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“La BEI gardera des lignes de financement importantes si c’est le souhait des collectivités”

Publié le • Par • dans : Actualité Club finances, Europe

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banque européenne d'investissement © Flickr cc by 準建築人手札網站 Forgemind ArchiMedia

Chaque année, la Banque européenne d’investissement (BEI) investit de 4 à 5 milliards d’euros au profit des collectivités françaises. « C’est une priorité », explique Ambroise Fayolle, son vice-président en charge de l’innovation. Qui tord le cou à une critique : non, la BEI ne soutient pas que les « gros » projets.

 

La BEI est devenue un bailleur important pour les collectivités territoriales. C’est une évolution depuis la crise ?

Oui, nous sommes plus impliqués qu’auparavant auprès des collectivités. En réalité, c’est la conséquence de deux choses. La première, c’est que les sources de financement des collectivités territoriales se sont raréfiées depuis la crise et donc nous avons pris le relais. La deuxième chose, c’est que nos actionnaires nous ont permis une augmentation de capital, fin 2012, et que nous avons dès lors pu augmenter notre force de frappe vis-à-vis des collectivités, notamment dans des pays comme la France où les besoins de financement sont importants. En France, cela représente quand même maintenant de l’ordre de 4 à 5 milliards d’euros par an. Je peux vous dire que c’est une priorité pour nous et qu’on gardera certainement dans le futur des lignes de financement importantes si c’est le souhait des collectivités.

Que pouvez-vous leur apporter à ces collectivités ?

Nous leur apportons – et en cela nous avons une vraie spécificité de banque publique – des financements pour des durées très longues et à des taux très bas. Ce sont des taux de marché pour nous, mais comme nous avons un triple A, ces taux sont très bas. Du point de vue des collectivités, que ce soit pour les investissements dans les écoles, les hôpitaux, les tramways ou les routes, c’est évidemment un point extrêmement favorable puisque la rentabilité liée à ces projets est souvent très longue.

A quoi doivent faire attention les collectivités en s’adressant à vous ? C’est quoi un « bon projet » BEI ?

On ne regarde pas nécessairement la même chose que les autres institutions financières. Nous, on regardera en particulier la cohérence d’un projet avec les priorités européennes. Nous sommes la banque de l’Union européenne, on est là pour financer les projets qui sont considérés comme prioritaires en Europe. On a quatre priorités en particulier : l’innovation, les infrastructures, le soutien aux PME et le changement climatique. Donc pour chaque projet, une équipe d’ingénieurs regarde très précisément s’il répond bien aux objectifs de l’UE…et il y a des choses que l’on ne fera pas. Soit parce que l’on considère que ce n’est pas le métier d’une banque publique, soit parce que cela ne correspond pas aux priorités de l’UE. Un bon projet, c’est donc un projet qui a les caractéristiques techniques, financières, commerciales et économiques d’un projet classique, et qui, en plus, répond aux objectifs politiques de l’UE. Il y a un peu plus de deux semaines, j’étais par exemple en Auvergne pour financer un prêt à la région pour la rénovation de lycées. On a inclus, nous, dans ce projet, un certain nombre d’exigences, notamment en matière d’amélioration de l’efficacité énergétique des lycées ou d’accès aux personnes à mobilité réduite.

On a souvent entendu les petites collectivités se plaindre que la BEI intervient surtout pour les gros projets. Une critique justifiée ?

Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Il y a eu une évolution depuis la crise. D’abord, on a eu plus de moyens pour développer les prêts dans le secteur des collectivités, avec l’augmentation de capital dont j’ai déjà parlé. C’était très important pour le financement de l’ensemble des collectivités à un moment où l’un des acteurs majeurs – en l’occurrence Dexia – s’est un peu retiré de ce marché. La critique qu’on avait pu entendre jusqu’alors – « vous prenez la place d’autres institutions financières » – a disparu avec la crise. Et on a aussi développé les prêts avec les petites entités. Pour ces enveloppes-là, on le fait souvent en étant intermédié. C’est-à-dire qu’on n’a pas forcément une présence très forte sur les territoires au niveau local, en revanche nous avons des partenaires qui sont présents. Parmi eux, la Caisse des Dépôts. Nous avons signé à Paris, en novembre, un prêt de 2 milliards d’euros à la Caisse des Dépôts pour permettre le financement de petits projets d’investissement, notamment des projets de moins de 25 millions d’euros. Ça, c’est une vraie réponse à la critique sur les petits projets. Simplement, la réalisation sera faite dans le cadre de l’action de la Caisse des Dépôts.

Si vous aviez un instrument spécifique à mettre en valeur pour les collectivités ?

Je dirais « Jeremie ». Les ressources sous forme de subventions deviennent rares, parce que les contraintes budgétaires sont plus fortes qu’avant. L’idée de départ de « Jeremie » est de combiner ces ressources financières rares avec d’autres ressources pour en faire un fonds dont l’argent servira de levier pour le financement de projets. On le fait par exemple dans le Languedoc-Roussillon et en Basse-Normandie. En gros, la région va mettre une partie des ressources qu’elle obtient de l’UE, des fonds structurels, avec de l’argent qui vient du secteur privé, de la Caisse des dépôts, etc. Et le remboursement des prêts octroyés permet de reconstituer la capacité initiale de financement et de faire de nouveaux prêts. On est en train de lancer la deuxième génération de cet instrument. Le démarrage n’a pas toujours été facile parce que c’est un produit assez innovant dans sa conception, qu’il nécessite une implication très forte des équipes de la région. Mais ce que l’on voit là où il est mis en œuvre, dans le Languedoc notamment, c’est un très grand succès. Nous en tout cas, on le propose aux collectivités, on pense que c’est un instrument intelligent à un moment où la ressource budgétaire est rare. Maintenant, chaque région peut considérer qu’elle préfère utiliser d’autres instruments.

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