Énergie

L’autoconsommation : l’autre façon de consommer de l’électricité solaire

| Mis à jour le 25/04/2017
Par • Club : Club Techni.Cités
Sources : Technicités 

(Lorient) Dircom

L'autoconsommation de l'électricité solaire produite sur place, est une solution que certaines collectivités étudient de près, en tant qu'alternative à la vente EDF. Plusieurs régions se sont déjà lancées dans cette voie.

cet article fait partie du dossier

Autoconsommation : vers un autre modèle énergétique ?

Les nouvelles données économiques du marché de l’énergie portent les collectivités à étudier de près l’autoconsommation de l’électricité solaire produite sur place. En effet, la hausse du prix d’achat de l’électricité du réseau1 , la fin des tarifs régulés de vente, la baisse du prix d’achat des panneaux photovoltaïques, la baisse des tarifs d’achat de l’électricité produite par ces installations…. Tout cela entraîne une conséquence non négligeable, celle que les collectivités font leurs calculs, et que la parité réseau devient de plus en plus une réalité.

L’autoconsommation a une autre vertu : la maîtrise de la demande d’énergie et la proximité entre le lieu de production et de consommation. Elle est d’ailleurs encouragée par la nouvelle loi de transition énergétique pour la croissance verte, qui prévoit que « les politiques publiques […] soutiennent l’autoconsommation d’électricité » (cf. article 2 de la loi, JO du 18 août 2015).

 

Appels à projets autoconsommation

Pour atteindre les objectifs fixés dans leur schéma régional climat-air-énergie (SRCAE), plusieurs régions se lancent dans cette voie, en partenariat avec l’Ademe. La première a été l’Aquitaine, suivie par l’Alsace et le Languedoc-Roussillon. L’outil : des appels à projets à destination des entreprises, des bailleurs sociaux, des activités tertiaires et des collectivités.

Le Poitou-Charentes et la Réunion (lire « Favoriser l’autoconsommation grâce à un chèque photovoltaïque », Techni.Cités n° 281) visent plutôt les particuliers. « Selon nous, l’autoconsommation chez les particuliers n’est pas rentable, car la consommation d’un foyer classique se situe en soirée et la nuit. Nous visons les consommations diurnes et s’étalant sur l’ensemble de l’année », déclare Pascal Latorre, chargé de mission énergies renouvelables à la région Aquitaine.

Cette dernière a déjà installé 6,4 MWc en autoconsommation entre 2013 et 2015. C’est également la première région de France en photovoltaïque raccordée au réseau avec 732 MWc en service. Depuis 2007, la région Aquitaine soutient en effet ces installations. Mais c’est en 2012 qu’elle a construit un appel à projets spécifique sur l’autoconsommation.

Au départ, le cahier des charges prévoyait une puissance de 10 à 100 kWc avec une part d’autoconsommation d’au moins 66 %. Résultats : douze dossiers, dont quatre collectivités, une part d’énergie autoconsommée de 83 % et un taux de couverture de 31 %. Au fil des années, le nombre de dossiers est passé à vingt-six, la puissance installée de 1,6 MWc (2013) à 3 MWc (2015) et l’autoconsommation a atteint les 96 % en 2014. En revanche, le taux de couverture a baissé.

 

Choix des clients

Ces éléments ont poussé la région à faire évoluer son règlement vers de plus grosses puissances (jusqu’à 500 kWc) et un taux de couverture plus bas (80 %). « On apprend d’une année sur l’autre et on s’aperçoit que la grande distribution a des besoins très importants. Pour ce secteur, on arrive facilement à 100 % d’autoconsommation, en revanche le taux de couverture est très faible, de 5 à 10 % », explique Pascal Latorre.

Autre enseignement : les écoles ne sont pas intéressantes pour l’autoconsommation car elles sont vides l’été. Sauf lorsqu’il s’agit d’un bâtiment comprenant également un centre de loisirs, une mairie, etc. C’est le cas, par exemple, de Saint-Julien-de-Lampon en Dordogne (11 kWc et 100 % d’autoconsommation) lauréat de l’appel à projets 2015.

