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Droits de l'Homme

Enfants roms : un public oublié ?

Publié le • Par • dans : France

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MendiciteRoms © -

Réagissant à un rapport de Romeurope, diffusé fin septembre, accusant l'Etat et les collectivités « d'abandonner » les enfants vivant en squats et bidonvilles, les collectivités réaffirment leur volonté d'assurer à ce public l'accès à l'ensemble de leurs droits.

 

La charge du Collectif national Droits de l’homme (CNDH) Romeurope à l’encontre de l’Etat et des collectivités est lourde et argumentée. Dans son dernier rapport, publié le 23 septembre 2015, le collectif estime que « depuis la résurgence des bidonvilles il y a 25 ans, les politiques publiques à l’égard de leurs habitants sont désastreuses ». Au-delà de la problématique – centrale -, des expulsions, Romeurope veut tout particulièrement attirer l’attention sur la situation des enfants, qualifiée de « critique ». Le rapport dénonce « les refus de scolarisation, l’absence de protection de l’enfance en danger et des mineurs victimes d’exploitation ». « L’Etat et les collectivités territoriales ne peuvent abandonner ces enfants ! », interpelle Romeurope. « Ils sont, pour la grande majorité d’entre eux, nés en France et n’ont pas de lien avec le pays de leurs parents », souligne Manon Fillonneau, déléguée générale du collectif, « la priorité devrait être leur intégration à la société française ».

 

“Traitement différencié”

 

Romeurope souligne le manque de chiffres, ne pouvant donc ne donner qu’une estimation du nombre d’enfants vivant dans des squats ou bidonvilles, entre 8 et 12 000. « Les mairies ne respectent pas le code de l’éducation qui les oblige pourtant à un recensement de tous les enfants de leur territoire en âge d’être scolarisés », avance Manon Fillonneau. Romeurope rappelle les cas de refus de scolarisation, sur décision du maire, et dénonce « une méthode plus insidieuse » qui consisterait à placer les enfants sur liste d’attente ou d’arguer de la difficulté à ouvrir des classes spécialisées pour élèves allophones. « Alors qu’ils ont avant tout besoin de sociabilisation et donc d’intégrer le milieu ordinaire », ajoute Manon Fillonneau.

Pour défendre le cas d’enfants confrontés à des refus de scolarisation, Romeurope se félicite de l’engagement du Défenseur des droits, « même s’il s’agit de résolution au cas par cas ». Egalement, le collectif entend interpeller prochainement l’Association des maires de France sur cette question.

Concernant les pratiques en protection de l’enfance, Romeurope dénonce « des placements pour précarité matérielle », soit, « un motif inacceptable pour séparer les enfants de leurs parents ». Le collectif estime que les enfants n’ont pas accès aux mesures alternatives au placement, promus par la loi de 2007, comme les interventions des travailleurs sociaux au sein des foyers pour des actions éducatives. « Pourquoi ces enfants font-ils l’objet d’un traitement différencié ? », interroge Manon Fillonneau.

A lire aussi Roms : “La plus grande responsabilité repose sur les autorités locales”

 

Pour l’Andev, des dispositifs qui fonctionnent

 

L’Association nationale des directeurs de l’éducation des villes (Andev), souligne, par la voix de sa présidente, Anne-Sophie Benoit, que les collectivités s’efforcent d’appliquer « la règle de l’école qui accueille tous les enfants », conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant, sans nier des difficultés organisationnelles, « par exemple, des enfants accueillis dans des locaux peu propices à l’apprentissage ou des familles qui se présentent bien après la rentrée scolaire », des différences de moyens engagés d’un territoire à l’autre de la part des collectivités comme de l’Education nationale au titre de la réussite éducative, et la mauvaise volonté de certains élus locaux. L’Andev précise que les communes prennent en charge les frais de cantine et du périscolaire, par le biais de leur CCAS, ou encore de transport, en partenariat avec les départements. « La scolarisation de ces enfants repose sur un fort partenariat entre les collectivités, l’Education nationale et le tissu associatif, très investi sur cette question », insiste Anne-Sophie Benoit.

 

Selon l’ADF, une approche non stigmatisante

 

Jean-Michel Rapinat, en charge du pôle Affaires sociales de l’Assemblée des départements des France (ADF), l’assure : « Les départements prennent en charge ces enfants sans catégorisation et sans stigmatisation aucune », tout comme il assure « de la bienveillance des professionnels ». Il tient à rappeler les efforts, sur le volet de la prévention précoce, des services de Protection maternelle et infantile (PMI), « qui, pour certains, se déplacent sur les campements, à la rencontre des jeunes enfants et de leur famille ».

Sur le point précis des placements au titre de la protection de l’enfance, Jean-Michel Rapinat reconnaît que les départements « sont fortement sollicités sur la question, d’une grande complexité, de l’évaluation des situations », avec le souci d’intervenir au bon moment. Pour l’ADF, au moment même où les collectivités son confrontées à une forte pression budgétaire, la présence des départements auprès de ce public fragile ne peut pas être mise en cause.
Il y aurait actuellement entre 15 et 20 000 Roms vivant en France, en très grande majorité roumains et bulgares, la moitié en région parisienne et le quart en Seine-Saint-Denis.

Références

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  1. 1. Eva 13/10/2015, 08h24

    Demandez la suspension de l'expulsion du campement aux portes de Paris où se sont installées plusieurs familles l'été dernier :
    https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-de-police-sncf-r%C3%A9seau-mairie-de-paris-suspendez-l-expulsion-de-400-migrants-%C3%A0-paris
    Cette sursis permettrait de poursuivre le travail d'intégration commencé par les familles et soutenu par les nombreuses associations intervenantes sur le campement (LDH, Médecins du Monde...).

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