Déchets

Tri : la compréhension des consignes n’est pas si médiocre

| Mis à jour le 02/10/2015
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Siredom

L’étude réalisée par Ipsos pour l’Alliance carton nature (association des fabricants de briques alimentaires), publiée le 1er octobre 2015, dément une idée reçue : les modalités de tri des déchets ne sont pas cet obscur embrouillamini qui laisserait les trieurs désemparés face à leurs bacs aux diverses teintes.

Avec une note moyenne de 14 sur 20, les Français s’avèrent plutôt au clair avec les consignes de tri des déchets ménagers. L’étude réalisée par Ipsos pour l’Alliance carton nature (1), publiée le 1er octobre 2015, dément une idée reçue : les modalités de tri des déchets ne sont pas cet obscur embrouillamini qui laisserait les trieurs désemparés face à leurs bacs aux diverses teintes.

tri - éco-emballages - Pierre Antoine

L’étude confirme que le tri est entré dans les mœurs – au moins de manière déclarative : 92 % des sondés affirment trier systématiquement ou régulièrement à domicile, 73 % sur le lieu de travail et 82 % dans les lieux publics équipés pour la collecte sélective.

Pour les emballages courants (carton, plastique, verre, briques alimentaires, métal) ainsi que les papiers, le geste est systématique ou régulier pour 87 à 93 % des personnes interrogées.

Des doutes persistants

Questionnés plus précisément sur la façon de jeter tel ou tel déchet (de la bouteille d’eau en plastique à la plaquette de médicaments en passant par le rasoir jetable ou l’ampoule usagée), les Français obtiennent la note honorable de 14 sur 20.
Pourtant, ils sont 65 % à se déclarer « hésitants sur certains déchets », 32 % se disant « sûrs » d’eux. Il y a là la « nécessité d’une ‘réassurance’ de l’information », selon Ipsos.

Les collectivités y verront aussi la justification de la communication de proximité. Celle-ci gagnerait à développer les messages sur l’amont (fabrication des produits) et l’aval (recyclage) des filières : seules 23 % des personnes interrogées se disent capables de choisir des emballages respectueux de l’environnement et 19 % ont connaissance de ce que deviennent les emballages triés.

Un bien-fondé évident

L’adhésion au tri est massive. 82 % des Français souscrivent à l’idée qu’il est « vraiment utile de trier, la plupart des déchets sont bien recyclés ». 88 % considèrent que « ne pas trier ses déchets est un acte de mépris pour l’environnement ».
93 % associent le tri des déchets à « la sauvegarde des ressources naturelles (forêts, sols, biodiversité, eau, etc.) ». 95 % jugent qu’enseigner « le tri des déchets aux enfants, c’est leur apprendre le civisme ». Et 96 % estiment que « l’utilisation d’emballages recyclables doit devenir la règle si l‘on veut sauvegarder efficacement notre environnement ».

Oui à l’incitation fiscale, non au malus à l’achat

Le principe d’une tarification incitative est plutôt bien perçu. Les Français soutiennent, à 57 %, « le remplacement de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères par un paiement en fonction du poids de sa poubelle d’ordures ménagères et du respect des consignes de tri des déchets pour faire payer moins cher ceux qui font des efforts ».

La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 prévoit (art. 70, III, 4°) « la généralisation » de la tarification incitative, visant 15 millions d’habitants relevant de ce mode de facturation encourageant la prévention et le tri de déchets en 2020 et 25 millions d’habitants en 2025. Mais une majorité (59 %) s’oppose à un « système d’amende pour les personnes qui font des erreurs répétées dans le tri des déchets ».

L’idée d’un « système de malus à l’achat pour les consommateurs qui achètent des produits emballés avec des matériaux non recyclables » est rejetée par 63 % des sondés.
Le résultat aurait sans doute été différent si la question avait porté sur la pénalisation du producteur d’emballages non recyclables (auxquels s’appliquerait, par exemple, une TVA majorée).

La science ne permettra pas de surmonter la crise climatique, selon les Français

« Les Français font preuve d’une grande sensibilité environnementale, à l’égal des Allemands », affirme Etienne Mercier, directeur du département politique et opinion d’Ipsos. Ce que confirment les principaux enseignements de l’étude.

Ainsi 97 % des Français jugent qu’il « est désormais urgent de lutter contre l’épuisement des ressources naturelles de la planète », 87 % que « si l’on ne fait rien pour préserver la planète, la survie de l’homme sera menacée à moyen terme » et 70 % que « la situation de la planète est très grave, il est presque trop tard pour agir ».
Plus d’un Français sur deux (54 %) dit « ressentir personnellement les conséquences du réchauffement de la planète dans sa vie quotidienne ».

Pour 81 % des personnes interrogées, « les catastrophes météorologiques (tempêtes, inondations) sont une conséquence directe du changement climatique ». Seules 49 % estiment que « grâce à la science et au progrès scientifique, on trouvera toujours des moyens pour limiter les conséquences du réchauffement climatique sur nos modes de vie ». Cette « confiance négative » marque une inflexion, « les réponses n’allaient pas dans ce sens il y a cinq ans », observe Etienne Mercier.

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