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Culture

Orchestres territoriaux : une enquête pour faire évoluer les politiques des publics

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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Orchestre de Bretagne, CC BY SA 4.0 via Wikimedia Orchestre de Bretagne, CC BY SA 4.0 via Wikimedia © D.R.

L’Association française des orchestres (AFO) réunit élus locaux et responsables de phalanges territoriales le 5 octobre 2015 à la Philharmonie de Paris. Objectif : intensifier le dialogue sur la place des orchestres dans les politiques culturelles, à la lumière d’une enquête sociologique qui fait voler en éclat quelques clichés tenaces.

 

Chiffres-clés

  • 32 orchestres symphoniques permanents  
  • 2918 concerts par an
  • 2242 musiciens en CDI
  • 3988 musiciens en CDD
  • 78% de subventions des villes, régions et départements
  • 22% de subventions de l'Etat
  • 3000 séances par an d'actions d'éducation artistique et culturelle

(source : AFO)

 

Financés par des subventions des collectivités (78%) et de l’Etat (22%), les 30 orchestres permanents de région et de ville se positionnent sur des « missions d’intérêt général », avec quelque 3000 concerts par an et autant d’interventions d’éducation artistique et culturelle. Cependant, l’image d’une pratique culturelle élitiste reste tenace.

Avec l’étude produite par le cabinet ARISTAT, l’Association française des orchestres (AFO) espère faire évoluer les esprits et convaincre élus et directeurs des affaires culturelles des collectivités d’en faire « un instrument de politique culturelle à part entière, avec une image plus solidaire », explique Philippe Fanjas, directeur de l’AFO.

Voici les principaux enseignements de cette enquête(1)  présentée le 5 octobre lors d’un colloque à la Philharmonie de Paris.

« Potentiel de renouvellement »

Sans surprise, l’audience des salles de concert n’est pas des plus jeunes : l’âge moyen s’établit à 54,1 ans, l’âge médian à 63 ans. Ce qui ne veut pas nécessairement dire que ce public est vieillissant.

Car l’analyse montre une surreprésentation des moins de 30 ans (2). « Là, il se passe quelque chose pour l’avenir, observe Xavier Zunigo, directeur associé d’ARISTAT. D’autant plus que cette catégorie-là déclare à plus de 66% avoir l’intention de revenir au concert prochainement. »

Source : Le public des orchestres, enquête ARISTAT-AFO

Source : Le public des orchestres, enquête ARISTAT-AFO

Par ailleurs, et sans surprise, la courbe des âges des publics enregistre un creux entre 30 et 46 ans, période où les contraintes familiales et professionnelles sont maximales.
« Cependant, les mouvements de la courbe montrent qu’il existe des dynamiques », décrypte Xavier Zunigo. Les 18-30 constituent une réserve de publics pour dans 20 ans, où ils viendront remplacer les actuels baby-boomers. »

Composition socio-professionnelle diversifiée

Les cadres ou assimilés (indépendants, chefs d’entreprise) représentent 51,5% des personnes interrogées. Ce qui est une proportion bien moindre que ne le dit le cliché traditionnel du mélomane socialement privilégié.
Finalement, les pourcentages de cadres et non-cadres s’équilibrent à peu près.
Quant aux ouvriers et employés, ils représentent 9% des publics, les étudiants 7% et les professions intermédiaires près du quart (22,9%).

« Si la fréquentation du concert de musique classique par des individus appartenant aux catégories aisées est vérifiée, elle ne résume pas à elle seule la situation », notent les auteurs.

Tout ne se joue pas dans l’enfance

L’enquête montre, certes, que le public des personnes interrogées commence majoritairement à fréquenter les concerts pendant l’enfance, dans le cadre familial ou scolaire : 55%. Pour 45% d’entre elles – part non négligeable -, l’entrée dans la musique classique se fait plus tardivement, par différents mécanismes.
Pour 35% des publics, cela passe par une initiation en début de vie adulte, une pratique instrumentale rare, l’influence de l’entourage (processus dit « de socialisation secondaire »). « Ce résultat montre toute l’importance des actions d’accompagnement du public (concerts présentés, ressources documentaires etc.) qui peuvent être mises en œuvre par les orchestres », notent les auteurs.

L’enquête met aussi en lumière un phénomène de découverte tardive de la musique sous l’influence des  enfants. Phénomène qui concerne 12% des personnes interrogées, et « qui permet de quantifier, pour la première fois, l’un des impacts des actions éducatives », notent les auteurs de l’étude.

De plus, l’importance de la part des cadres dans les phénomènes d’entrée tardive dans la musique classique révèle, selon les auteurs, « l’importance des effets d’apprentissage social et culturel tout au long de la vie ». C’est dans le cas de l’influence des enfants que la diversité sociale est la plus grande (avec plus d’ouvriers, employés et professions intermédiaires).

Motivations hétéroclites

Les motivations purement musicales ne sont pas majoritaires dans les publics des concerts. Loin s’en faut, puisqu’ils ne sont que 18,5% à les mettre en avant.
Les majoritaires sont ceux qui mettent en avant sa dimension de sociabilité (sortie entre amis ou en famille) : 29,6%. De même, l’environnement de la sortie (confort et esthétique de la salle, services proposés sur place, accessibilité, etc.) figure parmi les facteurs d’attractivité du concert mentionnés par certains.
« C’est aussi une dimension importante dans notre dialogue avec les élus, souligne Philippe Fanjas, notamment lorsqu’il s’agit de construire ou de rénover un équipement. »

Les « injonctions contradictoires » des collectivités

L’enquête d’ARISTAT sur les publics des orchestres met en lumière une démocratisation inversement proportionnellement à l’âge de l’audience. Ce qui met les orchestres face à une quadrature du cercle pour élaborer des politiques des publics.

« Les orchestres sont face à des injonctions contradictoires, souligne Philippe Fanjas, directeur de l’AFO . D’un côté, les collectivités demandent que les orchestres rajeunissent leur public. Or le recrutement du public jeune s’opèrent majoritairement dans les classes sociales supérieures, ce qui vient contredire l’effort de démocratisation. Inversement, plus on s’essaye de démocratiser le public, plus l’effort de rajeunissement est difficile, puisque la dynamique d’entrée tardive dans la musique classique s’accroît avec l’âge. » Un problème qui devrait occuper une place importante dans le dialogue entre responsables d’orchestre, élus et DAC.

Source : Les publics des orchestres,  enquête ARISTAT-AFO

Source : Les publics des orchestres, enquête ARISTAT-AFO

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    Notes

    Note 01 - Enquête réalisée avec 11 400 questionnaires et 130 entretiens qualitatifs réalisés à la sortie de concerts données en 2013 et 2014 par 13 orchestres représentatifs des orchestres français. - Retourner au texte

    Note 02 - l’enquête a exclu les actions « jeune public » et les concerts gratuits - Retourner au texte

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Thèmes abordés Politiques culturelles

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