En revanche, les stations d’épuration sont des clientes idéales, car elles fonctionnent en permanence. Quatre (de 350 EH à 5 000 EH) ont ainsi été équipées par le syndicat départemental d’équipement des communes des Landes (Sydec). Avec une puissance de 85 à 115 kWc, elles ont un taux de couverture de 40 à 60 % de leurs besoins.

Sur 2015, l’aide de la région est de 1 million d’euros, soit 20 % du montant total de l’investissement. L’aide est calculée pour atteindre un équilibre économique sur vingt-cinq ans. Elle prend en compte le différentiel du prix de l’électricité de réseau achetée et celui de l’électricité photovoltaïque produite. Le coût moyen de l’électricité produite en 2015 est de 11,30 cts, en augmentation constante depuis 2013 (8,81 cts).

 

Taux d’autoconsommation

L’Alsace a lancé son premier appel à projets en 2014 pour les projets allant de 3 à 250 kWc avec un taux d’autoconsommation d’au moins 70 %. Aucun taux de couverture n’est exigé. L’aide à l’investissement est de 500 euros/kWc installé plafonné à 30 % du coût HT de l’installation. Le stockage peut également être aidé, pour accroître la part d’autoconsommation au-delà de 70 %.

Le budget consacré sur 2014 et 2015 est de 500 000 euros. « Nous avons vingt-trois projets en phase d’études ou travaux, dont trois collectivités. Ce sont des communes convaincues ou démarchées par un prestataire (installateur, bureau d’études) », détaille Gautier Perrin, accompagnateur de projets efficacité énergétique à la région.

La première à s’engager est Ungersheim, membre du réseau des « villes en transition », qui équipe une salle polyvalente et une cuisine collective. La commune a fait appel à un bureau d’études. Elle installe 40 kWc et en consommera la totalité. Les deux autres projets concernent un gymnase pour l’un et une mairie, halte-garderie et local pompiers pour l’autre.

Pour 2016, rien n’est prévu pour l’instant, dans l’attente de la mise en place du nouvel exécutif suite aux prochaines élections liées à la fusion des régions.

 

Autoconsommation d’au moins 75 %

La région Languedoc-Roussillon a lancé son appel à projets photovoltaïque en autoconsommation également en 2014. Douze installations ont été lauréates, dont une seule commune : Perpignan qui va installer 157 kWc pour ses bureaux. L’appel à projets a été renouvelé en 2015, mais avec un budget divisé par deux (250 000 euros au lieu de 500 000 euros).

Seuls cinq projets seront retenus. Les puissances installées sont comprises entre 10 et 250 kWc, l’autoconsommation est d’au moins 75 %, avec un taux de couverture de 20 % minimum.

Par ailleurs, la région a équipé l’un de ses bâtiments administratifs en 2013 d’une installation photovoltaïque d’une puissance de 123,8 kWc, dont 24,08 kWc en autoconsommation et 99,76 kWc en revente totale sur le réseau. La production annuelle est d’environ 150 MWh. C’est le cas aussi de la région Aquitaine qui a équipé deux de ses bâtiments administratifs.

Autoconsommation totale ou vente du surplus

L’autoconsommation est totale lorsque la production photovoltaïque ne dépasse pas les besoins électriques du site, à aucun moment de l’année. Aucune injection n’est effectuée sur le réseau public d’électricité. Ce modèle implique une démarche de réduction des consommations et un dimensionnement précis de l’installation au plus près des besoins. Il permet de s’affranchir des contraintes de raccordement au réseau. Mais le choix est souvent fait de se raccorder afin de prévoir une injection en cas de surproduction. Dans ce cas, à ce jour, l’injection s’effectue à titre gratuit.
Le second modèle consiste à vendre le surplus : l’électricité produite non autoconsommée est injectée sur le réseau et vendue.

 

1Les prévisions d’augmentation du prix de l’électricité sont de l’ordre de 30 % d’ici 2017 selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Dossier
Commentaires

0  |  réagir

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP
 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X