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Intercommunalité

Vers une nouvelle communauté urbaine dans le Pas de Calais

Publié le • Par • dans : Régions

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terrils-nord-une © Flickr by CC - Daniel Jolivet

Officiellement il s’appelle « Pôle Métropolitain de l’Artois ». Géographiquement il concerne les villes minières du Pas de Calais. Politiquement c’est l’enfant de la démarche Euralens. Cette dynamique pourrait peut être déboucher sur la création d’une communauté urbaine de 600.000 habitants qui serait la septième agglomération française.

 

D’ici le 3 décembre, les trois communautés d’agglomération d’Henin-Carvin, Lens-Liévin et Artois Comm (Béthune et Bruay) et le département du Pas de Calais auront délibéré pour constituer le syndicat mixte ouvert « Pôle métropolitain de l’Artois ». Et répondront avant le 15 décembre avec une stratégie bien charpentée à l’appel à « programmes métropolitains » pour lequel la Région Nord-Pas de Calais a réservé 90 millions d’euros dans le cadre du contrat de plan (voir encadré). Dans ce territoire longtemps paralysé par les querelles de beffrois, le changement  est de taille.

Il y a deux ans, 7 intercommunalités allant du douaisis au béthunois envisageaient de constituer un pôle métropolitain de 900.000 habitants. En septembre 2013, une accablante rencontre au Louvre-Lens, démontrait l’absence de vision commune : il y avait autant de priorités que de présidents.

Après les élections municipales de 2014, la communauté urbaine d’Arras et la communauté d’agglomération du Douaisis ont finalement choisi, avec six intercommunalités rurales de créer un pôle métropolitain Artois-Douaisis regroupant plutôt des sensibilités de droite.

De l’archipel noir à l’archipel vert

Les trois agglomérations de Lens-Liévin, Henin-Carvin et Artois Comm se sont retrouvées dans une configuration homogène politiquement (avec des exécutifs socialistes) et  cohérente sur le plan territorial avec le même tissu urbain. Elles ont confié en juillet 2015  à Euralens une mission de préfiguration de ce pôle métropolitain de l’Artois qui a débouché sur la rédaction des statuts du syndicat mixte, et surtout sur une feuille de route opérationnelle, base de la réponse à l’appel à programmes métropolitains de la région. Cette feuille de route s’appuie sur le travail mené par Euralens depuis six ans pour que, selon les termes de Jean-François Caron, maire de Loos en Gohelle, « le Louvre-Lens n’atterrisse pas comme un ovni sur un territoire sidéré ».

Euralens c’est d’abord un groupement de commandes, maitre d’ouvrage du schéma directeur conçu par Desvigne et Portzamparc, puis des travaux sur les espaces publics aux  abords du musée. Le concept fédérateur de ce schéma conçu pour transformer l’image du territoire autour du Louvre-Lens s’intitule : « de l’archipel noir à l’archipel vert ».

C’est ce même slogan qui  synthétise aujourd’hui tout le volet aménagement du programme métropolitain de l’Artois : recomposition urbaine  et mutation des cités minières, développement de la Chaine des Parcs et de la voie d’eau.

La labellisation : apprentissage d’un travail en commun

Euralens est aussi une association présidée par Daniel Percheron, le président (PS) de la région, qui regroupe  élus,  techniciens et acteurs de la société civile. Ce « forum » a mis en place, avec le soutien technique d’Une Fabrique de la Ville (Jean-Louis Subileau), une stratégie de labellisation pour sélectionner  les meilleurs  projets et entraîner le territoire autour du Louvre-Lens dans une logique qualitative, à l’instar de l’Emscher Park dans la Ruhr. 46 opérations ont été ainsi labellisées.

« C’est une démarche bottom-up » explique un cadre territorial « grâce à laquelle les acteurs du bassin minier ont commencé à travailler ensemble sur des projets très concrets ».  En s’appuyant sur cette pratique commune, le Pôle Métropolitain de l‘Artois  a pu élaborer une stratégie d’ensemble, la première présentée par un pôle du Nord-Pas de Calais.

