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[BILLET] FONCTION PUBLIQUE

Fonctionnaires, entrez dans une nouvelle ère !

Publié le • Par • dans : Billets juridiques, France, Toute l'actu RH

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Jean-Marc Sauvé © Flickr CC By SA Wikimedia

Lors d’un colloque organisé, le 26 novembre 2015, par le ministère de la décentralisation et de la fonction publique intitulé « Incarner, défendre et promouvoir les valeurs de la République, pour refonder nos services publics et notre fonction publique », Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat, dresse un portrait au vitriol du fonctionnaire d’aujourd’hui. L’occasion de réfléchir à une nouvelle fonction publique.

 

« Le temps des incantations doit faire place à celui des réalisations », « il nous faut revivifier le modèle républicain », « nous reconstruire comme administration »… Tels sont les éléments de langage du discours prononcé par le vice-président du Conseil d’Etat, Jean-Marc Sauvé, lors du colloque organisé, le 26 novembre 2015, par le ministère de la décentralisation et de la fonction publique à l’Université Paris-Ouest Nanterre La Défense intitulé « Incarner, défendre et promouvoir les valeurs de la République, pour refonder nos services publics et notre fonction publique ».

Ces valeurs républicaines sont, pour le vice-président du Conseil d’Etat, « une éthique vivante et une règle d’action » pour tout fonctionnaire. Pour ce faire, ce dernier doit se plier à une triple exigence : « incarner ces principes et valeurs », « les combattre pour lutter contre toutes les formes d’intolérance et de violence » et les « promouvoir ».

Mais loin d’être un discours lisse rempli de bonnes intentions, les propos tenus par le vice-président du Conseil d’Etat sont ceux d’un haut fonctionnaire qui connaît les maux de son corps et qui ne se prive pas de dresser un portrait au vitriol du fonctionnaire d’aujourd’hui.

Fonctionnaire, un malade imaginaire ?

Pour ce faire, Jean-Marc Sauvé reprend les « maladies curiales » issues du discours du Pape François prononcé en décembre 2014 devant la Curie romaine mais en les infligeant aux fonctionnaires.
Parmi ces maladies, figurent notamment le « fonctionnarisme » c’est-à-dire « le manque d’imagination et d’audace et de la propension aux habitudes stériles ».

Ensuite, la « schizophrénie existentielle » qui conduit « à proclamer des grands principes sans chercher à les réaliser concrètement ni à se les appliquer ».

Viennent ensuite s’ajouter « la maladie de la rivalité et de la vanité » et, peut-être la pire des maladies, celle du « visage funèbre » qui selon le vice-président du Conseil d’Etat, « pousse à traiter ceux qu’on est censé servir avec hauteur et arrogance et à perdre tout sens de la proximité ».

Pour guérir de ces maladies, Jean-Marc Sauvé en appelle à réfléchir et à « rompre avec un certain confort et conformisme intellectuel et professionnel ». Si le « courage » semble être le maître-mot des moyens mis à disposition du fonctionnaire pour se réformer, l’évolution législative du statut de la fonction publique peut en être un outil pragmatique.

Adopté le 9 octobre par l’Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée et renvoyé à la commission des lois du Sénat, le projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires veut, pour la première fois, consacrer dans la loi les valeurs, reconnues par la jurisprudence, qui fondent la spécificité de l’action des agents : neutralité, impartialité, probité et laïcité.

La guérison par la législation, donc.

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  1. 1. JO 07/12/2015, 15h19

    Ce monsieur ne doit pas connaître beaucoup de fonctionnaires pour dicter des telles "projections personnelles" comme s'il s'agissait de réalités. Pour un cadre, nous avons là le comportement à éviter vis-à-vis de ses collègues. S'agissant de sa génération, je n'en suis pas étonné...........il s'agit du comportement optimale du cadre incompétent.

  2. 2. Buson 04/12/2015, 15h58

    A l'heure où les hauts fonctionnaires naviguent entre public et privé multipliant les conflits d'intérêt, reçoivent des primes colossales pour "restructurer" les services, autrement dit pour les supprimer, ces propos sont proprement indignes.
    Et si de mauvais comportements et de piètres exemples il y a, ils sont surtout dans la haute fonction publique dont Sauvé est l'incarnation.

