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Club Prévention Sécurité

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Gestion de crise

« Les plans communaux de sauvegarde ne sont pas encore assez opérationnels »

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France

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IRMA Francois Giannoccaro © IRMA

Dix ans après leur lancement, et alors que des intempéries dramatiques ont frappé le pays tout au long de l'année 2015, le bilan des plans communaux de sauvegarde (PCS) reste mitigé. Dans un entretien à la Gazette, François Giannoccaro, directeur de l'Institut des risques majeurs de Grenoble (Irma) dresse un état des lieux de ces PCS et réaffirme le rôle primordial de l’échelon communal dans la gestion de crise.

 

Chiffres-clés

Quelles communes doivent réaliser leur PCS ?

Sur les 11 866 communes soumises à obligation, c'est à dire celles dotées d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) approuvé ou comprise dans le champ d’application d’un plan particulier d’intervention (PPI), 8 021 avaient réalisé leur PCS en juillet 2015. Soit un taux de réalisation de plus de 67 %.

Par ailleurs au moins 2 007 communes non soumises à obligation ont aussi réalisé un PCS (répertoriés), ce qui donne un total de 10 028 PCS réalisés (source : DGSCGC – Ministère de l’Intérieur).

Véritables outils de gestion de crise, les plans communaux de sauvegarde, qui fêtent cette année leur dixième anniversaire, ont mis du temps à décoller. Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?

Un bilan encourageant mais très contrasté. Avec un taux de réalisation de plus de 67 %, on tend enfin vers une généralisation. Ce chiffre ne permet cependant pas d’apprécier la réalité du caractère robuste et opérationnel de cet outil. Sur le terrain, une grande incompréhension des objectifs de la démarche demeure : la finalité du PCS n’est pas documentaire mais bien managériale pour être opérationnelle.

Qu’est-ce qui pourrait aider les communes à progresser ?

Il faut continuer à former et à informer les élus et les agents. Sur la région Rhône-Alpes, nous avons ainsi pu toucher avec nos partenaires (*) 1600 élus sur les 16 derniers mois. Les élus devraient davantage se saisir de leur droit individuel à la formation sur ces questions. D’autant qu’avec la condamnation en décembre 2014 en premier appel du maire de la Faute-sur-mer, notamment pour absence de PCS, la jurisprudence confirme leur responsabilité et le rôle phare de cet outil.

Que manque-t-il aux communes ?

Des structures permanentes d’accompagnement comme l’Irma ou le Cyprès ( Centre d’informations pour la prévention des risques majeurs) basé à Martigues (Bouches-du-Rhône) ou l’implication des intercommunalités devraient être promues sur l’ensemble des territoires. En Isère, grâce à la synergie créée avec nos partenaires, 95,7 % des PCS ont été réalisés et le taux de généralisation des exercices communaux de sauvegarde est de 58 % contre quelques pourcents en moyenne sur le reste du territoire.

Cependant, alors que nous avons de nombreuses demandes de collectivités avec très peu de moyens, nos subventions pour les actions de service public sont en chute libre. Si plusieurs rapports parlementaires récents font apparaitre l’impérieuse nécessité d’actions pérennes en matière de culture du risque, cette dernière est toujours le parent pauvre de la gestion des risques.

Comment rendre plus opérationnels les PCS ?

Développer des outils d’évaluation, promouvoir une politique de généralisation des exercices de simulation associant petit à petit les populations et à l’initiative des communes, améliorer les interfaces opérationnelles des dispositifs d’aide à la décision avec les autres acteurs, ou encore promouvoir les réserves communales de sécurité civile – il n’en existe même pas 600 au niveau national, selon le Ministère de l’Intérieur…

Se pose aussi la question plus technique d’intégrer de nouvelles modalités d’avertissement précoce des populations, notamment face à certains événements prévisibles à cinétique rapide.

Les producteurs de données pourraient « prévenir » directement les populations ?

Exactement. Par exemple, Météo France émettrait en temps réel directement à destination des populations des avertissements de « vigilance renforcée » aux pluies intenses à une échelle infra départementale. Les maires assureraient de façon concomitante l’alerte qui relève de leur responsabilité. Grâce au Cell Broadcast, les smartphones pourraient être paramétrés pour recevoir des informations géolocalisées en mode push. Un gros travail doit être également fait sur l’utilisation des médias sociaux comme moyen complémentaire d’information et de collecte de données en gestion de l’urgence (#MSGU pour le terme consacré).

(*) Conseil régional Rhône-Alpes, Département de l’Isère, Etat (Dreal Rhône-Alpes et préfectures de département), Grand Lyon et Grenoble-Alpes métropole, Sdis de Rhône-Alpes, association et fédération départementales des maires.

Prévention des risques : les nouvelles orientations gouvernementales en colloque le 10 décembre

Attentats, tentatives d’attentats, risques majeurs… L’année 2015 a mis les acteurs du risque sur les dents. Dans ce contexte, le Club prévention sécurité de la Gazette réunit le 10 décembre prochain à l’Ecole centrale de Lyon les élus locaux et les professionnels à débattre de la prévention des risques et de la gestion de crise.

Une rencontre gratuite et ouverte à tous, organisée en partenariat avec l’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (AMARIS) et destinée à mettre en débat le rôle des collectivités, leurs responsabilités et leurs moyens pour anticiper les menaces qui peuvent peser sur leurs territoires. L’occasion également de dresser le bilan critique des plans communaux de sauvegarde mais aussi de mieux comprendre l’ambition des nouveaux outils créés par le gouvernement ces derniers mois pour faire face aux risques naturels et technologiques mais également aux nouvelles menaces. A l’instar du nouveau contrat territorial de réponses aux risques et aux menaces. Autre sujet débattu : les nouvelles orientations gouvernementales pour sécuriser les sites sensibles.

Programme et inscriptions sur la page web de l’événement

 

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  1. 1. Patrick LAGADEC 10/11/2015, 16h49

    Oui, il faut dynamiser grandement les acteurs, les impliquer dans des exercices dont ils doivent devenir les moteurs.
    Pour un tableau général des défis, des résistances de fond, et des voies de progrès : Patrick Lagadec: "Le Continent des imprévus – Journal de bord des temps chaotiques", Les Belles Lettres, Octobre 2015.

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