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Climat : Entre +3 et +2 degrés, les autorités locales combleront le fossé

| Mis à jour le 07/12/2015
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Source : COP 21 

Au vu de la copie qu’ils ont remise en amont de la conférence climat, les Etats ne sauraient se passer de l’appui des territoires pour contenir le réchauffement sous les 2°C en 2100 (par rapport à 1880). Dans l’accord final du 11 décembre, les autorités locales veulent être reconnues comme actrices à part entière de la lutte contre le dérèglement.

« Insupportable ». Alors que l’objectif de la COP21 est de contenir le réchauffement global sous la barre des 2°C d’ici 2100 (1), « les contributions volontaires des Etats mettent le monde sur la trajectoire des 3°C, une perspective insupportable », alerte Ronan Dantec.

Pour le porte-parole de Cités et gouvernements locaux unis sur le climat, « il faut aller non vers les 2°C mais les 1,5°C, comme cela fut dit à la conférence de Cancun (2010) ».

Le sénateur (EE-LV, Loire-Atlantique) a présidé, le 2 décembre au Bourget, à l’adoption d’une déclaration des acteurs non étatiques (2), qui invite « les Etats à revoir à la hausse leurs contributions dès que possible ». Le texte se situe dans le prolongement de la déclaration de Lyon de juillet 2015, qui avait recueilli « un nombre record de signatures d’acteurs non étatiques dans l’histoire des négociations climat ».

Du terrain au sommet

A l’issue du sommet « Climat et territoires », les réseaux mondiaux de collectivités s’engageaient à réduire de 1,5 milliard de tonnes d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre. « C’est l’équivalent de ce qu’a réalisé l’Union européenne de 1990 à 2012 », compare Gino Van Begin, secrétaire général du réseau ICLEI (International Council for Local Environmental Initiatives, rebaptisé Local Governments for Sustainability en 2003)

« Aucun Etat n’atteindra ses propres engagements sans la mobilisation des acteurs non étatiques et sans approche territoriale, déclare Ronan Dantec. Le texte final doit ouvrir la gouvernance du climat à ces acteurs : c’est ce sur quoi portera notre lobbying dans les prochains jours. Nos initiatives, qui seront soumises à évaluation régulière, renforceront la crédibilité des engagements des Etats. »

Des villes impliquées

Pour Gino Van Begin, « l’accord aujourd’hui sur la table est très frustrant. Les Etats ont très clairement besoin d’engagements au niveau infra-étatique, où se trouvent des compétences, des technologies, des budgets. Le sommet de Lyon a montré la consistance des actions de terrain. »

Puisque « l’accord issu de la COP 21 ne sera assez performant pour assurer les 2°C, les villes prendront leur part pour combler le fossé, assure Patrick Klugman, adjoint aux relations internationales à la maire de Paris. Les collectivités locales sont coproductrices de solutions dans les négociations onusiennes. Quelque chose change. Ce que l’on fait va, à l’évidence, marquer les négociations climat et les relations internationales. »

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« A l’égal des Etats »

David Heurtel, ministre du développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques de la Province du Québec

En Amérique du Nord, c’est clairement au niveau des Etats fédérés que se trouve le leadership concret. La Province du Québec s’est donné l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre le plus ambitieux du Canada (3). Avec l’Etat de Californie, elle a créé le plus grand marché du carbone d’Amérique du Nord, que l’Ontario rejoindra en 2016. La Colombie britannique a instauré une taxe sur le carbone en 2010 et l’Alberta en fera autant l’an prochain. Du fait des Etats fédérés, le carbone aura un prix pour 80 % de la population canadienne en 2016.

Les échelons infranationaux (Etats fédérés, régions, villes) disposent des leviers essentiels pour lutter efficacement contre le changement climatique (urbanisme, transport, énergie, déchets). Les réseaux de collectivités ont fait pression pour être présents à la Cop21, qui doit leur conférer un rôle fondamental dans la mise en œuvre concrète de l’accord qui sera signé à Paris. Depuis la conférence préparatoire de Bonn, en octobre, une telle mention figure dans le préambule du texte qui se négocie au Bourget. J’ai bon espoir que l’accord final officialise cette reconnaissance. Cela conduira à une meilleure collaboration entre les acteurs infranationaux et les Etats-nations – bien trop lents sur le climat. Et avec lesquels nous devons agir comme des partenaires égaux.

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