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Sécurité civile

Les attentats relancent le débat entre Samu et pompiers

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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pompiers © Flickr CC by Andrij Bulba

Eric Faure, Président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France salue la mobilisation des « collègues parisiens » lors des attentats. 430 hommes ont été engagés. Toutefois, le Dr Michel Bonnot médecin réanimateur, qui a porté secours aux victimes d’une des fusillades, déplore que les véhicules de secours des pompiers ne soient pas équipés d’une mallette de réanimation.

 

430 hommes de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) ont été mobilisés pour porter secours aux victimes des attentats terroristes qui ont frappé la capitale vendredi 13 novembre et ont fait au moins 129 morts et 300 blessés.
« 125 engins sont intervenus sur sept sites, détaille le capitaine Karine Degremont du bureau communication de la BSPP. Les deux tiers étaient des véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) armés de trois sapeurs-pompiers secouristes chevronnés. Sept ambulances de réanimation armées d’un médecin, d’un infirmier et d’un ambulancier ont été également engagées au coude à coude avec les forces de polices. »

Des équipes des services d’incendie et de secours (Sdis) d’Ile-de-France ont été aussi été appelées en renfort afin d’assurer les interventions classiques. « Aucun pompier n’a été blessé en intervention, se félicite Karine Degremont. Malheureusement l’un des nôtres, est gravement touché. » De repos, il se trouvait au Bataclan.

Cette mobilisation exceptionnelle est saluée par le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Dans un communiqué publié lundi matin, il rappelle que les pompiers sont toujours sur la brèche «présents bien sûr face à de tels évènements, mais aussi et surtout au cœur du quotidien de la population : toutes les 7 secondes une équipe de sapeurs-pompiers est engagée en intervention. Notre organisation, notre maillage territorial, la possibilité de mobiliser 245000 hommes et femmes sont nos meilleurs atouts. »

«Certains blessés auraient pu être sauvés »

Faudrait-il que la médecine d’urgence s’appuie davantage sur ce maillage ? C’est l’avis du docteur Michel Bonnot. Ce médecin-réanimateur, à l’hôpital des Quinze-Vingts (Paris) et qui est intervenu sur plusieurs théâtres de guerre, habite à quelques dizaines de mètres de la rue de la Fontaine au Roy où s’est déroulée l’une des fusillades.
Il a porté secours aux victimes dans les minutes qui ont suivi l’agression. Il dit avoir attendu en vain l’ambulance du Samu.
«Certains blessés auraient pu être sauvés, dénonce-t-il dans un témoignage publié sur le site du Quotidien du médecin, dimanche 15 novembre. Un témoignage salué par plusieurs confrères.

« Nous sommes en guerre depuis vendredi, nous a-t-il expliqué. Les véhicules de premiers secours des sapeurs-pompiers sont sous-dotés. Il faut les équiper d’une mallette de réanimation afin qu’un médecin témoin d’un drame de ce genre puisse porter secours aux victimes. Quand j’ai demandé aux sapeurs-pompiers de quel matériel ils disposaient pour soigner deux jeunes femmes qui étaient grièvement blessées, j’ai découvert qu’ils n’avaient qu’une bouteille d’oxygène, un défibrillateur, des couvertures de survie et des garrots. Il m’aurait fallu de quoi les intuber, les perfuser. Elles sont mortes. »

« Ce matériel étant très rarement utilisé, il se périme »

Doter les VSAV de matériel de réanimation au cas où, n’est pas une idée nouvelle. « Elle n’a pas été retenue car ce matériel étant très rarement utilisé, il se périme », observe le Dr Patrick Hertgen vice-président de la FNSPF.

Par ailleurs cela représenterait un coût très important. Les services d’incendie disposent de 6210 VSAV. « Les Sdis ont préféré investir dans des défibrillateurs ou équiper leurs médecins formés à l’urgence. Tous les praticiens susceptibles de se retrouver sur la scène d’une catastrophe ne sont pas capables d’intuber un patient par exemple. »

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  1. 1. Jessica 03/12/2015, 08h34

    Je suis infirmière sapeur pompier dans le département du Lot.
    Je fais partie d'un petit centre de secours, qui fait 130 interventions à l'année, ce qui comparé à l'île de France, est risible certes.
    Et pourtant, !! dans notre VSAB, nous avons de quoi réanimer: un sac médical pour perfuser, BAVU pour oxygéner dans un premier temps, mais aussi une trousse de laryngoscopie. AInsi qu'un DSA bien sûr...
    Et on sait bien que dans un plan Nombreuses Victimes, non, c'est impossible de sauver tout le monde à moins d'être un sur-homme. On fait toujours, ce qu'on peut, avec ce que nous sommes au moment où ça se passe.

