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Lutte contre l’exclusion

Simulateur d’aides sociales en ligne: encore un peu de patience avant d’aider vraiment les plus précaires

Publié le • Par • dans : France

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Clotilde Valter et Ségolène Neuville se sont déplacées à Melun pour présenter le simulateurs d'aides sociales mes-aides.gouv.fr. Clotilde Valter et Ségolène Neuville se sont déplacées à Melun pour présenter le simulateurs d'aides sociales mes-aides.gouv.fr. © Isabelle Raynaud

Les secrétaires d’État en charge de la Simplification et de la Réforme de l’État et de la Lutte contre l’exclusion ont présenté, le 24 septembre, le simulateur d’aides sociales en ligne mes-aides.gouv.fr. Après un an de fonctionnement discret sur la toile, le dispositif entame une phase plus poussée de tests dans les collectivités, avec une participation plus importante des travailleurs sociaux.

 

François Hollande avait testé l’application en octobre 2014, il a pourtant fallu attendre le 24 septembre 2015 pour que le simulateur mes-aides.gouv.fr soit officiellement présenté en présence de deux secrétaires d’État, Clotilde Valter, en charge de la Simplification et de la Réforme de l’État, et Ségolène Neuville, chargée de la Lutte contre l’exclusion à Melun, en Seine-et-Marne. L’outil doit permettre aux usagers de connaître, en partant de leur situation, les aides (RSA, allocations logements, AAH…) auxquelles ils ont droit.

Mais après un an de tests et de retours, le dispositif n’en est même pas encore à la phase de déploiement mais juste du lancement de l’expérience pilote dans le département, soit presqu’un an de retard.

Les acteurs du social de ce territoire travaillent sur la simplification de l’accès aux droits depuis 2013, lorsqu’il était question de mettre en place un dossier unique pour six minimas sociaux. Le dossier unique a depuis été mis de côté, car jugé trop compliqué à mettre en place rapidement,  mais les responsables de la Caf ont voulu poursuivre leur partenariat avec les services de l’État.

« Trop de bénéficiaires ignorent ou renoncent à leurs droits », a ainsi expliqué Agnès Basso-Fattori, la directrice de la CAF de Seine-et-Marne. Pour elle, le simulateur est un outil qui permet une « autonomisation » des publics, « un facteur de réduction des inégalités ».

« La lutte contre la pauvreté passe par l’information, appuie Matti Schneider, le responsable du projet mes-aides au sein du SGMAP. Or ceux qui en ont le plus besoin sont souvent ceux qui ont le moins d’informations. » L’interface développée est donc la plus simple possible pour l’utilisateur, qu’il soit allocataire potentiel ou travailleur social.

 

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Un dispositif peu pensé pour les travailleurs sociaux

Mais, clairement, le dispositif a d’abord été pensé pour le public destinataire des aides. La question d’une assistante sociale après la présentation a ainsi jeté un froid : « Les personnes ont rarement tous les papiers nécessaires en même temps, est-il possible d’enregistrer les données pour pouvoir reprendre directement lors d’un autre rendez-vous ? », a-t-elle simplement demandé. « C’est le genre de retours qu’on aimerait avoir, faites-nous un mail et nous verrons comment le développer et reviendrons vers vous », lui a répondu Matti Schneider.

Après un an d’amélioration par des retours online, les développeurs, en présentant l’outil en Seine-et-Marne, venaient en effet chercher des médiateurs, travailleurs sociaux ou bénévoles associatifs, pour avoir des remontées sur « l’utilité du simulateur dans vos réseaux ». Il était temps, ont murmuré certains dans la salle. Laurence Picard, vice-présidente du conseil départemental en charge des solidarités a ainsi indiqué « regretté [que les services du département] n’aient pas été plus impliqué dans la démarche ». « Tout cela s’est fait en nous échappant, on a envie d’être dans la démarche. Il est évident qu’on a des choses à apporter », expliquaient après la réunion les responsables des maisons départementales des solidarités, qui découvraient l’outil alors qu’ils avaient surtout préparé, dans le cadre de l’expérimentation 2013, le dossier unique. Ils espèrent désormais que mes-aides sera le premier pas : « La révolution, ce serait le coffre-fort numérique administratif qui permettrait aux usagers de ne faire qu’un dossier… »

Prendre en compte la fracture numérique

Simulateur en ligne ou coffre-fort numérique, la question de la fracture numérique se pose néanmoins de la même manière. Si les travailleurs sociaux ont tous vu l’intérêt de mes-aides, beaucoup se sont inquiétés du suivi des usagers. « L’autonomie c’est bien, mais certaines populations ont un vrai besoin d’encadrement humain », a mis en garde Jérôme Dubois, de l’association la Rose des Vents.

« Ce qu’on souhaite faire, c’est simplifier la connaissance des droits auxquels les usagers ont droit. Mais le but final, celui défini par le plan de lutte contre la pauvreté, c’est l’accompagnement social », a voulu rassurer Ségolène Neuville. « L’humain est essentiel, rien ne viendra le remplacer », a-t-elle ajouté.

Et sur les prochaines étapes, et notamment la simplification des aides et de leur attribution, la secrétaire d’État s’est voulue pédagogue : « Les aides ont été conçues au fur et à mesure par des administrations différentes, d’où la complexité actuelle. Si on homogénéisait tous les dispositifs, des personnes perdraient des droits. Dans un premier temps, on a donc préféré faciliter l’accès aux aides. Vu la situation économique actuelle, ce n’est pas le moment de mettre en danger des familles. Mais à terme… »

 

Quid des formations pour les travailleurs sociaux ?

Mes-aides ayant été pensé pour le public et non des travailleurs sociaux, il est très facile d’utilisation. A partir du moment où on a à disposition toutes les données demandées par le simulateur. Pourtant, une formation pour les travailleurs sociaux semble nécessaire. Le responsable du PIMMS (Points Information Médiation Multi Services) de Melun, présent pendant la présentation, a fait part de son expérience, et de ses difficultés : « Nous l’utilisons depuis l’automne 2014 avec les personnes que nous recevons – environ 800 par mois à Melun. C’est bien, le portail nous sort les aides auxquelles ont droit les personnes en face de nous, mais comment expliquer aux bénéficiaires ce que sont ces aides quand on ne les connaît pas ? »

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