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[opnion] Institutions

Exaspération, indignation, inquiétude… et espoir, pour les collectivités locales

Publié le • Par • dans : France, Opinions

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Marianne © Fotolia

Exaspération, indignation et inquiétude. Ce sont aujourd’hui les mots des maires de France. Parce qu’ils croient encore en la République et en ses principes, ils ne veulent pas en ajouter un autre : résignation.

Philippe Laurent © S. Gautier / Sagaphoto.com

Philippe Laurent, Maire de Sceaux, secrétaire général de l’Association des maires de France, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale

 

Exaspération, indignation et inquiétude. Ce sont aujourd’hui les mots des maires de France. Parce qu’ils croient encore en la République et en ses principes, ils ne veulent pas en ajouter un autre : résignation.

Exaspération devant ce flot ininterrompu de critiques et de sous-entendus, qui viennent salir la gestion locale et condamner la commune. Pourtant, les élus et leurs équipes n’ont-ils pas pris à bras-le-corps la décentralisation en équipant le territoire et en développant le service rendu à leur population ? Et la commune n’est-elle pas ce lieu, reconnu des Français, où se construit le lien social, si nécessaire ?

Indignation face à la stigmatisation des agents publics, à la manipulation qui conduit à faire des fonctionnaires territoriaux – dont 70 % gagnent moins de 1,2 fois le Smic – les boucs émissaires des difficultés du pays. Pendant ce temps, certains, issus de la haute administration centrale, « pantouflent » dans des postes grassement rémunérés du privé ou de la politique.

Indignation aussi face à un pouvoir central qui remet en cause sa parole, en décidant de ne plus honorer ses engagements à l’égard des collectivités locales auxquelles il demande pourtant toujours plus : plus d’argent pour financer ses propres politiques, plus de services pour les habitants, plus de solidarité et de sécurité puisqu’il n’est plus capable de les assurer lui-même…

Inquiétude face à la lente destruction du modèle français, selon lequel les fonctions collectives de la société sont d’abord assurées par le service public. Si l’on considère ce modèle comme dépassé, qu’on le dise clairement. Mais alors, que l’on ne vienne pas nous parler d’égalité d’accès ou de laïcité à tout bout de champ, car ces fonctions collectives seront très vite accaparées par des organisations d’une tout autre nature que le service public…

Rupture entre le parlement et les élus locaux

Comment en est-on arrivé là ? Incapacité « culturelle » au dialogue, système institutionnel et quasi monarchique dépassé, incompréhension profonde de la réalité économique et sociale, absence totale de « confiance ». Ces défauts sont, de longue date, ceux de notre peuple, qui ne parvient pas à les dominer. Pire, il les entretient.

Ainsi, la prochaine interdiction du cumul des mandats, en 2017, verra s’installer une rupture entre un Parlement encore plus coupé des réalités et entièrement asservi aux partis politiques d’une part, et des élus locaux éloignés des partis et défendant leur territoire. Ce qui ne pose pas de difficulté dans un pays très décentralisé ou fédéral – où la règle est fixée d’abord localement – sera insupportable dans un pays resté centralisé comme le nôtre, où la loi générale va jusqu’aux moindres détails et où les adaptations locales du droit sont, de fait, proscrites.

Faut-il en déduire qu’il convient de renoncer à la règle du non-cumul ? Certainement pas. Au contraire, il nous faut faire un immense effort collectif pour repenser profondément tout le système institutionnel et de gouvernance du pays, accroître la responsabilité publique à tous les niveaux, renouer avec la confiance et le partenariat entre les pouvoirs, répartir autrement les ressources fiscales. Tout un programme et un espoir pour 2017 !

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Thèmes abordés Etat et collectivités localesRéforme territoriale

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  1. 1. bill76 21/11/2015, 18h20

    La chasse au cumul des mandats repose sur un postulat : être élu est un emploi à plein temps. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation.
    N'importe qui peut-être élu et c'est la beauté de la démocratie. Rarement les candidats sont élus sur un CV, un parcours et une capacité à diriger une administration. Diriger au quotidien une administration n'est d'ailleurs pas leur travail. Ils ont pour mission de fixer des objectifs, contrôler l'administration et la représenter à l'extérieur.
    En cela, les élus sont plus des administrateurs de conseils d'administration que des PDG, malgré le désir de certains. Dès lors, on peut cumuler les places d'administrateurs comme dans le privé.
    Combien d'élus se prennent pour des PDG avec une incompétence professionnelle douloureuse pour les agents ? Le cumul des mandats les obligent à prendre de la hauteur et se former par la confrontation avec d'autres pratiques.
    Si on accepte une vision de l'élu PDG, alors il faut changer la démocratie et fixer des conditions de compétences pour être candidat ! Pourquoi ne pas rétablir le suffrage censitaire ? Ce n'est pas ma conception de la démocratie.

  2. 2. déçu 20/11/2015, 13h55

    Autant je souscrit entièrement au constat de la première partie autant je suis sceptique quant à la deuxième partie. La "rupture entre un Parlement encore plus coupé des réalités et entièrement asservi aux partis politiques d’une part, et des élus locaux éloignés des partis et défendant leur territoire" existe déjà bel et bien. Même un cumulard une fois qu'il a les 2 casquettes et qu'il est bien installé dans ses fauteuil oublie d'où il vient et la vraie vie journalière de ses administrés qui l'ont porté là où il est arrivé. Je pense que cela est surtout du à ce cumul de mandat qui ne lui laisse pas le temps de parcourir 'tranquillement' son territoire électoral en y 'regardant' vivre les populations. De réunions en réunions, de séances en séances, de manifestation officielle en manifestation officielle (on n'y rencontre pas le peuple on y parade sur l'estrade...) cet élu n'a plus le contact avec la réalité. Combien n'ont pas su dire ce que coutait une baguette de pain ou le prix du litre de carburant pour faire rouler leur voiture de fonction, combien fréquentent encore les abords de l'école à la sortie des classes ou du gymnase lors des entrainements avec leurs enfants ou petits enfants comme tout parent ou grand parent ? etc... les exemples foisonnent. La France est malade de cela. Et les français ne s'y retrouvant plus soit le manifestent trop haut et trop fort parfois n'importe comment et violemment, soit ne veulent plus y participer et l'on voit les taux de participation aux élections.

  3. 3. georges 19/11/2015, 11h51

    dans la droite française, certains veulent la peau de la fonction publique territoriale. dans leurs clubs " think tanks" que l'on pourrait traduire par "laboratoire du prêt à penser" ils chantent la fin de la République structurée pour laisser la place au privé, qui lui ne se soucie que d'une chose: faire des bénéfices sur le dos de tous.

    monsieur Laurent a raison de défendre les collectivités. il y en a marre d’être juger coupable alors que tout le monde fait son travail. il y en a marre d’être les pestiférés de ces comptables dégénérés, il y en a marre de voir que toutes les implications des agents et de leurs dirigeants, pour la transformation des territoires et l'affirmation du vivre-ensemble, soient ridiculiser par une bande de pauvres imbéciles.

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