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Changement climatique : l’agence locale de l’énergie Montpellier lance le débat auprès du grand public

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Source : COP 21 
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Flickr by CC Michel

A quelques semaines de la COP21, l’Agence locale de l’énergie de Montpellier a mené une consultation auprès du grand public sur le thème du changement climatique. Puis consacré un « Café Climat » à la présentation des résultats. Quelques thèmes émergent parmi la diversité des suggestions et remarques formulées : les modes de consommation, le gaspillage de l’eau, les transports propres...

Comment redonner la parole aux citoyens sur les problématiques climatiques ? Pour répondre à cette question, l’Agence locale de l’énergie de Montpellier a mis à disposition du public un « arbre à palabres », une structure en bois sur les branches duquel chacun était invité à suspendre une feuille-message. Dressé lors de six de manifestations, en septembre et octobre, le dispositif a permis de recueillir quelque 150 contributions : des coups de gueule, des réflexions diverses, des propositions de solution.

De jeunes enfants, venus dans le cadre de visites scolaires, ont participé à la consultation. Leurs interrogations révèlent une sensibilité inquiète à l’égard du changement climatique : « Est-ce que la Terre va exploser ? », « Est-ce qu’un jour il y aura plus de nature ? », « Est-ce que le monde aura une fin ? » « Est-ce qu’un jour le monde sera tout en glace ? »

Les solutions proposées par les adultes apparaissent dispersées. On y décèle toutefois quelques récurrences :

  • les transports propres : « J’aimerais que chaque année, il y ait 20 jours sans voitures et 10 jours sans pollution », « Passons aux voitures électriques ! », « Valoriser les modes de déplacement doux des salariés »,
  • le gaspillage de l’eau : « Dans les régions du Sud, limiter les piscines individuelles », « Lancer une campagne pour que les enfants soient les “veilleurs“ pour l’eau »,
  • le changement des modes de consommation : « Réduire notre consommation de viande et de produits laitiers », « J’aimerais qu’il y ait un système d’échange local planétaire », « Favoriser autour des grandes villes des ceintures vertes avec agriculture bio ».

« Plus d’impôts ou plus d’autos ? »

Les suggestions recueillies sur l’arbre à plabres ont trouvé un écho à l’occasion d’un « Café Climat », organisé le 10 novembre à Montpellier par l’Agence locale de l’énergie. La discussion a montré, là encore, une attente en matière de transport.

Curieusement, le tramway, qui irrigue la métropole de Montpellier via un réseau de quatre lignes, n’est pas plébiscité. « Il nécessite une infrastructure lourde, avec un coût de fonctionnement élevé, estime un intervenant. A-t-on vraiment besoin de mettre un transport en commun sur rails pour qu’il soit suffisamment performant ? »

« Moi j’ai pris ma voiture pour venir à cette réunion, témoigne une participante : j’habite à l’écart des lignes de tramway et il n’y a plus de bus après 20 h 30. » « On a privilégié le tramway, renchérit cette autre intervenante. Du coup, le bus est devenu le parent pauvre. »

Favorables au développement des transports en commun, les Montpelliérains présents à la réunion ne sont pas nécessairement prêts à en payer le coût. « Plus d’impôts ou plus d’autos ? », a lancé l’animateur. Réponse d’un participant : « Il y a de l’argent en France : 45 milliards d’euros d’intérêts sur la dette, 20 milliards de fraude patronale, 1000 milliards d’évasion fiscale. Pourquoi faudrait-il payer plus d’impôts pour diminuer la place de la voiture ? »

Même réticence face à cette autre question : « Pensez-vous qu’il faille mettre en place des mesures coercitives pour obtenir une réduction massive des émission carbonées ? »
« Ce sont les grands groupes multinationaux qui sont les principaux pollueurs, rétorque un participant. C’est vis-à-vis d’eux qu’il faut prendre des mesures coercitives. »

Devenons “consommacteurs“

D’autres voix mettent toutefois en avant la responsabilité individuelle des citoyens. « Les multinationales marchent bien parce qu’on continue à leur acheter des choses. Individuellement, nous avons des leviers d’action. Plutôt que d’acheter du bœuf industriel, on peut choisir d’acheter du bœuf artisanal, quitte à réduire les portions. » « Nous devons devenir “consommacteurs“, insiste une participante. En modifiant notre mode de consommation, nous aurons un impact sur les modes de production. »

Un enseignant-chercheur en agro-écologie présent lors de la réunion a jeté un froid en demandant à l’assemblée quelle était la stratégie la plus efficace pour réduire son empreinte carbone. Sa réponse : « Renoncer à avoir un enfant » « L’enfant qui ne naît pas n’aura pas d’enfants, argumente-t-il. Le phénomène joue donc sur plusieurs générations. Or le carbone que nous émettons dans l’atmosphère est là pour un temps énorme. »

Nicolas Cattin, chargé de mission grand public à l’Agence locale de l’énergie de Montpellier, relève la grande diversité des points de vue exprimés : « A voir la difficulté qu’il y a à trouver un consensus au niveau local, on peut s’interroger sur la capacité qu’auront les gouvernement à s’entendre au niveau mondial. »

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