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COP21 : 57 % des maires d’Ile-de-France attendent un accord international contraignant

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Nathalie Bosansky - Fotolia.com

« Pas de blabla », synthétise Stéphane Beaudet, président de l’Association des maires d’Ile-de-France : une majorité d’élus attend une réelle avancée de la conférence mondiale sur le climat (30 novembre – 11 décembre, Paris-Le Bourget). Et la grande masse réclame de l’Etat un soutien accru aux politiques locales de lutte contre le réchauffement.

Plus d’un maire francilien sur deux (57 %) attend de la COP21 « un accord international contraignant » et 30 % de cet effectif y ajoute une taxe carbone, selon une enquête de l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF), publiée le 10 novembre 2015, à vingt jours de l’ouverture de la 21ème conférence internationale sur le climat. « Les élus ne veulent pas de blabla à Paris », résume le président de l’AMIF, Stéphane Beaudet. Le maire de Courcouronnes (Essonne, 14 000 hab.) pointe aussi l’ambiguïté de l’« attente » exprimée par les sondés : pronostic ou injonction aux chefs d’Etat ?

Près d’un tiers des maires d’Ile-de-France (32,4 %) estime que « la COP21 ne peut aboutir à un accord ». Stéphane Beaudet y range « les réfractaires et les désillusionnés », rappelant que « tout le monde a l’impression que le Protocole signé à Kyoto en 1997 fut une goutte d’eau » et que « même 2° C de réchauffement [hausse de la température moyenne du globe d’ici la fin du siècle, objectif que doit permettre de tenir l’accord qui découlera de la COP21], c’est déjà une catastrophe ». Plus d’un édile sur six (17,6 %) attend de la conférence de Paris-Le Bourget « un accord international non contraignant ».

E-co-no-mies

En matière de lutte contre le changement climatique, les communes agissent prioritairement sur l’économie d’énergie dans le patrimoine public (58 %), l’urbanisme (49,3 %) et la rénovation thermique des bâtiments (43,5 %). A noter que la gestion des déchets (mentionnée par 43,5 % des élus) devient le champ d’action le plus investi (frôlant les 60 % de citation), si l’on y ajoute la lutte contre le gaspillage alimentaire (15,9 %). Cette action est d’ailleurs amenée à se développer d’ici 2020 (30,4 % des élus l’envisagent) de même que l’appui à la croissance verte via la politique d’achat et d’investissement (projetée par 27,5 % des maires, qui ne la citent aujourd’hui qu’à 11,6 %).

Près de six maires franciliens sur dix (57,6 %) sont épaulés par un adjoint en charge du développement durable. Un domaine où l’encouragement de l’Etat doit passer par « la subvention des politiques d’aménagement éco-responsable » pour quasiment huit élus sur dix (78,3 %). « La gestion économe des bâtiments et des espaces publics est un impératif pour les communes, du fait de la baisse des dotations de l’Etat », commente le président de l’AMIF. En réglant la température des lieux publics à 19 °C, la ville de Courcouronnes a économisé 64 000 euros en 2015.

Qui doit agir ? Les Français pointent les Etats, à 53 %

Depuis un an, les collectivités rappellent avec insistance aux chefs d’Etat les résultats des politiques locales de réduction des émissions de gaz à effet de serre, indispensables à l’atteinte des objectifs nationaux. « Parce que les villes et les zones urbaines abritent la majorité de la population mondiale et contribuent à 70 % des émissions de gaz carbonique de la planète, notre contribution est essentielle à la réussite de la COP21 », écrivaient la maire de Paris, Anne Hidalgo, et l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, dans une tribune en juin 2015.

Pourtant, quand il s’agit d’identifier les acteurs les plus à même de lutter efficacement contre le changement climatique, l’opinion publique place les autorités locales en bas de tableau : seuls 11 % des Français les citent, loin derrière les Etats (53 %), une organisation mondiale de l’environnement – qui reste à créer – (39 %), les individus (33 %), les entreprises (25 %), selon une étude d’OpinionWay sur « les Français et la COP21 », publiée début novembre. Les collectivités se placent ainsi en avant-dernière position, devant les associations (4 %).

« Ce classement est lié à l’échelle du problème, qui est mondial, commente Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion de l’institut. Il ne signifie nullement la disqualification des collectivités mais reflète seulement l’échelle de leur action, qui est celle d’un territoire borné. Or, l’opinion publique met en avant les acteurs intervenant à une plus vaste échelle, logiquement identifiés comme mieux à même de répondre à des enjeux transnationaux. C’est une tendance récurrente des études d’opinion sur le climat. Sachant que, dans la lutte contre le phénomène global du réchauffement, il y a complémentarité des mesures des acteurs de tous niveaux. »

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