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Fonction publique

« Pour une intransigeance totale face aux idées du Front national » – Baptiste Talbot (CGT)

Publié le • Par • dans : A la une emploi, A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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TALBOT-Baptiste[1] © Baptiste Talbot

Baptiste Talbot a été réélu secrétaire général de la Fédération CGT des services publics, lors du congrès de cette fédération qui s’est tenu du 23 au 26 novembre à Poitiers. Il évoque pour La Gazette l’actualité tragique de ces dernières semaines, et l’avenir de la fonction publique.

 

Que retenez-vous du 11e Congrès de la Fédération CGT des services publics qui s’est tenu du 23 au 26 novembre à Poitiers ?

Il aurait pu y avoir division. Or le bilan d’activités a été approuvé à 99 %, le rapport d’orientation à plus de 83 %, et la direction a été réélue à plus de 92 %. C’est satisfaisant car ce n’était pas acquis. La fédération est rassemblée et combative. Même si le contexte est compliqué, il y a une vraie envie d’élever le niveau de la mobilisation.

Ce congrès était notamment tourné vers l’international. Sur quels thèmes ?

Nos collègues de la Fédération syndicale européenne des services publics et de l’Internationale des services publics sont intervenus avec des temps forts, notamment sur l’idée que la logique à l’oeuvre est posée à l’échelle internationale et européenne. C’est aussi là qu’il nous faut travailler. On en a débattu. Le témoignage de nos collègues portugais a montré un stade avancé de dégradations de moyens consacrés aux politiques publiques.

Votre rapport introductif au débat général du 11e Congrès fédéral a été ovationné. Qu’est-ce qui a touché les militants ?

Ce rapport correspond à ce que mes collègues ressentent. Il a ouvert des perspectives. La période est extrêmement compliquée et difficile. Le congrès a permis de se retrouver et de se rassembler.

Dans ce discours très politique, vous vous prononcez clairement contre le Front national et l’extrême-droite. Est-ce le rôle d’une organisation syndicale de prendre position pour ses adhérents ?

C’est la conception de la CGT. La question de l’extrême-droite a été très présente durant le congrès, avec celle du racisme au sens large. Il était important que la CGT se prononce par rapport à nos collègues d’origine étrangère et réaffirme un certain nombre de principes.

La question de l’extrême-droite a été très présente durant le congrès, avec celle du racisme au sens large

Ce congrès s’est tenu à moins de deux semaines du premier tour des élections régionales des 6 et 13 décembre. Etes-vous inquiet sur l’issue des scrutins ?

Une, deux ou trois régions risquent de basculer à l’extrême-droite. Or nous observons que dans les villes gérées par le Front National, ce parti ne s’inscrit pas en rupture avec les politiques d’austérité. C’est même le contraire. Outre le fait que l’on combat sa politique de discrimination à l’égard de certaines parties de la population, nous avons des inquiétudes sur le sort des régions. Marion Maréchal Le Pen annonce qu’elle supprimera les emplois des fonctionnaires qui partent à la retraite. Marine Le Pen parle de réduction importante des effectifs. On est frontalement opposé à ces positions. Se pose aussi la question des libertés syndicales et d’expression.

Le revirement d’anciens militants CGT passé au Front national et l’analyse des votes de vos sympathisants aux élections de 2014 montrent des porosités avec le discours du Front national. Comment réagissez-vous ?

C’est une réalité. On ne va pas se la cacher. Les idées du Front national progressent, hélas, parmi les fonctionnaires territoriaux. Mais nous sommes pour une intransigeance totale des militants CGT face aux idées du Front national. On estime que c’est une politique dangereuse pour les personnels et pour les politiques publiques.

Les idées du Front national progressent, hélas, parmi les fonctionnaires territoriaux

Depuis les attentats, comment réagissent vos militants ?

Par la sidération, comme tout le monde. Mais aussi par de l’amertume et de la colère. Ces événements rappellent que dans la réaction immédiate et dans l’urgence, il y a un besoin de services publics efficaces. On a beaucoup parlé du rôle des personnels de sécurité et de santé et de la police nationale dans ces événements.

Mais de nombreux personnels territoriaux ont été confrontés aux conséquences des attentats. Je pense notamment à nos collègues agents de la ville de Paris qui sont allés nettoyer les trottoirs pleins de sang dans le onzième arrondissement. C’était aussi pour eux des moments difficiles.

Dans la réaction immédiate et dans l’urgence, il y a un besoin de services publics efficaces

Vous maintenez votre appel à la grève le 2 décembre, jour du jugement de 5 militants CGT de la compagnie Air France dont le DRH a vu sa chemise déchirée durant le conflit. En quoi cela concerne-t-il les territoriaux ? Ce mouvement social est-il judicieux dans le contexte actuel ?

