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COP21 : ce qu’il faut retenir de la première semaine

| Mis à jour le 07/12/2015
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Source : COP 21 
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La Conférence de Paris de 2015 sur le changement climatique (Cop21) a débuté le 30 novembre dernier. Retour sur une première semaine riche en initiatives et en annonces pour les collectivités territoriales.

Le rôle àDeclaration-acteurs-non-etatiques jouer des collectivités

Sommet des Élus locaux pour le Climat – Le Sommet des élus locaux pour le climat se déroulait ce 4 décembre à l’Hôtel de Ville de Paris. Réunissant 700 maires, l’événement, à l’initiative d’Anne Hidalgo et de Michael Bloomberg, respectivement maires de Paris et ancien maire de New York, avait pour objectif de rappeler le rôle crucial des villes dans la lutte contre le réchauffement climatique.

A l’issue du Sommet, une déclaration a  émergé, engageant les maires signataires à réduire de 3,7 gigatonnes par an, à l’horizon 2030, les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à « soutenir la transition vers une énergie 100% renouvelable sur nos territoires d’ici à 2050″, a indiqué l’Usine Nouvelle ce 4 décembre. [Lire notre article sur le sujet]

 

Déclaration des acteurs non étatiques - Le 2 décembre au Bourget, une déclaration des acteurs non étatiques (regroupant des gouvernements locaux et infra-nationaux, des entreprises, des ONG, etc.), a été signée dans le but de « rappeler un certain nombre de priorités pour l’accord qui doit être conclu à Paris », notamment celui d’encourager les Etats à « revoir à la hausse leurs contributions », et de fixer l’objectif de limitation de la température d’ici à 2100 à 1,5 degré, et non pas 2 degrés.

« Nous rappelons notre mobilisation pour que les dynamiques concrètes des acteurs non-étatiques viennent en renfort des actions des Etats, facilitent ces réévaluations. A Lyon, les collectivités se sont déjà fortement engagées sur des réductions de leurs émissions, notamment pour la période 2015-2020″, précise aussi le document. [Lire notre article sur le sujet]

Les douze objectifs des départements – Les départements ne comptent pas non plus rester de côté dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le 2 décembre, l’Assemblée des départements de France a publié ses 12 objectifs pour le climat.

Le document, qui rappelle que ces collectivités ont aussi les moyens d’agir, se donne notamment pour objectif de lutter contre la précarité énergétique, de renforcer l’éducation climatique dans les collèges, ou encore d’agir pour la préservation des ressources et de la biodiversité. [Lire notre article sur le sujet]

hand holding eco house icon in natureDéveloppement durable : les trois infos à retenir

5,2 milliards d’euros pour la résilience - Le concept de résilience n’est pas nouveau dans l’univers des collectivités mais on en parle de plus en plus. Lors d’une journée consacrée à cette thématique le 2 décembre au Bourget (dans le cadre du Programme d’actions Paris-Lima), 21 métropoles mondiales se sont engagées à consacrer 10% de leur budget à des projets de résilience urbaine, en s’appuyant sur le réseau « 100 villes résilientes » initié par la Fondation Rockefeller. Ce qui représente tout de même une somme de 5,2 milliards de dollars !

A noter que le 6 octobre dernier, la Ville de Paris annonçait qu’elle rejoignait elle aussi ce réseau et qu’elle allait bénéficier d’une aide pour la création d’un poste de responsable en chef de la résilience, qui travaillera à la création d’un plan de résilience.

Fonds vert - La Ville de Paris est la première collectivité a contribuer au Fonds vert pour le Climat des Nations Unies (qui a été initié lors du Sommet de Copenhague, en 2009, et créé en 2010 à Cancun), avec une dotation d’un million d’euros. Ce Fonds soutient les projets d’atténuation et d’adaptation au dérèglement climatique dans les pays les plus impactés, et s’inscrit dans une logique de solidarité nord-sud. Le montant de ce fonds était de 10 milliards de dollars en 2014, une somme encore insuffisante puisque l’objectif est d’atteindre 100 Md$ d’ici 2020.

