COP 21

« Les collectivités doivent faire encore plus de bruit sur la COP21 » – Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot

| Mis à jour le 08/10/2015
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Anne Hidalgo, Johanna Rolland et Alain Juppé ont déjà signé l’appel lancé, le 7 octobre 2015, par Nicolas Hulot. Le créateur de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) y conjure les chefs d’Etat à « enfin relever le défi climatique » et à revoir « à la hausse » les ambitions. Fin novembre, la pétition sera remise au président de la République et au ministre des Affaires étrangères. Les collectivités ont vocation à relayer cet appel et à amplifier la mobilisation, insiste Matthieu Orphelin, porte-parole de la FNH.

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Climat : Pourquoi les experts défendent un rôle accru des collectivités locales

Matthieu Orphelin pays-de-la-loire-regions-europe-ecologie.fr

Depuis le début de l’année, les collectivités locales s’invitent dans la préparation de la 21ème conférence des parties (COP21) à la convention climat, qu’accueille Paris en fin d’année. Parlent-elles suffisamment fort ?

La mobilisation des collectivités est très nette. Cela s’est bien vu au sommet « climat et territoires » de Lyon, début juillet. L’élan et l’enthousiasme y étaient manifestes, contrastant avec l’atmosphère habituelle des COP. Cette dynamique sera reconnue lors de la COP21 qui, à côté de l’accord entre Etats, débouchera sur un Agenda des solutions transcrivant les engagements des acteurs non-étatiques, dont les autorités locales.

Parmi les premiers signataires de l’appel lancé aujourd’hui figurent le maire de Bordeaux, à l’origine d’un appel de collectivités lancé en janvier 2015, son homologue de Paris, qui accueillera le sommet mondial des élus locaux pour le climat, le 4 décembre à l’Hôtel de ville, et enfin la maire de Nantes, où se tiendra un sommet mondial sur le climat, fin 2016. C’est un bon signal. On espère bien rallier les 36 000 maires de France.

En matière climatique, les collectivités sont-elles aussi en avance sur les Etats qu’elles l’affirment ?

Si le mode de développement doit être appréhendé à travers le prisme du climat, les collectivités n’ont pas systématiquement la bonne grille de lecture, en particulier dans les domaines du développement économique et de l’urbanisme. Les choses bougent néanmoins, à un rythme qu’il convient d’accélérer. Il est d’usage de dire que chacun doit, à son échelle, « faire sa part » du travail. Dans notre appel au changement de paradigme, nous disons plutôt que chacun doit faire un peu plus que sa part.

Nicolas Hulot insiste sur la commande publique, qui représente 15 % de la consommation mondiale. Ce levier est-il correctement actionné ?

Il l’est insuffisamment. L’initiative d’Anne Hidalgo, engagée avec d’autres villes d’Europe en faveur d’achats groupés de produits issus de filières sobres en carbone, est à saluer. Mais le mouvement doit être amplifié. Comme le dit Nicolas Hulot, il s’agit de faire masse pour créer la norme industrielle. Sur la restauration scolaire, par exemple, un cercle restreint de collectivités est au 100 % bio et local. Il faut changer d’échelle. C’est indispensable pour redynamiser l’agriculture de proximité et de qualité.

Les collectivités ont aussi un rôle déterminant à jouer dans la rénovation énergétique. Or, elles sont trop peu nombreuses à avoir lancé des plans de rénovation massive de leurs bâtiments (180 millions de m2, soit l’essentiel du parc tertiaire public). Celles qui approvisionnent leurs locaux neufs à 100 % en électricité d’origine renouvelable sont encore plus rares. Et, à notre connaissance, aucune n’a introduit dans ses appels d’offres un critère portant sur la limitation de l’éventail des salaires dans les entreprises candidates.

Un tel critère ne s’éloigne-t-il pas de la préoccupation climatique ?

Au contraire : justice sociale et lutte contre le dérèglement du climat relèvent du même combat. De larges écarts de revenus correspondent à une situation où certains surconsomment et gaspillent quand d’autres ne peuvent qu’acheter les produits les moins chers, qui sont aussi les moins bons pour leur santé et le climat.

Les élections régionales (6 et 13 décembre 2015) se tiendront pendant la COP21 (30 novembre-11 décembre 2015). N’y a-t-il pas encombrement ?

Cette coïncidence de date est malheureuse. Le calendrier des COP est imposé, ces conférences se déroulent classiquement en fin d’année. Il aurait été possible de décaler les élections régionales – où la participation pourrait, par ailleurs, pâtir de l’ouverture des commerces le dimanche, à quelques jours de Noël. Maintenir la simultanéité du scrutin national et de la conférence mondiale sur le climat est une idée débile : sachant que la séquence ministérielle de la COP ne s’ouvre que le 7 décembre, que vont mettre en avant les médias internationaux (1), sinon les scores de l’extrême droite ?

Nicolas Hulot fait de la mobilisation citoyenne l’un des préalables à la réussite de la COP21. Les collectivités y contribuent-elles suffisamment ?

Du fait des élections de début décembre, les régions sont bridées sur leur communication – alors qu’elles sont chefs de file sur le développement économique et les politiques climatiques. Malgré tout, les collectivités, qui sont en lien avec les citoyens, doivent faire du changement climatique un axe fort de leurs messages et de leur pédagogie.  Elles ont raison de faire du bruit autour de la COP21, elles doivent en faire encore plus. Si 500 000 personnes descendent dans la rue, le 28 novembre en région et le 29 à Paris, ce sera un très bon signal. En rêve, j’en espère un million.

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Commentaires

1  |  réagir

08/10/2015 10h42 - Yann Vari

C’est bien de signer des appels. Agir, c’est mieux!

Ainsi, pour être en cohérence, Mme Rolland, maire de Nantes pourrait simplement renoncer au projet archaique et néfaste pour le climat que constituerait l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

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