COP 21

Climat : « Il faut faciliter l’accès des collectivités aux fonds de financement »

Par
transition

Flickr CC by Benoît Lesquerbault

Le Comité des régions de l’UE s’apprête à adopter le rapport d’Annabelle Jaeger sur la COP 21 lors de la session plénière qui se tient à Bruxelles le 13 octobre. Elle qui est aussi conseillère régionale en PACA (Europe Ecologie Les Verts) déplore que les collectivités locales soient insuffisamment prises en compte.

Quelles sont les principales demandes du rapport ?

Mon rapport est une invitation à la Commission européenne et aux États membres à aller plus loin dans leurs engagements en faveur de la lutte contre le changement climatique et à faire en sorte que le rôle des régions et des villes soit reconnu dans les textes.

Pour les engagements, nous prônons un trio 50-40-40 : il faut réduire d’au moins 50% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, viser au moins 40% en termes d’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’UE et porter la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique à au moins 40% également.

Ce sont des objectifs qui avaient déjà été validés par le Comité des Régions l’année dernière. Je les reprends parce qu’ils ne correspondent toujours pas aux ambitions européennes. Je peux le comprendre à ce stade des négociations mais j’estime que notre rôle est de dire qu’on y croit, qu’on sait que c’est possible. L’Europe se doit d’être exemplaire.

Les collectivités territoriales ont souvent répété qu’elles ne voulaient pas être des figurantes dans ce processus. Ont-elles été suffisamment entendues ?

Disons qu’on avance. On avance parce qu’on prend des initiatives – c’était un peu l’idée du Sommet de Lyon par exemple, ou du Sommet des gouvernements locaux pour le climat qui se tiendra à Paris début décembre. Mais ce sont des initiatives qui viennent de nous-mêmes. Je l’évoque dans le rapport : il faut que ce dialogue n’ait pas seulement lieu durant les conférences internationales, il faut qu’il soit régulier, organisé. Or, tout cela n’est pas encore systématique.

 

Lire aussi : COP21 : Les collectivités territoriales ne comptent pas oeuvrer en coulisses

Pourquoi insistez-vous pour que le rôle des villes et des régions soit reconnu dans l’accord de Paris ?

Ce n’est pas du tout symbolique : cette reconnaissance pourrait avoir des implications concrètes sur les mécanismes de mise en oeuvre et de financement. Pour des raisons qui restent un peu obscures pour moi, on n’arrive pas à faire reconnaître ce rôle. On est toujours considéré comme « les parties prenantes » au même titre que les associatifs, les organismes sociaux et économiques. Alors que nous sommes des échelons de gouvernements élus. Mais au final, la crédibilité même des engagements des États dépend de la capacité des collectivités à les mettre en œuvre. C’est pour cela aussi que nous demandons de faciliter l’accès des collectivités aux financements. Dans le plan Juncker par exemple, il y a des choses très intéressantes sur la transition énergétique mais cela s’arrête aux très gros projets. Les collectivités territoriales sont sur des projets qui ne sont pas forcément à cette échelle.

Justement : les engagements financiers, n’est-ce pas là le noeud du problème pour les collectivités ?

Effectivement, vous mettez le doigt là où ça fait mal. Le meilleur exemple est la rénovation thermique des logements, qui sont une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Les engagements financiers sont tellement lourds dans ce domaine que s’il n’y a pas des mécanismes de soutien, on n’y arrivera pas. En France, sans le mécanisme de tiers financement, on doit rester à une échelle qui n’est pas à la mesure des enjeux. Donc oui, les engagements financiers sont très lourds. Et quand on n’est pas capable de les mobiliser, c’est d’autant plus frustrant que l’on sait très bien les retours positifs sur investissement. En s’engageant dans la rénovation thermique, vous participez à la lutte contre la précarité énergétique et vous faites quand même travailler et vivre toute la filière BTP. C’est pour résoudre ce problème d’engagement financier de départ que mon rapport appelle à un accès facilité à des fonds verts et autres mécanismes de financement. Il recommande aussi d’étudier l’idée de décompter l’investissement climat du calcul de l’endettement.

Vous êtes optimiste par rapport à l’accord de Paris ?

J’ai envie de l’être. Je pense que l’une des leçons de Copenhague, c’est d’avoir compris que l’accord est certes essentiel pour avancer à l’échelle internationale, mais que ce n’est pas tout. Sans la mobilisation de l’ensemble des acteurs – collectivités et autres – l’accord ne servira à rien. Donc on ne doit pas focaliser sur l’accord mais se donner les moyens d’accompagner cette dynamique, cette mobilisation des entreprises, des syndicats, des collectivités. Si l’accord n’est pas à la hauteur, il ne faut pas que la déception pénalise cette dynamique-là. La dynamique des Etats est bien sûr essentielle mais ce ne sont pas eux qui réalisent, sur le terrain tous les jours, ce que font les collectivités, les entreprises, les citoyens au travers de multiples initiatives. Cela, il faut l’encourager, le positiver et il faut accompagner. C’est aussi le message que nous essayons de faire passer.

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