Santé au travail

A Metz, les maîtres-nageurs s’inquiètent de l’air vicié de la piscine

| Mis à jour le 09/11/2015
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Depuis l’achèvement des travaux d’isolation de la piscine Lothaire en juin 2014, les 12 maîtres-nageurs sauveteurs de l’établissement messin ont fait valoir leur droit de retrait à deux reprises. Ils dénoncent un malaise physique intense et une gêne respiratoire qu’ils imputent à une atmosphère trop confinée.

Rénovée durant 18 mois pour un montant de 5 millions d’euros, la piscine Lothaire devait, selon la formule du maire PS Dominique Gros, constituer « une espèce de voiture de course ». Mais depuis sa réouverture en juin 2014, l’unique bassin olympique de Metz alimente des problèmes qui paraissent insolubles. L’air, apparemment vicié, d’une piscine trop bien isolée embarrasse autant la ville que Cofély Services, qui a signé à l’occasion de la rénovation de Lothaire le premier Contrat réalisation exploitation maintenance (Crem) de France dédié à une piscine.

Tests fumigènes

Le 14 octobre 2015, les 12 maîtres-nageurs sauveteurs (MNS) de la piscine ont fait falloir leur droit de retrait durant 48 heures pour dénoncer les troubles ORL et oculaires qu’ils ressentent de manière récurrente. L’action fait suite à près d’un an de dysfonctionnements. En décembre 2014, la ville de Metz a commandé à Cofely Services, attributaire d’une délégation de service public, une batterie d’expertises ainsi que le remplacement de certaines pompes. Les mesures de THM (trihalométhanes) se sont avérées inférieures aux seuils réglementaires tandis que le taux de chloramides les dépassait légèrement. L’installation d’un déchloraminateur a réduit cette concentration.
Le 3 février 2014, huit MNS se sont pourtant rendus à la médecine du travail pour faire état de problèmes de santé qu’ils imputaient à la mauvaise qualité de l’air. Un mois plus tard, Cofely Services a réalisé un nouveau test fumigène qui a mis en évidence un mauvais brassage de l’air et une évacuation trop lente des fumées. Les mesures correctives ont été mises en place pour assurer un renouvellement de 100 % de l’air.

Une piscine trop étanche ?

Les troubles respiratoires dont se plaignaient les agents se sont estompés cet été, quand la température permettait d’ouvrir largement les baies vitrées de l’établissement. Mais l’arrivée de l’automne a marqué le retour aux portes fermées et aux irritations des bronches, saignements de nez et picotements des yeux. « Nous avons exercé notre droit de retrait non seulement pour souligner les risques pour notre santé, mais aussi car les problèmes de vision affectent notre mission de sécurité », souligne Thierry Charreire, président de la FA-FPT Metz, président régional de Lorraine de la Fédération nationale des métiers de la natation et du sport (FNMS) et élu du CHSTC de la ville de Metz.

Syndrome Volkswagen

Le syndicaliste ne conteste nullement l’implication de la mairie dans la résolution du problème. Depuis le début des dysfonctionnements, pas moins d’une vingtaine de réunions ont été organisées pour définir les causes du malaise et trouver des solutions. La ville a mis en place un carnet de liaison dans lequel les agents consignent leur ressenti toutes les deux heures. En octobre, le Sdis est intervenu dès le lendemain du retrait des MNS pour effectuer de nouvelles analyses de l’air. « Nous avons invité tous les MNS à se rendre à la médecine du travail. Seul un d’entre eux a été orienté auprès d’un médecin nancéien spécialisé dans les troubles respiratoires. Nous savons que les réactions au chlore sont très différentes en fonction des personnes. En cas d’allergie avérée, il faudra envisager le reclassement des agents concernés. Pour l’heure, il convient de faire la part des choses », estime Isabelle Kaucic , adjointe au maire de Metz en charge des ressources humaines et des relations sociales.
Mais le « syndrome Volswagen » s’est insinué dans les esprits, et les agents avouent craindre une distorsion entre les allégations des ingénieurs et la réalité. Le souvenir du distributeur de boisson installé cet été dans l’espace des bassins est resté vivace : un mois après sa mise en service, l’appareil s’est trouvé hors d’usage du fait d’une forte corrosion.

Commentaires

1  |  réagir

27/02/2016 05h06 - conrad

Les bactéricides et virucides utilisent souvent des produits chimiques très agressifs susceptibles de provoquer des intoxications par inhalation et des brûlures cutanées ou oculaires, ou des sensibilisations allergiques (eczéma, asthme…).
Certains de ces bactéricides et virucides sont très volatils et dégagent des vapeurs à température ambiante responsables de symptômes respiratoires et de troubles neurologiques :
La prévention des risques professionnels des bactéricides : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-chimique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=69&dossid=513

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