  3. 3. Rappel 03/12/2015, 14h31

    Les réactions que je viens de lire concernant cet article ne vont pas dans le sens des propos tenus par ce haut fonctionnaire.

    J'ai à l'esprit un proverbe qui affirme que les agents sont à l'image de ceux qui les dirigent.
    Etant donné les éminentes fonctions exercées par M. Sauvé, je m'interroge sur l'application de ce proverbe auprès de l'instance qu'il dirige!

    Mais, M. Sauvé n'a pas tout à fait tord. Parr contre, comme on le dit souvent la réponse est dans la question.
    Comment peut-on imaginer qu'un agent soit motivé et mette en oeuvre la méthode voulue par M. Sauvé quand cet agent ne sait pas avec précision ce qui est attendu de lui?
    Concernant la "suffisance" de certains agents, dans le cadre de relations personnelles, j'ai rencontré des agents (je dis bien des) exerçant leurs fonctions au sein des services fiscaux; comme d'autres agents exerçant des missions régaliennes.
    Bien que l'échantillon soit modeste, je peux vous assurer que tous tenaient les mêmes propos. Comment imaginer alors que leurs réponses sont liées à des individualités? Ne peut-on pas penser qu'il s'agit de messages rabachés lors des formations de ces agents? et qui, dès lors, sont devenus une partie d'eux-mêmes?

  4. 4. interco 03/12/2015, 09h56

    Ah oui! De quels fonctionnaires parle-t-il?
    De ses potes qui organisent leur lutte de survie après prébendes et avantages au mépris du statut ou de ceux qui se sont illustrés durant les derniers attentas (flics, infirmières, médecins, aides-soignants, etc) ou encore de ceux qui au contact des précaires et des estropiés de la vie font consciencieusement leur boulot, et je ne parle pas de mission.

    Un peu de tenue, Monsieur le vice-Président.

  5. 5. fonctionnaire territorial 03/12/2015, 09h25

    Merci pour ce compte-rendu.
    Je doute cependant que JM Sauvé se soit laissé aller à de telles généralisations, injustifiables au regard de l'extrême diversité de la fonction publique.
    Et si le fonctionnarisme est « le manque d’imagination et d’audace et de la propension aux habitudes stériles », alors il n'est évidemment pas une spécificité du secteur public.

  6. 6. sabine 03/12/2015, 08h36

    ces incantations sont formidables mais qui valorise aujourd'hui dans la fonction publique ceux qui ont le courage d être mobiles, professionnellement et géographiquement, de bousculer les acquis et certitudes, de faire rentrer le monde réel dans ces environnements en vase clos ?
    Alors oui à l'obligation de mobilité public / Privé, à des parcours plus exigeants pour les cadres au moins, à l'interdiction de rester au delà de 10 ans dans un même poste et une même collectivité: la créativité se provoque , elle se nourrit de l'adaptation et de la confrontation de profils différents. Elle nécessite de l'énergie orientée sur la recherche de l'intérêt général et pas seulement sur la préparation de concours qui aujourd'hui fonde la reconnaissance catégorielle.
    Qui ose soutenir et encourager ces précurseurs? La loi ne pourra se passer de l'envie.

  7. 7. Gisèle Jamotte 02/12/2015, 18h47

    Bonjour,

    Monsieur Jean-Marc Sauvé ne s'adresse pas aux fonctionnaires en général, pas aux exécutants dont la conscience professionnelle et le sens du service public sont reconnus comme l'une des causes principales de la souffrance au travail notamment dans la FPT. Car les fonctionnaires soumis à la neutralité, l'obéissance et la réserve souffrent souvent de ne pas voir respecter les "valeurs de la République" par ceux qui les dirigent. Le discours de Monsieur Sauvé s'adresse à la technocratie. C'est elle qui souffre en premier de la "maladie de la vanité et de la rivalité", c'est elle qui manque d'imagination formée dans des écoles où on formate la pensée unique. C'est elle qui est illettrée en informatique et techniques d'information, illettrée aussi en simple humanité. C'est elle qui est sclérosée, qui manque d'imagination mais qui prospère, prospère, prospère. Les élus laissent faire, gobent tout ce que leur technocratie leur raconte et s'éloignent, s'éloignent, s'éloignent des citoyens. Mais existe-t-il encore des politiques ?

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