  2. 2. PH.DANION (MC/Sdsi56) 24/11/2015, 10h28

    Nul ne peut savoir ce que serait sa réaction devant un tel carnage ... mais tous les sauveteurs, secouristes et urgentistes savent que le sang-froid et la méthodologie sont les 2 seules qualités requises dans un 1er temps ... notre propre compétence ne peut s'exercer que si l'action précédente à été réalisée par un autre, sinon on commence par le début et en termes de médecine de catastrophe, la 1ère chose a faire est sûrement d'évaluer la situation de manière rigoureuse en allant vers chacun des impliqués, mettre en PLS, faire un garrot et lever les MI, couvrir ... c'est tout et on donne ce bilan au 1er pompier ou smuriste qui arrive sur les lieux
    Malheureusement beaucoup de victimes vont mourir mais on peut aussi en sauver davantage par de simples gestes réflexes et méthodiques ... tout le monde peut faire un garrot, tout le monde peut faire une PLS, si tant qu'on l'ai appris, il est plutôt là le débat
    Il n'y a pas besoin de sac médical, notre tête et nos mains suffisent, se pose à mon avis la question de la Morphine injectable (comme dans les trousses de combat) pour quelqu'un qui agonise et dont tout médecin et infirmier en France devrait pouvoir se doter (en plus du garrot et de la couverture survie alu)

  3. 3. bidbe 23/11/2015, 16h35

    Quand quelqu'un choisit un métier de service public qui touche de près ou de loin au secours à personnes, il s'investit de son mieux auprès des victimes. Souvent, il réussit sa mission, des fois il est face à la mort.

    Notre médecin dénonciateur ayant fait la guerre doit être habitué plus que quiconque... L'émotion l'a semble-t-il envahi ce qui peut se comprendre devant l'effroyable situation face à laquelle il était confronté.

    Piste de réflexion complémentaire : pourquoi les médecins capables d'intuber, de réanimer comme celui de l'article ne disposent-ils pas de leur propre matériel nécessaire à ce type d'urgences ?

    En tout cas, bravo à tous les intervenants de l'ombre venus en aide aux victimes.

  4. 4. Laurent 20/11/2015, 18h46

    Il reste néanmoins un fond qui me semble intéressant, qui mérite peut être de s'interroger.
    Je ne suis pas de la partie secours ni médical, donc par avance, pardonnez mon ignorance.

    Avec le risque (pour ne pas dire la certitude) que des actes ignobles comme ceux de vendredi dernier se reproduisent, a-t-on de quoi dans les VSAB assurer les premiers secours à des blessures de guerre ? Plaies multiples par balles et/ou victimes multiples ? A l'instar des kits de premiers secours militaires en somme.

    Pour élargir un peu le propos, d'autres pays qui connaissent depuis longtemps ce genre de terreur s'appuient sur un autre type de maillage essentiel aussi : la formation systématique aux premiers secours pendant le secondaire, à l'école... Cela ne vaudra jamais vos compétences indispensables, mais je suis sûr que cela ne pourrait pas faire de mal d'avoir 7 personnes sur 10 titulaires d'un brevet de secouriste.

  5. 5. PILORGET F. 19/11/2015, 19h31

    Tout d'abord, je tiens à féliciter l'ensemble de mes collègues sapeurs-pompiers, équipes médicales de la BSPP et des SAMU ainsi que l'ensemble des participants (associations, forces de police,..) pour le travail admirable qu'ils ont fait lors de ces terribles événements.

    Je pense que la population (tout comme ce Médecin réanimateur entendu sur RTL) ne connait pas le fonctionnement de son propre système de secours et je le regrette. Chaque jour, des milliers de personnels des SDIS ou des SAMU réalisent leurs missions de secours et de soins sur l'ensemble du territoire dans une confiance aveugle de sa population. Les sapeurs-pompiers sont les personnes les plus appréciées par la population et nous nous en réjouissons mais cela ne suffit malheureusement pas. Il est important que la population soutienne ses pompiers et ses structures médicales (qui malheureusement se font souvent la guerre).

    Je suis le Président de l'Association Nationale des Infirmiers de Sapeurs-Pompiers (ANISP) et à ce titre je représente les ISP des SDIS de France. Notre système d'infirmiers de proximité n'existe pas sur le secteur de la BSPP. Malgré tout, il est peut se révéler extrêmement efficace et économiquement intéressant en France. La capitale est dotée d'une force de frappe énorme dans le cadre de l'aide médicale urgente avec de lourds moyens positionnés sur la capitale et une réponse médicale de quantité et de qualité. Le fonctionnement Parisien est légèrement différent de celui utilisé dans le reste de la France. La réponse proposée à Paris est secouriste puis médicale au besoin, le tout très rapidement. Dans le reste de la France (hors secteur BMPM), nous proposons une réponse secouriste, une réponse infirmière à la demande puis une réponse médicale (SMUR ou SSSM). Ce système n'est pas parfait et mérite des adaptations. Depuis peu, des représentants des sapeurs-pompiers et de SAMU discutent afin de trouver les réponses les plus adaptées pour garantir la sécurité des malades et de pouvoir apporter une réponse secouriste et/ou médicale aux patients nécessitants.

