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Santé

Atlas régionaux de la démographie médicale : un outil au plus près des territoires

Publié le • Par • dans : France

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L’Ordre des médecins a publié le 26 novembre ses Atlas régionaux 2015, enrichis de nouvelles données socio-démographiques à l’échelle des bassins de vie. Le même jour, Marisol Touaine dévoilait le détail du Pacte Territoire Santé 2.

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Déserts médicaux, démographie médicale : les politiques publiques impuissantes

 

« Le déclin démographique prendra fin en 2020, cela nous sommes en mesure de l’affirmer, mais au-delà, nous nous refusons à nous lancer dans des projections hasardeuses… » : Patrick Romestaing, vice-président du conseil national de l’Ordre des médecins a présenté la 4e édition des Atlas régionaux de la démographie médicale comme un outil descriptif de plus en plus fin qui permet une vision précise mais à court terme. Le numerus clausus n’a dépassé le cap des 7000 qu’en 2007, a-t-il rappelé.

Inspiré du modèle national, ces Atlas 2015 déclinent l’ensemble des données régionales et départementales et descendent jusqu’à l’échelon des bassins de vie, ce qui est précieux pour les décideurs locaux. Deux ans après la 3e édition, l’outil s’est enrichi de nouveaux critères permettant de corréler la population des médecins (densité pour 10 000 habitants et variation des effectifs sur la période 2007-2015) à la structure de la population générale avec des caractéristiques sociodémographiques (variation du nombre d’habitants, âge, catégories-socio-professionnelle)…

«Mais il est impossible de dessiner un paysage de l’offre de soins dans 20 ans, trop de paramètres sont incertains en dehors même des spécificités territoriales, a confirmé le Dr Jean-François Rault, président de la section santé publique et démographie médicale de l’Ordre : par exemple nous sommes surpris de la proportion de jeunes médecins, un sur cinq, qui au sortir de la faculté de médecine ne choisissent pas le soin, mais la presse, l’édition… A l’inverse, 12 000 médecins retraités ont encore une activité, dont il est difficile de mesurer l’importance… »

Une population médicale vieillissante

Un premier point de vigilance : l’Ordre des médecins comptabilise les médecins inscrits, ce qui englobe les retraités (23% des inscrits !). Du coup, les affirmations du type « il n’y a jamais eu autant de médecins en France… » sont à pondérer : sur 281 087 médecins inscrits au tableau de l’Ordre en 2014, 215 539 étaient en activité.

En ce qui concerne les médecins en activité, les seuls qui intéressent le public et les élus, les atlas régionaux confirment le constat national d’une population médicale vieillissante : 26,4% des inscrits au tableau de l’Ordre ont plus de 60 ans. Les régions, départements et bassins de vie sont inégalement lotis. Si l’on s’en tient aux statistiques régionales, dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple, la proportion des médecins âgés de plus de 60 ans susceptible de décrocher leur plaque est de 21,5% contre 20,9% de moins de 40 ans. Les Pays-de-la-Loire ou la Bretagne sont à peu près dans la même situation, mais avec les mêmes disparités infrarégionales et même infra départementales. A l’inverse, la situation est très préoccupante en Corse qui ne recense que 8,7% de moins de 40 ans contre 32,5% de plus de 60 ans. Les scores du Centre (14 et 28,7%) et de l’Ile-de-France (15,9% et 29,9%) sont eux aussi inquiétants.

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La féminisation profite à l’exercice libéral

En revanche, les atlas régionaux battent en brèche, comme l’atlas national, un certain nombre d’idées reçues. Sur les effets de la féminisation de la profession, par exemple : en fait, cette féminisation profite non seulement à l’exercice libéral puisque 60% des médecins généralistes libéraux de moins de 40 ans sont des femmes ; mais aussi à l’exercice libéral en milieu rural – avec 83,4%, le plus fort taux de féminisation est en Aveyron ! Et si la tendance de fond chez les nouvelles générations de médecins, hommes comme femmes, est de vouloir concilier vie professionnelle et vie privée, cela n’entraîne pas de rejet de l’exercice libéral : certes, seulement 15% des jeunes médecins choisissent l’exercice libéral en première intention, mais cinq ans plus tard ils sont 40% à s’orienter vers ce mode d’exercice.

En revanche, espoir déçu : les médecins à diplôme étranger choisissent massivement l’hôpital et la ville, et le salut ne peut donc venir que très ponctuellement de là.

Cinq types de zones

Les déserts médicaux ne touchent pas que les campagnes, l’Atlas national 2015 l’a confirmé. La France des villes, petites et moyennes, est touchée aussi. Mais de nombreux facteurs entrent en jeu : par exemple, la présence locale d’une faculté de médecine sur le département comme on le voit dans les Pays de la Loire où les jeunes médecins privilégient Nantes et Angers.

Les Atlas régionaux mettent clairement en évidence que la problématique de la démographie médicale est propre à chaque territoire. L’analyse des données fait apparaître d’énormes disparités à l’échelle de la région, du département, et même des bassins de vie. A titre d’exemple, si la région Midi-Pyrénées dispose d’une démographie médicale satisfaisante, de grosses difficultés sont notées sur le territoire du Grand Toulouse en matière d’accès aux soins de premier recours : le nombre de généralistes y a diminué de 7,6% entre 2007 et 2015 alors que la population générale a augmenté de 5,4%. Avec sa nouvelle approche multicritères, l’Ordre aboutit à une typologie des bassins de vie en cinq catégories : très favorisés, favorisés, encourageants, défavorisés et très défavorisés.

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Le Pacte Territoire Santé 2 officiellement dévoilé

Des mesures cosmétiques ? Interrogés sur l’efficacité du Pacte Territoire Santé, les représentants de l’Ordre ont botté en touche : la contrainte ne marche nulle part en Europe, même pas le conventionnement sélectif en Allemagne, donc il faut de l’incitatif. Mais les résultats sont très modestes…

Coïncidence du calendrier, ce même 26 novembre, Marisol Touraine a présenté le Pacte Territoire Santé 2 dont elle avait reportée l’annonce, initialement prévue le 16 novembre. La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes l’a détaillé à la tribune du 15e congrès annuel du Collège national des Généralistes Enseignants (CNGE), organisé à Dijon. De nouvelles mesures complètent le plan d’action pour inciter les médecins libéraux, en particulier les plus jeunes, à s’installer dans les territoires manquant de professionnels et pour soutenir leur exercice au quotidien.

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