« Pour les autres pôles, cela pourrait être plus difficile car ils sont dans une logique top-down pour dégager, en partant du haut, une stratégie commune », craint ce cadre.

Outre les pôle Artois-Douaisis, deux autres seront sur les rangs pour le 15 décembre : le pôle métropolitain de la Cote d’Opale, issu d’un syndicat mixte constitué depuis longtemps et celui du Hainaut-Cambraisis auquel il manque une composante non négligeable : la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, présidée par le communiste Alain Boquet.

Vers la septième agglomération française ?

« Le logiciel  du Bassin Minier a changé. Avant c’était : on ne se parle pas et la France est en dette pour toutes les souffrances des mineurs et de leur territoire.  Aujourd’hui c’est : on se parle et notre avenir dépend de nous », assure un acteur.

La dynamique pourrait aller au delà de ce syndicat mixte qui est une alliance souple destinée à capter la manne des fonds métropolitains. Le 12 octobre, lors d’une rencontre sur le projet de schéma départemental de coopération intercommunale, la préfète du Pas de Calais, Fabienne Buccio  a souligné que l’intérêt des trois agglomérations du Bassin Minier était bien la perspective d’une communauté urbaine de 600.000 habitants pour être en mesure de former un équilibre avec la métropole lilloise. Il y a 30 ans, elles avaient refusé cette option.  Laisseront-elles à nouveau passer le train ?

Il y a à la clé une carotte financière : 60 euros de DGF par habitant pour une communauté urbaine, au  lieu de 43 pour une communauté d’agglomération, soit 10 millions d’euros de plus par an. « Ce serait la septième agglomération française, avec un pouvoir  d’attractivité, notamment pour faire venir des cadres territoriaux », souligne Bernard Masset, directeur d’Euralens. Il plaide pour cette nouvelle étape d’intégration : « il y a encore un gap à franchir en terme de lisibilité. » Le risque sinon est de disparaître des radars de la  future grande région.

L’effort exceptionnel du Nord-Pas de Calais en faveur des pôles métropolitains

A l’échelle de toute la France,  les différents contrats de plan ne mobilisent au total que 530 millions d’euros de crédits état-région sur des territoires de projets  (pays, intercommunalités, secteurs transfrontaliers, pôles métropolitains par exemple). Sur ce total, 180 millions d’euros sont dédiés à la structuration des pôles métropolitains et à leurs projets, avec une part tout à fait prépondérante pour le seul CPER du Nord-Pas de Calais : 142 millions d’euros.

La  région a en particulier décidé de mobiliser 90 millions d’euros de crédits spécifiques appelés  « fonds Métropolitains ». Cette enveloppe était prévue au départ pour trois pôles alors que finalement il y en a quatre. Ceux-ci doivent déposer avant le 15 décembre  un dossier d’intention et présenter leur programme opérationnel définitif pour le 31 mai 2016. La région veut  ainsi créer une sorte de plateforme financière pour ces territoires infra-régionaux : « les fonds métropolitains serviront de levier pour mobiliser aussi des crédits de droit commun du contrat de plan, de l’Europe  ou des crédits départementaux », explique-t-on au conseil régional.

Premier objectif : impulser l’argent sur les grands projets structurants. Second intérêt : inciter les collectivités à utiliser ces pôles comme le lieu d’élaboration d’une stratégie commune.

La région s’inscrit dans la poursuite d’une politique menée lors du précédant contrat de plan. Grâce à trois fonds territoriaux de 50 millions d’euros chacun, elle avait déjà pu appuyer des projets structurants. Ainsi 20% du fonds Bassin Minier a servi à accompagner l’arrivée du Louvre-Lens. La vaste transformation du site Wallers Arenberg en Fabrique à Image a de la même façon mobilisé 8 des 50 millions du fonds Hainaut-Cambrésis. A Dunkerque, le Frac ou la Halle aux Sucres ont aussi profité de la manne du fonds littoral.

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