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[Opinion] Management

Diversité dans la fonction publique territoriale : passer des paroles aux actes

Publié le • Par • dans : France, Opinions, Toute l'actu RH

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Silhouettes sombres © Getty

La notion de diversité est devenue l’un des lieux communs de la réflexion sur la fonction publique. En 2004, déjà, le rapport sur la diversité souhaitait « [la] diversifier pour qu’elle soit plus représentative de la nation ». Face à l'échec, Valéry Molet, DGS de Seine-Saint-Denis appelle à une réforme.

Valéry Molet © V. Vincenzo

Valéry Molet, Directeur général des services du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

 

La notion de diversité est devenue l’un des lieux communs de la réflexion sur la fonction publique. En 2004, déjà, le rapport sur la diversité souhaitait « [la] diversifier pour qu’elle soit plus représentative de la nation ».

Onze ans après, les vœux pieux sont devenus inaudibles à l’heure où la participation de tous aux services publics est le meilleur rempart contre les forces centrifuges qui animent notre société. Comment légitimer l’action publique si les personnels l’incarnant, notamment l’encadrement supérieur, sont parfois ressentis comme disjoints de la population ? Les collectivités ne doivent plus tendre un miroir sans tain aux habitants qu’elles servent quotidiennement.

Obstacle du concours

En Seine-Saint-Denis, ce risque est d’autant plus fort que le recrutement d’agents représentant la diversité du territoire est rendu difficile par les obligations légales en la matière. La population plus jeune, moins diplômée ou d’origine variée (170 nationalités sont présentes) ne se retrouve que trop peu dans le portrait-robot du lauréat des concours. Plafond de verre, codes sociaux implicites, logiques d’entre-soi : autant de barrières que les normes nous empêchent de faire tomber.

Candidat au label « Diversité » de l’Afnor, le département souhaite faire de l’égalité des chances le socle de sa politique de ressources humaines. Toutefois, seule une profonde réforme des modes d’intégration dans la fonction publique et singulièrement sur les postes de responsabilité permettra d’adapter à la société d’aujourd’hui le principe constitutionnel d’« égal accès ».

Protocoles transparents de discrimination

L’élargissement du vivier des candidats, par des actions de sourcing en particulier dans les universités, doit être institué. Mais, surtout, le temps est peut-être venu d’instaurer des protocoles transparents de discrimination, que l’on ne peut qu’appeler positive, à l’endroit des populations issues des immigrations.

A l’instar des mesures relatives à la parité, ces outils sont les seuls à même de rompre avec des incantations si peu suivies d’effet. Sauf à demeurer un sanctuaire, la fonction publique doit redevenir un espace d’ouverture et de promotion. C’est à cette seule condition qu’elle continuera à assurer la qualité des services dont elle a la charge.

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  1. 1. Prof 01/10/2015, 14h57

    Je trouve les commentaires très intéressants.
    A mon tour, je souhaiterais faire part d'une expérience vécue par un jeune professeur de langue dans une classe de terminale.
    Ce professeur a d'abord exercé ses fonctions dans un collège, puis a été mutée dans un lycée, non pas de la banlieue parisienne mais de la France profonde.
    Il lui arrive très souvent lors d'un cours de s'exprimer en français pour mettre à jour les connaissances grammaticales de ses élèves de terminale qui la remercient car enfin ils comprennent le sens de ces expressions.

    La question n'est pas la qualité des professeurs mais l'effort que les jeunes sont prêts à réaliser. Il lui est arrivé de rappeler que les informations qu'il donnait avait été acquises en 6ème;
    Et vous ne devinerez jamais la réponse des élèves: c'est vrai, on l'a vu à ce moment là. Mais il me semblait qu'il n'était pas nécessaire de s'en souvenir!!!

    Il me semble que pour mettre en place la diversité dans la fonction publique, il faut d'abord remettre en cause le principe de non redoublement des élèves: pourquoi autoriser un élève à accéder à la classe supérieure s'il n'a pas correctement assimilé les éléments indispensables à la poursuite de ses études?

    Je connais très bien une personne qui, jusqu'à la classe de cinquième a suivi une scolarité loin d'être exemplaire. Il a eu la chance de redoubler en cinquième et a terminé ses études par un diplôme d'ingénieur après avoir suivi les classes préparatoires aux grandes écoles!

    C'est vrai, il y aura bientôt quarante ans. Mais ne peut-on pas s'appuyer sur l'expérience du passé pour partager un avenir radieu?

    Alors la diversité dans la fonction publique se mettra en place.

