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Démocratie locale

Denys Lamarzelle : « Le passage d’un poste de DGS à un mandat d’élu est devenu naturel »

Publié le • Par • dans : France

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© Phovoir

A la veille de l'ouverture du congrès du Syndicat national des DG les 1er et 2 octobre 2015 à La Rochelle, Denys Lamarzelle analyse pour La Gazette, l’avènement de maires issus des entourages d’élus et de la haute fonction publique territoriale. Un phénomène qui renforce sa théorie de « la zone grise du management politico-administratif ». Denys Lamarzelle, est l’auteur, en 2014, aux éditions Papyrus du livre « Les cadres territoriaux ». Entretien.

 

Comment expliquez-vous qu’un quart des maires de communes de plus de 30 000 habitants soient des collaborateurs d’élus ou des cadres territoriaux ?

Depuis 30 ans, les pouvoirs locaux sont devenus des centres d’intérêt importants pour des gens qui ont la fibre technico-politique. Les agents qui gravitent dans la zone grise du management politico-administratif qu’ils partagent avec les exécutifs locaux ont souvent l’envie de passer un jour du statut de force de proposition à celui de décideur. Ce phénomène ne touche pas seulement les villes de plus de 30 000 habitants, mais aussi des collectivités de taille moindre. On voit même parfois des cadres territoriaux rester en fonction dans une grosse collectivité et se faire élire dans une plus petite. Dans les faits, s’ils ne font pas eux-mêmes forcément la démarche, ils sont appelés par des maires ou présidents qui ont repéré leur compétence, leur fiabilité aussi…

N’est-ce pas aussi le signe d’une politisation plus forte de la haute fonction publique territoriale ?

L’ancêtre du directeur général des services, le secrétaire général, était un pur exécutant. Ce qui lui permettait cependant, en cas d’alternance, de rester en place. A partir des années 1990, il est devenu le plus proche collaborateur du président de l’exécutif local. En prenant la dénomination de DGS, il a développé alors une forte composante stratégique. Compte tenu de cela, le passage d’un poste de DGS à un mandat d’élu est devenu naturel.

Les maires, par ailleurs professionnels de l’action publique locale, n’ont-ils pas tendance à se transformer en super DGS ?

Absolument pas, car ils enfilent très rapidement les habits de l’élu. Et c’est bien connu, « la fonction crée l’organe ». L’élu, ancien technicien, accorde alors une grande confiance à son DG qui comprend tout de suite qu’il se situe dans un partenariat entre stratèges. Chacun sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur.

N’est-ce pas une situation difficile ?

Non. Car cet élu ancien technicien ne sort pas d’une pochette-surprise comme certains élus par le passé. Et le cabinet et les services n’ont pas besoin d’accompagner sa formation de A à Z. Cet élu est opérationnel tout de suite. Ce schéma, c’est gagnant-gagnant pour tout le monde.

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  1. 1. Dominique Filatre 28/10/2015, 18h01

    Je pense aussi que le constat est juste et correspond à une tendance montante. La zone grise est une réalité, dire qu'elle est souhaitable et que tout va bien, c'est une autre affaire... En fait, nous trouvons une nouvelle fois un mimétisme des collectivités locales par rapport aux pratiques de l'échelon national. Pour le meilleur peut-être, mais aussi pour le pire.

    Le pire, c'est l'élitisme, l'enfermement oligarchique, le circuit fermé grands corps/ cabinet ministériel /pantouflage / député / ministre est en train de se décalquer. Le procès en démocratie se décalquera aussi.

  2. 2. Hugues Clepkens 05/10/2015, 15h35

    cette opinion illustre à la perfection la perversion du système local contemporain : plus personne ne s'y retrouve; tout est mélangé. Depuis les institutions locales jusqu'aux individus qui les servent, la confusion est totale.
    Le résultat ? A moins d'un mois des élections municipales de 2014, plus de 60 % des communes ne comptaient aucun candidat déclaré; l'abstention n'a jamais été aussi élevée; dans les mois qui ont suivis, le nombre des démissions a atteint des niveaux inconnus.
    Bref, çà ne fonctionne plus...sauf pour ceux qui se servent de cette confusion pour en tirer les marrons du feu...On peut s'en satisfaire, à condition de tirer un trait sur tout ce qui fondait une organisation républicaine saine.

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