Climat

Changement climatique : les grandes villes misent sur les citoyens et la smart city

| Mis à jour le 25/09/2015
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Source : COP 21 
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Jean-Louis Moudenc, président de l'AMGVF, à la Conférence des villes du 23 septembre.AG

Les maires des grandes villes se sont réunis lors de la Conférence des villes, le 23 septembre, pour évoquer leur engagement à lutter contre le changement climatique, en dessinant les contours d'un nouveau mode de relation entre les collectivités locales, l'Etat, les entreprises et les citoyens.

A quelques semaines de la tenue de COP21, l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) avait décidé de consacrer son évènement phare, la Conférence des villes, à la thématique du changement climatique, en réfléchissant aux métamorphoses des villes à l’heure post carbone.

L’occasion, pour les élus, de savourer la toute nouvelle reconnaissance, au niveau international, du rôle des collectivités locales dans la lutte contre le changement climatique. Mais aussi de s’interroger sur les défis à venir pour leurs territoires, qu’ils soient climatiques, sociaux et même humanitaires.
Tout cela, dans un contexte de tensions budgétaires, alors que la transition énergétique devrait coûter au total, pour les collectivités locales, « entre 30 et 60 milliards d’euros », a révélé François Baroin, président de l’AMF.

Lire aussi : Climat : Pourquoi les experts défendent un rôle accru des collectivités locales

En préambule, Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris et hôte de la manifestation, a tenu à faire une mise au point : « Nous ne voulons pas seulement des moyens financiers, nous voulons aussi la reconnaissance de notre rôle actif. Je n’accepte plus qu’on parle de nous comme étant le maux de tous les problèmes de ce pays et je demande que l’on soit respectueux de ce que nous sommes ».

Plutôt que des problèmes, ce sont d’ailleurs les solutions des collectivités locales qui ont été présentées. Avec une grande variété, car de la mobilité à l’habitat, l’urbanisme, l’énergie ou la santé, toutes les politiques publiques locales sont impactées par la transition énergétique.

La petite musique des territoires

Bien évidemment, les lois Notre et transition énergétique, qui viennent d’être promulguées, ont aussi été évoquées.
« Ces textes renforcent le rôle des pouvoirs locaux, mais ils créent aussi de la confusion. La lutte contre le changement climatique appelle une gouvernance rénovée et une bonne articulation », a pointé Catherine Decaux, directrice générale du Comité 21.
Et cette articulation va notamment se jouer entre les régions (en charge des SRCAE) et les EPCI (en charge des PCAET), mais aussi avec tous les acteurs de la transition énergétique, qu’il s’agisse des services déconcentrés de l’Etat ou des entreprises.

Il y a « un certain nombre de contradictions » entre ces lois, a pointé Jean-Luc Moudenc, président de l’AMGVF et maire (LR) de Toulouse. Mais ces textes vont permettre de lancer de nouveaux chantiers. C’est le cas sur le territoire de la métropole grenobloise, qui a lancé de nombreuses actions pour améliorer la qualité de l’air. Le maire de Grenoble, Eric Piolle (EELV), a en effet présenté une multitude de mesures prises en ce sens :

  • la réduction de la vitesse maximale de circulation de 50 à 30 km/h sur la majorité des rues des 49 communes de la métropole ;
  • le dépôt d’un dossier de candidature à l’appel à projet Villes respirables ;
  • un contrat signé avec La Poste qui va permettre de réduire les pollutions liées à la logistique urbaine (tous les véhicules seront électriques), avec la construction à venir d’un centre de distribution urbaine ;
  • la mise en place des nouvelles pastilles écologiques caractérisant la pollution des véhicules ;
  • etc.

C’est la petite musique souvent appelée de ses vœux par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, qui a ainsi l’air ainsi de prendre dans les territoires. Une musique qui s’appuie sur le lancement d’une multitude d’appels à projets thématiques (territoires à énergie positive, villes respirables, zéro déchets-zéro gaspillage, etc.) dotés de moyens, certes limités de l’Etat (500 000 euros pour les Tepos), mais apparemment incitatifs, au regard de l’intérêt manifesté par les collectivités. Et avec une logique de labellisation des projets locaux qui fait sens pour les élus, les collectivités, et sans doute aussi pour les citoyens.

Vers des relations contractuelles et… le PPPP

Il a donc été question des métamorphoses des villes, mais aussi de celles des relations entre l’Etat, les collectivités territoriales, les citoyens et les entreprises. « La France est construite sur un modèle d’autorité entre l’Etat et les territoires. Le monde de demain se construira sur le modèle du contrat », a souligné Jean-Paul Delevoye, président du Cese. Et Jean Rottner, maire (LR) de Mulhouse, d’inventer le concept du PPPP, c’est-à-dire du partenariat entre le public, le privé et la population !

A Mulhouse, a expliqué son maire, un nouveau système vient ainsi d’être installé pour piloter tous les services de la collectivité à l’aide d’un tableau de bord. Pour Jean Rottner, après avoir fait tout un travail sur les infrastructures (station d’épuration, réseau de chaleur, etc.), il s’agit désormais de générer des données, de les utiliser et de les redonner au public afin de « devenir plus vertueux et d’avoir des visions communes », explique-t-il.
« La connaissance des informations concernant la consommation d’eau et d’énergie va permettre aux citoyens de modifier leurs comportements », a rajouté Jean-Louis Chaussade, PDG de Suez. Et au niveau opérationnel, le gain est aussi important : « Là où on était réactif, on va être capable d’être prédictif », a-t-il précisé.

C’est ainsi le mirage de la Smart-city qui est apparu, devenant de plus en plus réel, et ouvrant la voie à une logique de partage.

André Rossinot, président (UDI) du Grand Nancy et secrétaire général de l’AMGVF, croit lui aussi qu’il va falloir développer les échanges avec la population : « Il faut plaider pour l’intelligence des territoires et aller chercher toutes les personnes, quelles qu’elles soient, en mettant en réseau leurs intelligences pour faire une révolution tranquille ».

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