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Réforme territoriale

Gérard Collomb : « Le modèle administratif uniforme n’a plus lieu d’être »

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COLLOMB_GERARD © S. Gautier

Pour le sénateur-maire (PS) de Lyon, les métropoles et les grandes régions favorisent la compétitivité, la maîtrise de la dépense publique et la réduction des inégalités territoriales. Gérard Collomb se montre, en revanche, beaucoup plus dubitatif sur la baisse des dotations…

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A la veille de la fusion, le 6 novembre à Lyon, entre l’Association des maires de grandes villes de France et de l’Association des communautés urbaines de France, Alain Juppé (LR) et Gérard Collomb (PS) ont accordé un grand entretien à La Gazette. Second épisode, ce 3 novembre 2015, avec le sénateur-maire (PS) de Lyon et président de la métropole de Lyon.

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Métropoles et grandes régions

Comment jugez-vous le découpage des régions ?

La construction de nouvelles régions, compétitives et de taille européenne, va dans la bonne direction. Ces grands ensembles permettront, à terme, des mutualisations et des économies. Ils réduiront aussi les inégalités territoriales. Pour Clermont-Ferrand qui vient de se constituer en communauté urbaine, la réunion de l’Auvergne avec Rhône-Alpes représente une chance. La ville peut être à l’est de Lyon ce que Grenoble est à l’ouest. Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, de l’agroalimentaire ou des sciences du vivant, l’Auvergne fera mieux valoir ses atouts qu’auparavant.

Ne va-t-on pas assister à une guerre larvée entre métropoles et régions sur le front économique ?

On a trouvé le bon point d’équilibre. L’économie de l’innovation, selon les théories de Philippe Aghion, ne peut se développer que dans les grandes villes où l’on trouve les universités, les centres de recherche et l’ensemble de la matière grise. Les métropoles sont de plain-pied dans la compétition mondiale. Aux régions, ensuite, de diffuser l’innovation et de favoriser l’implantation des usines de production sur tout le territoire.

Comment éviter le syndrome des métropoles et du désert français ?

Selon les études des agences d’urbanisme et de Lyon et de Saint-Etienne, il n’y a pas, dans les territoires voisins de la métropole, assèchement, mais, au contraire, irrigation. Là, les écarts de richesse se réduisent. Par ailleurs, les urbains promeuvent des modes de vie plus proches des territoires. Ils plébiscitent les circuits courts. Cela demande donc d’organiser des filières, car si je prends le seul exemple de nos cantines scolaires, les besoins sont très forts. Ce sera la tâche de la région d’organiser ces nouveaux circuits de distribution.

Faut-il une organisation territoriale à la carte ?

Le modèle administratif uniforme n’a plus lieu d’être. A l’avenir, beaucoup de métropoles reprendront les compétences sociales comme à Lyon. Le conseil départemental n’est, en effet, pas complètement pertinent au sein d’une grande agglomération. En revanche, dans les territoires ruraux qui ne sont pas sous l’influence d’une grande métropole, il reste structurant.

Baisse des dotations et de l’investissement

La baisse des dotations est-elle soutenable ?

Je dis attention, nous allons être obligés de baisser systématiquement nos interventions, y compris dans un certain nombre de secteurs stratégiques comme l’aide à l’innovation. Et pourtant, à Lyon nous réaliserons la fusion de deux collectivités, ce qui va nous permettre de réaliser une forte mutualisation. C’est un changement radical… La métropole n’avait, certes, pas été conçue en fonction de cette baisse des dotations puisqu’à l’époque où nous l’avons lancé, fin 2012, elle n’était pas actée. Mais, de ce point de vue-là, elle tombe à pic.

Comment appréhendez-vous la réforme des dotations ?

Dans les métropoles, des quartiers et même des communes entières comme, chez nous, Vénissieux ou Vaulx-en-Velin, sont extrêmement pauvres. Il ne faudrait pas que ces territoires soient pénalisés… A ce jour, la baisse des dotations et la montée en charge du FPIC (NDLR : fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales) représente pour la métropole une baisse de 1,15 milliards de recettes sur le mandat 2014-2020, pour un total de recettes de fonctionnement de 13.8 milliards d’euro. Cela représente donc une baisse de 8%. C’est déjà très lourd.

