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Statistiques de la délinquance : un nouveau service, de nouveaux chiffres

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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InterStatSSMSI © SSMSI

Le nouveau service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié ses premiers chiffres et analyses, le 6 octobre, sur le site « Interstats ». Supposé plus indépendant que l’actuel Observatoire national de la délinquance (ONDRP), cette structure offrira des mesures régulières de la délinquance à travers neuf indicateurs et publiera également des synthèses territorialisées.

 

Promis dès 2012 par Manuel Valls lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur puis par son successeur place Beauvau, Bernard Cazeneuve, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) est officiellement installé. Lancé à l’automne dernier suite à un décret, ce nouvel organe du service statistique public – dont la figure de proue demeure l’INSEE – entend améliorer « la fiabilité des statistiques sur la sécurité et la délinquance. »

Au cours des dernières années, la publication par la presse de titres racoleurs faisant état d’une explosion des chiffres de la délinquance a donné lieu à de multiples polémiques stériles entre gouvernement et opposition. Même s’il fait partie intégrante du ministère de l’Intérieur – dont les politiques publiques sont à l’origine de ces évolutions à la baisse ou à la hausse, le SSMI revendique son indépendance, grâce au statut des services statistiques ministériels censé le protéger.

A sa tête, François Clanché est en effet « soumis aux règles de l’indépendance professionnelle dans la conception, la production et la diffusion de statistiques », précise le communiqué du ministère de l’Intérieur. Autrement dit : cet ancien inspecteur général de l’INSEE est le seul responsable technique et éditorial des informations et des données publiées sur le site du SSMI, Interstats.

Attention, toutefois : le sociologue Laurent Muchielli – qui fût l’un des premiers à appeler à la vigilance quant à l’analyse des supposés chiffres de la délinquance dans « Le grand trucage » – rappelle que « rien ne garantit que le pouvoir politique n’essayera pas à l’avenir de s’immiscer dans cette production statistique, comme il le fit de façon massive dans les années 2000. »

Le SSMSI, plus indépendant que l’ONDRP ?

Quoi qu’il en soit, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure part sur de meilleures bases que son concurrent à qui sont assignées les mêmes missions de recueil et de communication des données policières et gendarmiques : l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP).
Créé en 2003, le conseil d’orientation de celui-ci a été présidé pendant neuf ans par Alain Bauer, dont les activités économiques et la proximité qu’il entretenait avec les élites politiques – de gauche comme de droite – a pu, parfois, jeter le trouble.

Dans le billet publié sur son blog mercredi 7 octobre, Laurent Mucchielli accueille donc positivement la nouvelle : il se félicite de ce que « les choses sont redevenues claires, là où l’ONDRP avait tant entretenu la confusion des genres. »

Ce spécialiste de la mesure de la délinquance, qui s’était écharpé plusieurs fois avec le précédent observatoire, fait ici référence à « la présence de Monsieur Bauer, qui revendiquait l’indépendance de l’organisme tout en co-animant les conférences de presse du ministre de l’Intérieur et en faisant office de conseiller politique de Monsieur Sarkozy. »

Outre des données de référence tirées de l’exploitation de l’enquête « Cadre de vie et sécurité » réalisée par l’INSEE et l’ONDRP, le SSMSI « rendra public, chaque début de mois, des chiffres et des analyses sur le nombre de crimes et de délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Dans certains domaines, leur étude permet de compléter les résultats de l’enquête de victimation, en fournissant des données locales et plus récentes », explique le ministère de l’Intérieur.

Synthèses territorialisées

Dans un souci de rendre plus lisible et moins manipulable ces statistiques, le SSMSI a souhaité abandonner les 107 indexs de « l’Etat 4001 ». Cet outil – qui comptabilisait aussi bien le nombre de chèques volés que celui des homicides, des auteurs d’agressions, des défauts de permis de pêche ou des procédures résolues – sera remplacé par neuf indicateurs :

  1. homicides,
  2. vols armés,
  3. vols violents sans armes,
  4. vols sans violence contre des particuliers,
  5. coups et blessures volontaires,
  6. cambriolages de logements,
  7. vols de véhicules à moteur,
  8. vols dans les véhicules
  9. vols d’accessoires dans les véhicules.

« Après corrections des ruptures techniques et des variations saisonnières », les chiffres de la délinquance déclarée devraient permettre de couvrir « 85% des vols et 75% des atteintes aux personnes », a estimé François Clanché.

Par ailleurs, les insatisfaits pourront consulter la totalité du nombre de plaintes enregistrées par les forces de l’ordre, sous forme brute, actualisée tous les mois, sur le portail data.gouv.fr.

Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure innovera également en publiant des synthèses thématiques territorialisées. D’ores et déjà, une première étude sur « les communes dans lesquelles les cambriolages sont les plus fréquents » a été mise en ligne sur le site d’Interstats.

Les acteurs locaux y apprendront que les communes de banlieue des grandes agglomérations, et tout particulièrement celles d’Ile-de-France, de Paca, du Languedoc-Roussillon, de Midi-Pyrénnées ou de Rhône-Alpes, sont les plus concernées par les cambriolages.

Dans sa première note de conjoncture, à vocation plus nationale celle-ci, le SSMSI note une baisse des homicides volontaires (-18,3%) sur les trois derniers mois, mais une augmentation des vols avec armes (+10,2%), des vols avec violence (+3,9%), des vols de/dans les véhicules (+1,8%) et des cambriolages de logements (+3%).

Prise sur un an, cette fois-ci, les homicides volontaires ont diminué (-7,3%), tout comme les vols avec armes (-15,8%), les vols de/dans les véhicules (-8,9%) et les cambriolages de logements (-4,4%).

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