume bien ce climat de cadres territoriaux, fatigués d’attendre, confrontés à des injonctions paradoxales, dans un climat d’urgence mais aussi d’inaction du politique.

Renouveler la façon de penser les services publics

Forcément, les enjeux financiers ont vite émergé des ateliers des ETS 2015. Pour la ville de Tours, la question du mode de gestion des services publics se pose avec d’autant plus d’acuité que les dotations de l’Etat pour la ville devraient reculer de 50 % d’ici 2017 et de 80 % pour son agglomération. « Comment préserver la proximité à moindre coût ? » interpelle Frédéric Baudin-Cuillières, DGS de Tours et de la communauté d’agglomération Tours Plus. Rejetant tout dogmatisme en matière de gestion, il s’interroge sur la capacité et le rôle de ses services à assurer certains services comme la surveillance du stationnement sur la voirie communale : « nous ne sommes pas en capacité d’investir dans ce domaine pour répondre au mieux aux évolutions du public comme le paiement par smartphone », assure-t-il.

De même, le réseau d’éclairage du patrimoine municipal « qui est mort et nécessite un gros investissement » pousse la ville à négocier avec « un opérateur historique » la gestion de ce service. Pour autant, il ne s’agit pas de se retirer de cette compétence déléguée à un tiers. « C’est notre devoir de contrôler et suivre le bon déroulement du service public », déclare le DGS. L’exemple de l’évolution stratégique de la Poste inspire ainsi Tours. La Poste, qui a su faire évoluer son dialogue social pour y arriver et opérer une diversification de service intéresse aussi l’Etat. Guy-Pierre Sachot, directeur du développement territorial du groupe a ainsi glissé que la certification d’immatriculation des véhicules pourrait bientôt être demandée via une application développée par La Poste ou directement en guichet. Une évolution qui nécessite la concertation en interne et le dialogue en externe avant d’investir dans ces nouveaux projets, qui peuvent être mal vécus.

Jouer pour faire revivre la citoyenneté

Animé par Armel Le Coz, co-fondateur de Démocratie ouverte, l’atelier « Territoire hautement citoyen »  est venu répondre par le jeu à la question : comment un citoyen peut-il être acteur de son territoire ? Exit les décisions descendantes, portes-ouvertes aux démarches citoyennes afin de repenser le schéma de gouvernance locale, telle est la règle du jeu de cet atelier pratico-pratique qui a également présenté de nouveaux dispositifs de participation.

« Au-delà de la mise en place des différents conseils – qu’ils soient de quartier ou citoyens – d’un budget participatif ou encore d’une votation citoyenne, d’autres outils de démocratie participative peuvent être développés afin d’intéresser les habitants à la vie citoyenne locale » explique l’animateur.

Ces nouveaux dispositifs, qu’ils soient déjà expérimentés dans des collectivités françaises ou encore à l’essai chez nos voisins européens, doivent « surtout faire l’objet de créativité et d’adaptabilité au territoire de la part de ceux qui les  mettent en place », précise Armel Le Coz.

On y découvre notamment :

  • « les Agoras, maisons citoyennes » comme à Nanterre où ce lieu de rencontres ouvert à tous permet d’y organiser, en dehors de la mairie et sans être en permanence à la recherche de salles publiques libres, des débats, concertations publiques ou autres ateliers citoyens ;
  • «  les comptoirs citoyens » parfois sur « roulettes » afin d’être mobiles sont des lieux de rencontre des citoyens, des « espaces de démocratie vivante » comme à La Seyne (Var) ;
  • «  les réseaux sociaux de quartier », plateformes de lien et d’information entre voisins de quartier, aujourd’hui d’initiative encore uniquement privée, se développent depuis quelques mois, à l’image de Peuplade à Paris ;
  • «  les crieurs publics » font leur grand retour comme à Autun (Saône-et-Loire) qui s’est doté depuis avril d’un crieur public, qui déclame les messages à la population, une fois par mois lors des marchés municipaux.

Aménagement du territoire : comment éviter les conflits ?

