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Sociologie de la délinquance

« Les chercheurs ne sont plus perçus comme des trublions » – Laurent Mucchielli

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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Laurent MUCCHIELLI, Sociologue, directeur de recherche au CNRS et directeur de l'observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS) © C. Almodovar

Après quatre ans d’existence, l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS), en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ferme ses portes. Son concepteur, le sociologue et directeur de recherche au CNRS, Laurent Mucchielli, organise vendredi 4 décembre un colloque à Aix-en-Provence pour dresser le bilan final de cette structure inédite en France, véritable ovni dans le paysage de la sécurité destiné à faire le pont entre la science et les politiques locales de prévention. 

 

Créé en 2011, l’ORDCS s’était fixé l’objectif de réunir des experts scientifiques pour accompagner les communes. Pourquoi décidez-vous d’y mettre fin aujourd’hui ?

J’avais annoncé dès le départ qu’il s’agissait d’une expérimentation de quelques années. Cinq ans, cela me paraît bien comme test. De fait, le réseau de l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux est stabilisé depuis environ un an et demi. Il regroupe une quarantaine de personnes dans le milieu académique.

D’autre part, la convention signée entre l’université, le CNRS et la région arrive à terme le 31 décembre, juste après les élections régionales. Nous verrons si la prochaine majorité veut continuer une collaboration avec l’université, et dans quels termes. Mais il est clair que si le Front national (FN) gouverne la région, je ne travaillerai pas avec eux.

Vous avez travaillé avec plusieurs collectivités locales des Bouches-du-Rhône (Marseille, Aubagne, Septèmes-les-Vallons, Aix-en-Provence). Quel bilan en tirez-vous ?

C’est d’abord un succès du point de vue de la recherche scientifique, avec la production de connaissances nouvelles sur les phéno­mènes de délinquance, sur la police, la justice, les politiques de sécurité et de prévention. C’est ensuite un succès du point de vue des relations avec les professionnels (policiers, magistrats, travailleurs sociaux). La confiance s’est installée au fil du temps et de l’expérience, et les chercheurs sont de moins en moins vus comme des trublions extérieurs et inutiles.

En revanche, le bilan avec les collectivités est très mitigé. Nous avons bien travaillé avec les techniciens, dont l’analyse et ­l’action sont orientées vers la résolution des problèmes et parfois leur anticipation. C’est plus compliqué avec les élus, qui privilégient souvent une logique d’affichage et de communication plutôt que de diagnostic et d’évaluation.

L’élaboration d’une politique de sécurité est parfois difficile pour les collectivités. Quels conseils leur donnez-vous ?

D’abord, se situer dans l’action partenariale de façon très volontariste, car les cloisonnements institutionnels restent forts et les administrations d’Etat continuent à ne rendre de comptes qu’à leur hiérarchie. Ensuite, s’efforcer de dépolitiser ces questions pour faire travailler davantage ensemble les niveaux de gouvernance.
En outre, renforcer le statut du coordonnateur prévention sécurité : il est trop souvent un technicien sans véritable place dans l’organigramme municipal, sans budget ni pouvoir.

Par ailleurs, réformer la police municipale, qui est trop souvent une police nationale « bis » alors que le besoin est celui d’une police de proximité, au contact quotidien de la population. Les collectivités pourraient aussi piloter une vraie politique partenariale de prévention, en s’appuyant sur les ressources du territoire et sans oublier les associations.

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