Eau - Lors de la session dédiée à la résilience, le 3 décembre, Ségolène Royal a signé le « Pacte de Paris sur l’eau et l’adaptation au changement climatique dans les bassins des fleuves, des lacs et des aquifères« , qui engage 280 partenaires. Porté par le Réseau international des organismes de bassin, cet accord cherche à mobiliser largement les organismes de bassin, avec l’objectif de renforcer leurs anticipations et leurs actions d’adaptation.

maison-energieÉnergie  : un engagement fort d’acteurs publics et privés

La COP21 est à la base un processus de négociation interétatique, mais on a pu voir que la tenue de cet évènement mondial unique – avec la présence très médiatique de 150 chefs d’Etat – a déclenché, par un effet de dominos, l’engagement de tous les acteurs publics et privés. Parmi les actions de ce type, on peut noter :

  • La réduction des investissements dans le charbon : de nombreux acteurs ont annoncé l’arrêt des financements liés au charbon. Tout d’abord le secteur financier, et notamment les 5 principales banques françaises qui, selon la Tribune, auraient apportés 129 milliards d’euros de financement dans les énergies fossiles entre 2009 et 2014, contre 18 milliards dans les énergies renouvelables…
    Les banques américaines Morgan Stanley et Wells Fargo ont fait de même, tandis qu’en octobre, c’était l’énergéticien Engie qui avait annoncé une telle mesure.
    De leur côté, les deux organisations 350.org et Divest-Invest ont présenté un bilan, le 3 décembre de leur action, avec 500 organisations ayant pris des engagements pour se désengager des énergies fossiles, ce qui représenterait 3400 milliards de dollars d’actifs !
  • Le passage à une offre d’électricité 100% renouvelable : c’est le cas du Sénat, qui a annoncé le 3 décembre son passage à une offre de ce type à compter du 1er janvier 2016. Après avoir adhéré, en mai 2015, à l’achat groupé par l’Union des groupements d’achats publics (UGAP), le Sénat a décidé cette fois d’opter pour une offre de fourniture d’électricité verte à 100%.
    Le 1er décembre, c’est le groupe 3F qui a annoncé une action similaire, avec un contrat de trois ans signé avec Direct Energie pour la fourniture d’une électricité « 100 % énergie verte ». Cet achat correspond aux parties communes de plus de 30 000 logements répartis sur 265 sites en Ile-de-France.
  • Paris exemplaire : Paris, ville hôte (1) du sommet COP21, se devait d’annoncer des mesures ambitieuses. C’est le cas avec la présentation d’un plan stratégique de transition énergétique : fourniture des équipements à 100% en électricité renouvelable, installation de puits de géothermie et de panneaux solaires ou encore réhabilitation thermique des bâtiments : ce sont 800M€ qui seront investis d’ici 2020.
    Sur la question plus spécifique du choix d’un nouveau fournisseur d’électricité 100% renouvelable pour sa facture de 34 millions d’euros annuels (pour une quantité de 282 MWh), la ville a réussi un coup double : en plus de verdir son électricité, elle va économiser 2 millions d’euros.

Plusieurs « alliances mondiales » ont été lancée lors de la COP21 pour créer des dynamiques dans certains secteurs stratégiques :

  • Energie solaire - La première à avoir été créée est l’Alliance solaire internationale (ISA), présentée le 1er décembre et dont l’initiative revient à l’Inde. L’objectif est d’atteindre un montant d’investissement de 1000 milliards de dollars américains d’ici à 2030 « pour déployer massivement une énergie solaire à un prix accessible », selon la déclaration commune. Elle regroupera 120 pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. L’essentiel de cette somme de 1000 Mds$ sera apportée par Terrawatt, une initiative lancée par Engie et aidant les membres de l’ISA à agir.
  • Bâtiment - L’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction va regrouper 20 pays, 8 grands groupes (2) et plus de 50 organisations nationales et internationales, réseaux de professionnels ou financeurs. Parmi ses objets, la volonté de mettre en réseau les autorités publiques en charge de la construction, pour faire converger les réglementations et les financements, vers des stratégies bas-carbone.
  • Géothermie - Ségolène Royal a souligné que la géothermie était insuffisamment développée et a déclaré le 1er décembre son soutien à l’Alliance mondiale pour la géothermie. Celle-ci s’est fixée pour objectif de multiplier par 5 la production d’électricité à l’horizon 2030 et de multiplier par 2 la production de chaleur à partir de la géothermie.