  2. 2. malicorne 30/09/2015, 14h59

    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/04/28/en-chiffres-sans-discrimination-positive-les-minorites-seffacent-des-universites-americaines/

  3. 3. romana 29/09/2015, 20h50

    Les concours de la fonction publique sont dans beaucoup de cas probablement le dernier lieu de vrai égalitarisme = concours avec des écrits anonymes où l'on est jugé que par ce qu'on produit comme écrit et non tel ou tel copinage ou tel origine ou fréquentation. Ce n'est pas le concours en lui même qu'il faut changer pour en garantir la réussite égalitaire, au contraire, ses principes sont excellents. Là où il y a problème c'est avant, dans l'enseignement, tous les territoires n'ont malheureusement pas la même qualité d'enseignement (cf critères de recrutement des instits et profs de collèges et problématiques sociales et culturelles concentrées dans certains établissements), c'est là qu'il y a rupture d'égalité. Par conséquent tous les diplômes, suivant où on les passe, même à niveau égal niveau (Bac, Bac +2 Bac +4 etc...), n'ont pas la même valeur. Et de jeunes diplômés pensant être de valeur du fait de leur Bac+5 se cassent le nez sur des concours avec une très forte sélection (de l'ordre de 3 reçus sur 100 candidats) car on leur a fait miroiter un niveau qu'ils n'ont pas. Cela génère de la frustration. Ce n'est pas le concours qui est en cause, il n'y a pas plus anonyme et égalitaire. C'est l'éducation et l'enseignement égalitaire pour tous les territoires qu'ils faut garantir, c'est ça qui permettra la réussite égalitaire aux concours. Supprimer ce type de concours ce sera détruire le dernier vrai bastion de jugement égalitaire face à l'accès à l'emploi qui existe.

  4. 4. amelior 29/09/2015, 09h08

    La discrimination positive a été expérimentée avec succès aux états- unis où toutes les couleurs et confessions sont représentées dans toutes les professions y compris les plus prestigieuses.
    La télévision américaine engage dans ses émissions et ses films des gens de toutes les couleurs et ils sont tous considérés comme américains.
    Aucun candidat potentiel n'oserait faire campagne contre les étrangers ou leurs descendants...
    Même en Grande-Bretagne et dans les pays nordiques, les français issus de l'immigration sont mieux accueillis que dans le pays où ils sont nés parce qu'on s'attache à leurs compétences et leur volonté de réussir, on ne compte plus le nombre de jeunes découragés qui ont émigrés là-bas et qui ont réussi et sont parfaitement intégrés à une société où ils ne sont pas stigmatisés.

    En France, la discrimination positive est mise en place pour les femmes dans les entreprises et sur les listes électorales et personne ne juge que cela s'oppose à la constitution...
    Parfois, il faut faire preuve d'honnêteté, discriminer positivement ne veut pas dire promouvoir des incapables mais donner à ceux qui ont le profil adéquat une chance de réussir sans discriminations !

    Par ailleurs, dans la territoriale, il y a de nombreux fonctionnaires qui n'ont jamais obtenu de concours, qui ont été embauchés par voisinage comme on dit, et qui malgré tout, ont davantage accès aux promotions que d'autres qui sont diplômés et lauréats...

    Il faut se poser les bonnes questions et prendre de la distance par rapport aux médias en général et être objectif.

  5. 5. GENIE 28/09/2015, 13h51

    Il est vrai que la fonction publique ne reflète pas la diversité de la population française actuelle.

    Il est vrai aussi qu'il faut cesser d'assimiler diversité et quartiers ou diversité et absence de diplômes car cela fait un bon moment déjà qu'une bonne partie de cette population acquiert des diplômes sans pour autant avoir une égalité des chances au travail à la base, à la promotion par la suite...

  6. 6. Patrice Noster 28/09/2015, 13h32

    Bonjour,
    La question ouverte n'est pas tant celle de la diversité sociale que celle de la diversité ethnique pour ne pas dire des couleurs.
    2 solutions, les statistiques de couleur... mais pas dans l'air du temps, ou l'abrogation du statut et le passage au recrutement "libre".
    Par ailleurs, il est question d'un département, collectivité qui, de par sa taille, dispose de bien des moyens de donner corps aux "vœux pieux" et plus particulièrement "sur les postes de responsabilité".
    De même, quid de la garantie constitutionnelle de libre administration et que vient faire la qualité des services ici ?
    Notre job n'est-il pas de mettre en oeuvre la politique décidée par les élus ?
    Enfin, bel exemple de promotion de la diversité et de l'égalité républicaine : le fonctionnaire portrait d'un territoire...

  7. 7. stéphane 28/09/2015, 11h19

    Cette analyse part du principe que tous les jeunes de Seine St Denis ne sont pas diplômés et qu'ils n'ont pas le niveau. Ce qui est faux. Le vrai problème est que la fonction publique n'attire pas les diplômés du 93.
    La discrimination (même positive) est une bombe à long terme; Comment accepter que quelqu'un soit recruté uniquement sur son origine au dépend d'un autre qui aura travaillé pour réussir les concours. Sans parler de la conformité de cette méthode avec la constitution.

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