Le discours officiel selon lequel les fonctionnaires sont formidables ne correspond pas aux politiques mises en œuvre. On parle beaucoup des personnels de sécurité mais on n’a pas entendu qu’il y aurait plus de moyens pour d’autres politiques.

On sent que les décisions prises vont continuer de créer les conditions pour assister à des dérives où de jeunes Français en arrivent à tuer leurs compatriotes. Il faut donc insister sur l’éducation et sur les services publics de proximité. Malgré l’état d’urgence, il n’y a pas de trêve sociale.

Malgré l’état d’urgence, il n’y a pas de trêve sociale

Vous n’avez pas signé l’accord sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR). Il n’y a vraiment rien à en retirer selon vous ?

C’est le calendrier de cet accord que nous contestons. Tout un tas de mesures sont renvoyées à 2017. Leur étalement ne répond pas aux attentes des agents. La part d’incertitude est trop importante.
Et l’accord PPCR comprend des reculs objectifs, par exemple la suppression de l’avancement d’échelon au minimum. C’est un vrai problème alors que cette possibilité permettait de compenser des baisses de pouvoir d’achat.

Il y aura une négociation salariale en février. Un processus syndical unitaire est en train de se mettre en place. On veut mettre la pression sur le gouvernement. Marylise Lebranchu a dit qu’il y aurait des mesures mais aussi qu’il ne fallait pas s’attendre à grand chose. On retient la première phrase et on va faire pression pour qu’il y ait vraiment des mesures.

Tous les collègues sont en outre extrêmement inquiets sur la réforme territoriale. Le but de cette réforme n’est pas de rendre la démocratie et le service public plus efficaces. On en réduit les moyens et l’on éloigne les lieux de décision des citoyens.

Le but de la réforme territoriale n’est pas de rendre la démocratie et le service public plus efficaces

Patricia San Martin, déléguée syndicale CGT de la ville de Sevran, fait partie, avec sa fille Elsa, des victimes du Bataclan. Elle est inhumée lundi 30 novembre. Que ressentez-vous ?

C’est elle qui m’a fait adhérer à la CGT. J’ai travaillé dans son service à la bibliothèque de Sevran où j’ai commencé en 1997. J’étais attaché du patrimoine avant de prendre des responsabilités nationales en 2004. Ce lundi, j’ai la lourde tache de lui rendre hommage. Je vais redire ce que l’on a déjà dit pour lui rendre hommage. Patricia s’est battue toute sa vie pour le service public. A la CGT, nous sommes extrêmement touchés par ce qui s’est passé à Paris. Le plus bel hommage à lui rendre, c’est de continuer à se battre pour le service public et pour un monde plus juste et de paix.

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  1. 1. patrice 01/12/2015, 14h16

    il est logique qu'un syndicat en charge de défendre tous les fonctionnaires territoriaux condamne le front national et ses thèses.

    Critiquez les syndicats si vous voulez mais avec un minimum de réflexion et de connaissance ce serait plus constructif

  2. 2. gefajeth 01/12/2015, 22h05

    Il serait utile que vous suiviez déjà vous même les conseils que vous donnez aux autres concernant vos connaissances très hypothétiques et approximatives concernant les soi disant "thèses" (raciales peut-être d'après vous ?). Vous nagez en plein délire mon pauvre.

  3. 3. mac 01/12/2015, 12h02

    Amusant... La CGTrejette les idées du FN... Pile-poil ce que vient de déclarer M. GATTAZ pour le MEDEF en condamnant le programme économique du même parti, l'assimilant au programme de la gauche en 1981!
    Donc ce programme économique devrait plaire à la CGT non? Et en plus M. MARCHAIS n'était pas le dernier à demander la préférence française non?
    Curieux comme les choses changent ...O tempora o mores

  4. 4. pascal 01/12/2015, 11h22

    une fois de plus un syndicat qui s'occupe de politique. Comment s'étonner de la désaffection des travailleurs par rapport aux structures qui sont sensées les défendre. Messieurs les syndicalistes, revenez à votre cœur de fonction!!!!

  5. 5. Daniel 02/12/2015, 11h40

    Il faut bien que les syndicalistes se mêlent de la politique si ils veulent se faire entendre...
    Certes il y a la conférence sociale, mais malheureusement les syndicats majoritaires ne sont pas entendus et écoutés !

  6. 6. Gallus Bellum 30/11/2015, 18h51

    Quand on prétend invoquer la démocratie, on commence par respecter les idées des autres, FN ou pas.

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