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Congrès des maires

Quel avenir pour les communes : « Les affaiblir, c’est éloigner le pouvoir du citoyen »

Publié le 09/11/2015 • Par Emmanuel Guillemain d'Echon • dans : France

D.R.
Pris en étau entre la baisse des dotations et la montée en puissance de l’intercommunalité, le plus petit échelon administratif est à la peine. A la veille du congrès des maires, La Gazette a interrogé élus locaux, parlementaires, économistes et politologues sur son avenir. Quatrième épisode avec André Laignel, premier vice-président délégué de l’Association des maires de France et maire (PS) d'Issoudun (Indre).

Cet article fait partie du dossier

Quel avenir pour les communes ?

LAIGNEL-photo stephane GautierPourquoi tenez-vous tant à préserver la commune ?

La commune, c’est l’élément décisif de la vie démocratique. Affaiblir le niveau local, c’est éloigner le pouvoir du citoyen, c’est un acte grave contre la démocratie. On ne peut pas parler que d’argent, comme on le fait à Bercy ! Depuis de très nombreuses années, tous gouvernements confondus, la plus haute technocratie entretient l’idée que moins il y aura de communes, moins cela coûtera d’argent à l’État. C’est une logique purement comptable. La commune, c’est la base du vivre ensemble. C’est un modèle de société qui est en cause. Que veut-on apporter à la population ? La commune joue aussi le rôle d’un amortisseur social. Les gens en désespérance viennent souvent nous voir.

A lire aussi Quel avenir pour les communes : « Leur disparition est un marronnier de la vie politique »

Certains reprochent à l’AMF d’avoir une vision passéiste…

Oui, on reproche à l’AMF de ne croire qu’aux petites communes. Mais nous avons été les premiers à nous lancer dans l’intercommunalité, comme un outil au service des communes. Nous avons inventé la commune nouvelle ! Nous ne sommes pas pour l’immobilisme, mais pour une évolution choisie, librement consentie. Evidemment, pour la direction générale des collectivités locales (DGCL), ce serait tellement plus simple si on pouvait tout gérer au niveau de 2100 intercommunalités que de 36 000 communes !

La DGCL ne tient pourtant pas ce genre de propos…

Comme personne n’ose dire qu’il faut supprimer les communes, l’administration adopte une stratégie très claire : l’étouffement financier progressif des communes, au bénéfice des intercommunalités. On les conduit à se regrouper, avant de les absorber ensuite au sein des intercos. Il y a d’abord eu la suppression de la taxe professionnelle en 2009, le plus mauvais coup porté aux finances des collectivités territoriales. Puis la territorialisation progressive des dotations, avec la création du FPIC en 2012. Maintenant, on essaie de faire passer la DGF territoriale avec une dotation de centralité au niveau intercommunal.

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Commentaires

Quel avenir pour les communes : « Les affaiblir, c’est éloigner le pouvoir du citoyen »

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Bernard Le Lann

11/11/2015 08h46

Mais pourquoi les élus s’évertuent-ils à vouloir nous faire croire qu’on veut tuer les communes?

Si toutes les communes d’une intercommunalité rurale ou rurbaine fusionnent en une seule commune ce ne sera pas la mort des communes mais celle de l’intercommunalité qui n’aura plus de raison d’être, et dans cette nouvelle commune il y aura des maires de quartier, d’arrondissement, appelons-les comme on voudra, qui, comme à Paris, Lyon ou Marseille géreront la proximité.
Il faudrait qu’on arrête d’essayer de nous faire peur en brandissant la menace de la mort des communes. Il existe des solutions pragmatiques et adaptées mais hélas trop d’élus ont encore les lunettes du jacobinisme napoléonien et ne veulent pas se remettre en question, eux et leurs mandats.
36 000 maires c’est aussi un lobby, un lobby parmi d’autres, de Bruxelles jusque dans nos campagnes.

Sebrouss

13/02/2016 11h14

Parce que faire un gros avec des petits c’est une logique entrepreneuriale qui consiste à rationaliser et à soi-disant faire des économies, ce qui reste à prouver.
La comparaison avec les villes ne tient pas compte des différences de budget entre des quartiers de Paris ou de Marseille et des petites communes rurales de 700 habitants, qui voient bien vite leur école et leurs services de proximité fermer pour ouvrir un seul centre administratif et un groupe scolaire au sein de la communauté de communes et bientôt de la commune nouvelle.
Qui plus est l’élection municipale est bien la seule qui fédérait un peu de monde parce qu’on connaît un peu plus concrètement ses représentants.
Je doute que ce soit encore le cas aux prochaines élections qui seront plus politisées et « professionnalisées ».
Il y a certainement des choses à réformer, mais pas sous la menace de coupes drastiques dans les subventions publiques, pas pour une logique d’épicier mais en réflexion avec les habitants qui ont fait le choix de vivre dans une petite commune et ne sont pas forcément des ahuris passéistes repliés sur eux-mêmes. Ils ont aussi envie d’expérimenter d’autres formes de démocratie, plus participative et à échelle humaine.

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