Le traintermodalite-CG-cote-dornsport, un secteur qui s’engage aussi

La première semaine de la Cop21 n’a pas non plus fait l’impasse sur la question des transports, puisque, le 3 décembre dernier, une matinée dédiée à ce sujet a eu lieu. Et pour cause, les actions visant à réduire les émissions de GES dans ce secteur (premier émetteur de gaz à effet de serre en France, par exemple), sont essentielles pour lutter contre le réchauffement climatique. Au cours de cette matinée, plusieurs initiatives visant à réduire les émissions polluantes et à favoriser la mobilité durable ont été présentées. Parmi elles, on trouve :

  • La déclaration de Paris sur la mobilité électrique et le changement climatique. Ce texte, visant au développement de la mobilité électrique, a été signé par des régions et Etats du monde entier, dont la France. Il se fixe pour objectif de faire en sorte que d’ici à 2030, 20% des flottes de véhicules dans le monde (camions, voitures, etc.), soient électriques.
  • La Global Fuel Economy Initiative (GFEI), dans laquelle 40 pays se sont engagés en 2015, et qui vise à développer des politiques en faveur de l’efficacité énergétique des véhicules. GFEI a notamment pour objectif « de doubler l’efficacité énergétique des flottes de véhicules légers dans le monde d’ici 2050, ce qui reviendrait à une réduction de plus de 30 gigatones de CO2 d’ici 2050 », indique un communiqué du 3 décembre du Plan d’actions Lima-Paris (LPAA).
  • La déclaration C40 pour des bus propres. Ce document, signé par 23 villes dans le monde, engage ces dernières à favoriser les solutions de motorisation propres pour les flottes de bus de leurs réseaux (électriques, hybrides, hydrogène…). L’objectif est également de lancer un appel aux fabricants, opérateurs, organismes de financement, etc., du monde entier, pour qu’eux aussi soutiennent ce type d’actions.
  • Enfin, l’Union internationale des transports publics (UITP), a publié ses engagements dans une déclaration. Le texte, soutenu par 110 autorités organisatrices de transport, a pour but de doubler la part de marché des transports publics d’ici à 2025, et d’intensifier les efforts pour s’adapter et se préparer au changement climatique.

La France se mobilise – Toujours dans le cadre du Focus Day du 3 décembre, Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, a annoncé plusieurs initiatives visant à accélérer les actions pour le climat dans les transports. Outre le soutien apporté à certaines initiatives telles que la Déclaration de Paris pour la mobilité électrique, la principale mesure présentée a concerné le lancement d’un appel aux industriels pour le développement des voitures électriques à moins de 7000 euros. L’objectif : démocratiser ces véhicules, alors que l’automobile reste de loin le mode de déplacement préféré des Français (85,2% de part modale).
De même, la ministre a annoncé le lancement d’un plan national pour les routes à énergie positive, visant notamment à développer le déploiement de cellules photovoltaïques pour produire de l’électricité.

Avec la RATP, le bus de demain, c’est pour aujourd’hui – Le 2 décembre dernier, la RATP présentait en exclusivité 12 modèles de bus propres d’un nouveau genre, à l’occasion de la COP21. Cette présentation se tenait dans le cadre de son Plan Bus2025, qui prévoit, en partenariat avec le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), de remplacer l’intégralité des bus à moteur thermique de la régie francilienne par des véhicules verts d’ici à 2025 (l’objectif étant d’avoir une flotte composée à 80% de véhicules électriques et à 20% au biogaz, avec une phase de transition vers des hybrides). Parmi les véhicules présentés, figuraient notamment le tout nouveau BlueBus, de Bolloré, le célèbre bus à biberonnage Tosa, se rechargeant en station en 15 secondes, ou encore le véhicule hybride Mercedes-Benz Citaro FuelCELL-Hybrid, qui, comme son nom l’indique, est équipé d’une motorisation hybride, combinant moteur électrique et pile à combustible.

Cette présentation, et plus particulièrement le projet francilien de verdissement des flottes, pourrait permettre d’ouvrir la voie de la transition énergétique à d’autres collectivités. En effet, la commande à grande échelle de ce type de véhicules (dont le coût, sur une durée de vie de 12 ans, est 75% plus élevé qu’un véhicule thermique), pourrait permettre de réduire la facture à l’achat, et donc, les rendre plus accessibles.

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