De la construction de logements sociaux jusqu’à celle d’un centre d’incinération des déchets en passant par une usine d’assainissement ou une aire d’accueil de gens du voyage, il serait aujourd’hui plus compliqué de faire sortir des projets de terre. Pour d’évidentes raisons financières, mais aussi géopolitiques : le consensus autour du « maire-bâtisseur » semble s’être brisé et les contestations, parfois violentes, sont devenues courantes. Si les cas de Notre-Dame-des-Landes ou de Sivens reviennent dans toutes les bouches, chaque territorial dispose d’un exemple en tête de « projets contestés » portés par sa propre collectivité ou un partenaire local. Sauf que, de l’aveu de certains cadres, ils ne sont « ni armés pour la concertation censée convaincre la population de l’opportunité du projet, ni pour la guérilla juridico-technico-administrative qu’il faut livrer ensuite contre les associations politisées et les administrations d’Etat pour réussir à mettre en œuvre le projet. »

Dès lors, alors que ce sujet s’invite pour la première fois aux ETS, les questions fusent. Comment mieux associer les usagers et les citoyens à la définition des projets stratégiques ? Comment arrête-t-on de décréter l’intérêt général pour le construire collectivement ? Le politique doit-il apaiser et éclairer le débat public, ou bien s’affirmer lorsqu’il est confronté au phénomène d’égoïsme local dit « NIMBY » [Not in my back yard] ? Une chose est sûre : les collectivités ne pouvant plus construire autant qu’elles ne le faisaient par le passé du fait des contraires financières leur pesant actuellement dessus, elles n’ont désormais plus le droit à l’erreur et sont contraintes d’innover dans leurs pratiques démocratiques.

La recherche, une solution pour des territoriaux dans le doute ?

Pour la sixième année consécutive, le CNFPT et l’Inet ont choisi de mettre en lumière quatre jeunes chercheurs – dont trois disposent de contrats CIFRE [Conventions industrielles de formation par la recherche] avec des structures publiques ou des délégataires de mission de service public – pour clôturer ces deux jours d’ateliers et de débats. Docteurs et/ou doctorants en droit public, science politique, économie, philosophie ou géographie sociale étaient donc invités à présenter, dans un court laps de temps, leurs travaux aux territoriaux.

Chacun leur tour, ils ont objectivé les pratiques des collectivités, interrogé les valeurs que les agents mobilisaient, opéré une distanciation critique avec des modes ou bien encore déconstruit des idées reçues, en évoquant aussi bien la prospective territoriale que le travail social, l’évaluation des politiques publiques et bien d’autres sujets. Quand le premier d’entre eux dénonçait par exemple notre système fiscal local « qui ne sera foncièrement jamais égalitaire » pour mieux insister sur le rôle qu’il pourrait justement avoir dans la lutte contre les inégalités, un autre mettait en garde contre les objets en vogue que représentent la « ville intelligente » ou le « solutionnisme technologique. »

L’idée de ce partage était d’illustrer à quel point la recherche académique peut être utile à la fonction publique territoriale. Les décideurs des collectivités ont tout intérêt à se rapprocher des chercheurs afin de revenir aux fondamentaux du service public et/ou approfondir leurs pratiques. Objectif : déconstruire leurs actions pour mieux les reconstruire en fonction des valeurs du service public.

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  1. 1. Antigone 2015 04/12/2015, 15h46

    Eh bien c'est pas la joie on dirait et ce n'est pas de là que vont sortir les solutions.
    Pour moi pas de mystère il faut rallumer les étoiles !
    J'en vois déjà trois à rallumer d'urgence :
    - le plein emploi qui doit redevenir l'objectif primordial des politiques publiques de tous les acteurs de l'Europe jusqu'à la plus petite commune ( le chômage de masse est le père de trop de maux de noter société),
    - l'ascenseur social qui reste bloqué entre les étages supérieurs qu'il faut relancer,
    - la faim et la pauvreté dans le monde qu'il faut combattre y compris chez nous.
    Ça suffit les états d'âmes regardons les états de services en ces domaines et au boulot !

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