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Développement économique

L’Agence de développement économique des quartiers lancée mais en version allégée

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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Francois-Hollande-UNE © kremlin.ru / Wikimedia commons

Mardi 22 octobre, François Hollande a officialisé la création de l’Agence France entrepreneur, qui devrait se focaliser sur l’accompagnement des créateurs d’entreprises dans les banlieues et les campagnes en difficulté, en s’appuyant sur une structure et des moyens existants.

 

En février 2015, François Hollande l’avait annoncée comme le pendant de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) pour le développement économique des territoires défavorisés. Finalement, c’est simplement une version améliorée de l’Agence pour la création d’entreprises (APCE) qui devrait voir le jour en 2016, comme l’a annoncé mardi 22 octobre le président de la République lors d’un déplacement à la pépinière d’entreprises de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

L’Agence France entrepreneur – c’est son nom définitif – sera chargée d’accompagner les créateurs d’entreprises au long terme. L’objectif étant, selon François Hollande, de « multiplier par quatre le nombre d’entrepreneurs accompagnés par les grands réseaux d’aide à la création d’entreprises : 20 % des créateurs qu’ils accompagnent devront venir des quartiers et des territoires fragiles, contre 5% actuellement ». L’Elysée précise sur son site Internet que « seules 3 à 4% des créations d’entreprises sont accompagnées au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville contre 10 à 30% au niveau national. »

La sphère d’action de France entrepreneur ne se limitera toutefois pas aux quartiers prioritaires, mais aussi à la « ruralité profonde » – vraisemblablement via le dispositif des zones de revitalisation rurales, qui devrait être refondé dans le collectif budgétaire de fin d’année.

L’une des missions principales sera d’aider les auto-entrepreneurs à faire leur première embauche pour favoriser la création d’emplois : « D’ici 2017, 10 000 entrepreneurs seront identifiés et appuyés pour leur premier recrutement », a détaillé François Hollande. Au ministère de la Ville, on explique que « l’emploi durable est plutôt dans la croissance des petites entreprises », mais que de nombreux entrepreneurs ne franchissent jamais « cette étape compliquée et souvent anxiogène » de la première embauche.

Questions sur l’efficacité de la future agence

La vision d’une croissance passant par l’entreprenariat n’est pas partagée par tous les élus : si le président (PS) du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a salué « une bonne nouvelle pour l’économie et les habitants de Seine-Saint-Denis et pour tous les talents de notre département qui ne demandent qu’à s’exprimer », le secrétaire général de l’association Ville et banlieue et maire (PCF) d’Allonnes, Gilbert Leproust, estime que « l’ampleur du désastre du chômage nécessite une réponse d’un autre niveau. On ne peut pas faire croire que l’avenir de chacun est de créer son entreprise. Il faudrait plutôt s’interroger sur la pertinence de plans comme le CICE, qui représente des milliards d’euros d’exonérations aux entreprises, avec peu d’emplois créés en regard ! »

François Hollande a défendu son dispositif en annonçant qu’en complément de l’activité de France entrepreneur, « l’Anru et la Caisse des dépôts investiront 600 millions d’euros pour offrir aux TPE et PME des locaux adaptés » – il s’agit en fait d’une enveloppe de 575 millions ouverte depuis l’an dernier et jusqu’en 2020 : 75 sont alloués par l’Epareca à la réhabilitation des centres commerciaux dans les quartiers prioritaires, les 500 restants étant distribués à part égale par la Caisse des dépôts et le programme des investissements d’avenir, entre autres pour le financement de pépinières d’entreprises.

Sans surprise, le milieu économique a bien réagi à la création de France entrepreneur, le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, affirmant mardi dans un communiqué « assister enfin à une réelle coordination interministérielle des politiques publiques en faveur de l’entreprenariat ». Dans un communiqué plus neutre, CCI France a affirmé que les réseaux consulaires « seront un partenaire impliqué pour la réussite de cette agence, selon des modalités restant à définir ». Si l’on sait encore peu de choses sur la future gouvernance de France entrepreneur, François Hollande a donné des gages au monde de l’entreprise en annonçant que le comité stratégique de l’agence serait « présidé par Mohed Altrad, un entrepreneur reconnu », PDG de l’entreprise de bâtiment Altrad.

Rôle prépondérant des régions

Au-delà de cette présidence symbolique, les modalités de la réorganisation de l’APCE restent encore incertaines. Elle devrait se faire « d’ici la fin de l’année », dit-on au ministère de la Ville, à partir des conclusions du rapport – encore non publié – de trois préfigurateurs de l’agence, Julien Rencki, un haut fonctionnaire du Trésor, Abderzak Sifer, un entrepreneur et Marie-Guite Dufay, présidente de la région Franche-Comté. Les régions, auxquelles la loi NOTRe a confié la majorité des aides aux entreprises, sont destinées à jouer un rôle prépondérant dans l’agence.

Pour couper court aux critiques éventuelles incriminant la création d’un nouveau comité Théodule, l’agence restera une « structure nationale légère (…) d’une trentaine de personnes, qui s’appuiera sur les organismes professionnels, sur les chambres de commerce, les chambres de métier, les experts-comptables, bref, qui mettra en réseau », a expliqué François Hollande. La trentaine de personnes correspondant en l’occurrence au personnel de l’APCE, une association déjà adossée à la Caisse des dépôts et à l’État. Comme le personnel, les moyens viendront d’enveloppes déjà existantes : 60 millions d’euros provenant de la mutualisation de crédits ministériels et de la Caisse des dépôts serviront à « financer l’action des grands réseaux associatifs » (France Active, BGE, l’Adie, Initiative France, Réseau entreprendre notamment). L’agence disposera également de 50 millions de fonds propres au titre du programme des investissements d’avenir, pour investir dans le capital d’entreprises en création.

Le rôle de France entrepreneur sera essentiellement stratégique. « Il y a une très grande vulnérabilité des entreprises, d’où la nécessité avec les réseaux de créateurs, avec les financeurs, d’avoir une agence qui puisse prendre sa place, et puisse apparaître comme un interlocuteur national, non pas qui mettrait en tutelle toutes les initiatives, mais leur donnerait une chance de plus », a expliqué François Hollande. Au ministère de la Ville, on parle d’une « feuille de route » qui soit déclinable région par région.

L’absence de tutelle était primordiale pour les régions, qui joueront un rôle prépondérant dans la définition des objectifs de l’agence – même si leur rôle n’est pas tout à fait défini, l’Association des régions de France (ARF) assurait qu’elles présideraient le comité stratégique de France entrepreneur, mais François Hollande a nommé Mohed Altrad pour ce poste. Il semble en tout cas que le consensus soit établi sur le rôle de l’agence, fait-on valoir à l’association : « Nous avons insisté pour que l’agence n’ait pas un rôle de pilotage opérationnel de l’action des régions, mais soit plutôt une instance de concertation stratégique et d’évaluation, qui permette de faire émerger des solutions qui puissent bénéficier à d’autres. »

Il reste encore quelques mois pour peaufiner la gouvernance de l’agence : selon le ministère de la Ville, « la loi de finances va réunir les crédits dédiés de l’Etat sur une seule ligne budgétaire dès 2016 », le comité stratégique de France entrepreneur étant installé « en début d’année 2016 ».

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