    Pour répondre à ce médecin qui, je le comprends, demande une réflexion sur notre système, nos secouristes sont dotés des matériels pour lesquels ils sont formés. Le matériel médical n’est donc pas en leur possession et c'est normal.
    De plus, la doctrine de prise en charge de blessés est totalement différente dans la vie courante par rapport à une situation de catastrophe. En médecine de catastrophe, la médicalisation de l’avant n’est pas indiquée et le traitement des blessés en état de mort apparente ne se réalise pas au bénéfice des blessés moins graves que l’on peut sauver. Face à plusieurs blessés graves, la priorité (malheureuse je vous le concède) n’est pas d’intuber le premier patient en arrêt cardio-ventilatoire mais plutôt de réaliser un premier tri, d'effectuer un geste de sauvegarde (garrot, PLS,..) puis d’installer les victimes en position d’attente avant évacuation et traitement. C’est des situations que l’on rencontre peu sur le territoire national et pour lesquels l’ensemble des services de secours et de soins sont formés.

    J'espère avoir humblement apporté quelques éclaircissements à la question posée.

  6. 6. Jerome 18/11/2015, 22h40

    Quant on voit sa prestation (et c'est aussi tout à son honneur), on se demande sur quels théâtres de guerre il est intervenu. En effet, au vu de ce qu'il raconte, il n'a nullement mis en œuvre les doctrines opérationnelles de médecine de catastrophe. Ce Médecin anesthésiste réanimateur ferait mieux de se former à la médecine de catastrophe et peut être aurait-il pu sauver plus de vie. Parfois, il vaut mieux se taire plutôt que d'essayer de se mettre en valeur en balançant d'énormes âneries. Vos journalistes auraient d'ailleurs mieux fait de se renseigner auprès de professionnels avant d'allumer une mèche (Medecin-Chef BSPP, Pf CARLI du SAMU de Paris). Visitez un peu les réseaux sociaux et vous verrez l'ensemble des critiques faites à ce Médecin qui déshonore (non pas par son engagement) les professionnels de la Médecine d'urgence.

  7. 7. FloP 18/11/2015, 21h11

    Sa réaction peut se comprendre. C'est un médecin réanimateur qui a par définition des compétences poussées en matière de soins d'urgence. Sa réaction paraît être l'expression de l'impuissance ressentie dans la situation qu'il a vécue. Il savait quoi faire mais n'avait pas le matériel nécessaire. Comme l'indique l'article, le coût d'un équipement médical dans chaque ambulance serait très important et pas forcément justifié. Certains départements font le choix de doter les véhicules de matériel médical (comme un kit perfusion, relativement peu cher), mais du matériel d'intubation dans chaque véhicule ne paraît pas financièrement tenable partout. Qui dit intubation dit respirateur et on touche à du matériel très coûteux pour une utilisation rare. J'ajoute que ce n'est pas tous les jours que l'on croise un médecin formé aux techniques de réanimation...

  8. 8. Bizarre 18/11/2015, 19h27

    Bonjour
    Je trouve très bizarre que le sdis n ai pas de sac médical car certain sdis en ont!!!

  9. 9. Secours74 18/11/2015, 15h11

    La réaction de ce médecin est étonnante ! Ne sait il pas comment est organisée la politique de secours en France ? Sait il faire la différence entre un médecin des urgences et un médecin de ville qui ne fait que soigner des rhumes et faire de la bobologie ?
    Secouriste depuis 20 ans dans une association auxiliaire des pouvoirs publics, nous avons le même matériel que les pompiers. Sur de nombreux postes de secours, nous sommes interpellés par le public et les participants pour avoir des médicaments. Comme nous ne sommes ni médecin ni pharmacien nous n avons pas de tel produits ! Et heureusement. On nous demande alors quoi nous servons !
    Ce docteur ferait mieux de demander à m hollande et à toute la clique politique de ne plus brader la santé en France. D augmenter le nombre de place en école de médecine, de mettre un médecin dans chaque vsav? Et de suspendre cette réforme de la santé qui ne fait que donner le pouvoir aux grands groupes de mutuelle et au fric !
    Vraiment, au lieu de polémiquer sur un tel sujet, voilà le vrai combat !
    Bravo à toutes les équipes de secouristes, professionnelles et BÉNÉVOLES qui interviennent au quotidien et dans tels moments.

  10. 10. polo 26/11/2015, 11h18

    je suis d'accord avec la majeure partie de votre discours, mais vous semblez aussi totalement méconnaitre les rôles du médecin traitant/urgentiste ("soigner des rhumes et faire de la bobologie")...
    Pour le médecin traitant, suivre une grossesse, planifier le parcours de soin d'une personne handicapée, dépister un cancer, éduquer un patient sur les MST, prendre en charge les décompensations d'une maladie chronique ou apporter un soutien psychologique à des patients sucidaires ne s'apparente pas vraiment à de la bobologie :)

    De même les situations répondant à l'urgence dans l'imaginaire collectif (ACR, hémorragie massive, coma..) sont le plus souvent pris en charge directement en réanimation et non aux urgences.

    En revanche il est clair que la plupart des médecins traitants de la jeune génération, s'ils ont appris à intuber durant leurs études, ne sont pas apte à prendre en charge un polytraumatisé, ce qui nécessite du matériel spécifique, de l'expérience et un entraînement régulier pour ne pas faire plus de dégats qu'autre chose.

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