Pouvez-vous aller plus loin ?

Peu d’entreprises font face comme nous à une baisse de 8 % de recettes. On peut difficilement aller plus loin d’autant que dans le même temps, l’Etat nous impose de nouvelles charges comme la hausse du RSA de 2 %… Quand on sait que dans les départements, le budget consacré au RSA augmente de 7 % par an ! On comprend la difficulté de l’exercice.

La baisse massive de l’investissement est-elle inévitable ?

Dans son dernier rapport sur les finances locales publié le 13 octobre, la Cour des Comptes reconnaît pour la première fois que la baisse des dotations peut avoir des conséquences importantes sur les investissements. L’Association des maires des grandes villes de France évalue la baisse à environ 25 % sur l’ensemble du mandat 2014-2020. Chez nous, cela se situera entre 10 et 15 %.

Masse salariale et fonctionnaires

Comment maîtriser les dépenses de fonctionnement ?

Dans le prochain budget de la métropole, les charges générales vont bouger de – 5 %. Pour les charges de personnel, ce sera 0 %, alors même que le glissement vieillesse technicité et les mesures prises au plan national représentent une augmentation d’environ 2,8 %. C’est un effort extrêmement rude. Mais si nous ne le faisions pas, nous serions dans de grandes difficultés.

Faut-il assouplir le statut de la fonction publique afin de limiter les frais de fonctionnement et de maintenir l’investissement public ?

Nous sommes dans une vraie révolution sociétale. Jadis, les personnels qui entraient à la ville de Lyon à 18-19 ans en repartaient à la retraite après avoir toujours exercé le même métier. Les choses se feront différemment dans les vingt prochaines années. Une carrière sera faite de mobilité dans la carrière publique ou d’allers et retours entre le public et le privé. C’est cela qu’il convient de penser. Mais il ne s’agit pas de s’asseoir sur le statut…

Êtes-vous favorable au rétablissement du jour de carence dans la fonction publique ?

Il avait permis de dégager des économies. Maintenant, soit les organisations syndicales font en sorte que, dans la fonction publique, la suppression du jour de carence ne conduise pas à une inflation des absences, soit cela posera des problèmes.

Vous donnez donc aux organisations syndicales mission de lutter contre l’absentéisme…

La suppression du jour de carence s’est faite dans le cadre d’une négociation avec la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu. Les organisations syndicales se sont donc engagées à ce que tout ceci ne dérape pas…

Existe-t-il encore aujourd’hui un clivage droite-gauche en matière de gestion locale ?

Nous sommes moins dans des débats théoriques parce que les questions qui se posent à nous sont terriblement concrètes. Est-ce que cela veut dire qu’il n’y a plus de débat droite-gauche ? Cela dépend où l’on met le curseur. Je n’ai jamais cru, pour ma part, qu’être de gauche signifie être contre la compétitivité. Bien au contraire ! Je me revendique d’un socialisme saint-simonien, proudhonien, et fourriériste qui met l’entreprise au cœur de sa pensée. Mais en même temps, je considère qu’il est impératif de surmonter les fractures sociales qui sont les nôtres et qui sont d’abord des fractures spatiales.

 

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  1. 1. interco 10/11/2015, 10h07

    Singulier rapprochement entre Juppé et Colomb: enfin on se rend compte que les réformes territoriales depuis Defferre n'ont valu que pour asseoir les baronnets locaux.
    Quant à appeler les organisations syndicales à leurs devoirs alors qu'elles ont été baillonnées avec le secours de la force publique. J'en rigole!!!
    Ce qui augure de ce qu'il va se passer dans les territoires issues des futures élections régionales: le bon fonctionnaire sera un fonctionnaire "mort" sans statut.
    Merci qui?

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