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Conduite du changement

Révolution numérique : accompagner les mutations des métiers

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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Jacee Kaylen © Flickr cc by Jacee Kaylen

A mesure que l’administration numérique progresse, les métiers de la fonction publique territoriale doivent évoluer pour s’adapter à cette nouvelle donne. Comment les collectivités peuvent-elles anticiper et organiser au mieux ces mutations ?

 

Chiffres-clés

36 000 créations nettes d’emplois

sont prévues dans la filière numérique (web designers, webmasters, développeurs…) à l’horizon 2018. Le Syntec numérique (syndicat des professionnels du secteur), qui donne ces prévisions, ne précise pas l’impact de ces créations pour la seule fonction publique. Mais les besoins devraient aussi s’y faire grandissants.

Dématérialisation des procédures, offre de services en ligne, archivage numérique… Les collectivités ont entamé il y a plusieurs années une petite révolution en développant chaque jour un peu plus l’e-administration. Véritable levier pour améliorer les services rendus aux usagers, le numérique suppose des ajustements permanents dans les pratiques des agents.

« Les métiers mutent mais ne disparaissent pas », analyse Laure de la Bretèche, secrétaire générale pour la modernisation de l’action publique, qui réfute une éventuelle menace que ferait porter le numérique sur l’emploi. Selon elle, l’automatisation des tâches, qui permet un gain de productivité évident, amène « à recentrer les agents sur des missions à plus grande valeur ajoutée, notamment une plus grande proximité dans les relations avec les usagers ».

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Opération persuasion

Même si lever les inquiétudes sur l’emploi est essentiel pour inciter les équipes à admettre le potentiel de l’e-administration, encore faut-il encourager une nouvelle dynamique dans les pratiques. « La phase d’accompagnement à la maîtrise du changement sera essentielle, insiste Franck Confino, consultant du secteur numérique et public. Il faut rappeler aux agents que l’on ne va pas les remplacer par des algorithmes, mais les aider à prendre en main ces outils. Cette phase, ambitieuse, est très longue : le temps nécessaire doit être pris, car l’enjeu est d’éviter une fracture numérique au sein des collectivités. »

Partager le projet numérique avec tous les agents en usant de la plus grande pédagogie serait, selon Franck Confino, la clé du succès futur de l’e-administration. « Chacun doit pouvoir monter en puissance sur ces outils. Les agents sont les oubliés de ce grand projet de transformation digitale. Il faut les convaincre du bien-fondé du changement pour qu’ils en deviennent les ambassadeurs. On a pris un peu trop de retard à ce sujet. »
Au-delà du recrutement de profils spécifiques (développeurs, webdesigners, community managers…), les collectivités doivent s’appuyer sur des groupes moteurs dans les équipes en place. « Détecter les agents qui ont des qualités et des compétences allant au-delà de leur fiche de poste est le rôle des DRH », poursuit Franck Confino. Le Conseil national du numérique, dans son rapport « Ambition numérique », remis en juin dernier au Premier ministre, préconise lui aussi d’encourager les initiatives internes : « L’enjeu est de diffuser une culture de l’innovation au sein de l’administration, en assouplissant l’organisation, les procédures internes, et en laissant une large place aux pratiques collaboratives, à l’expérimentation et à la créativité des agents. »

Intelligence collective

Les collectivités doivent pour cela accepter que les nouveaux outils du numérique bouleversent l’ordre établi. Auteure de l’étude « Gouverner à l’ère du big data. Promesses et périls de l’action publique algorithmique »(1), Elisabeth Grosdhomme-Lulin soutient que la solution réside dans la transversalité : « Avec le numérique, des tâches spécifiques au portefeuille de certains fonctionnaires vont disparaître ou se modifier. Cela va supposer de coordonner les services différemment, de faire preuve de décloisonnement et d’animation d’un travail collectif, moins isolé. »

Tâche ardue selon Franck Confino quand, dans de très nombreuses collectivités, « on s’échange encore des informations entre services non pas directement, mais par le biais de son N + 1 ». Il faut donc « passer d’un management classique à un management fondé sur la confiance et l’intelligence collective. Il n’est pas évident de faire admettre cette rupture alors qu’arrivent sur le marché du travail des personnes ayant des pratiques collaboratives, transversales, qui mettent fin à l’isolement ».

Autre écueil pointé par Thierry Venin, auteur de « Un monde meilleur ? Survivre dans la société numérique »(2), celui du manque d’« éducation » des élus et du top management des collectivités à la chose numérique : « C’est à leur niveau que ça pêche. Il faudrait des directeurs généraux des services un peu plus modernes et des élus mieux accompagnés sur les décisions stratégiques. Il faut faire sortir les services informatiques de leurs bureaux. Les informaticiens doivent conquérir un nouveau rôle d’accompagnement de l’individu, pas seulement sur la maîtrise des outils, mais aussi sur l’aide à la décision politique. »

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Nouveauté toute relative

Laure de la Bretèche se montre de son côté nettement plus optimiste sur les capacités de l’administration à s’adapter : « Il ne faut pas exagérer l’effet de nouveauté ou de crainte que la révolution numérique peut susciter parmi les agents. L’état d’esprit qui conduit aujourd’hui la société à percevoir à travers le numérique un grand élément de changement et de modernité est déjà largement à l’œuvre au sein de l’administration. Nous ne partons pas d’un grand désert ! »

« Un gain d’efficacité et de qualité du service rendu »

Philippe Ricard, directeur des technologies de l’informatique et de la communication au conseil départemental de l’Aube(3)

L’Aube est régulièrement citée en exemple pour l’avance prise, dès 2008, dans le développement de l’administration numérique. Beaucoup de départements ont décidé d’instaurer un service d’assistance à maîtrise d’ouvrage qui fait l’interface entre les directions informatiques et métiers. Ce phénomène, important ces dernières années, vise à adapter les organisations à l’e-administration. Les agents utilisateurs ont parfois du mal à comprendre les atouts et les défis que cela représente. On trouve de plus en plus de métiers d’assistant – en interne – pour recueillir avec précision le besoin des utilisateurs, voire faire la promotion des nouvelles technologies. Les départements recrutent des profils qui allient connaissance des nouvelles technologies et sens du dialogue. Au-delà, on peut constater que tous les process informatiques permettent une automatisation et un gain d’efficience, qui ne s’est pas traduit par une baisse d’effectif mais par un redéploiement sur des missions à plus haute valeur ajoutée. Il y a des réorientations vers des missions différentes, un peu nouvelles, et au final un gain réel en termes d’efficacité et de qualité du service rendu.

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