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Prévention de la récidive

Réinsertion: des ateliers lecture en échange de remises de peine

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité

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Prison_ © JvL (Flickr)

Après avoir expérimenté l'initiative à Châlons-en-Champagne, l'association "Lire pour en sortir", soutenue notamment par le Secours catholique, a lancé un programme pour développer la lecture en milieu carcéral dans le cadre de la nouvelle réforme pénale. Objectif : favoriser la réinsertion des détenus, qui peuvent bénéficier de réductions de peine s'ils s'investissent lors de ces ateliers.

 

« Les vraies causes du crime s’appellent la misère et l’inculture, la révolte du déshérité, la peur de l’avenir, la haine des autres et la détestation de soi », a estimé Alexandre Duval-Stalla, avocat et président de « Lire pour en sortir » lors d’une conférence de presse mercredi 23 septembre à Paris.

Il s’agit pour le détenu, grâce à la lecture, de « prendre possession de sa propre dignité ». Son association a poussé à l’adoption d’un amendement d’Hervé Gaymard (LR) à la loi de réforme pénale, entré en vigueur le 1er octobre 2014, qui permet d’obtenir des réductions de peine supplémentaires « dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, en participant à des activités culturelles et notamment de lecture ».

En prison, « 22% des détenus ont des difficultés de lecture très importantes, 30% ont un cursus scolaire court ou ont eu un échec scolaire, 5% ne parlent pas français et 5 % le parlent de façon rudimentaire », a détaillé Nathalie Faure, chargée du développement culturel à la direction de l’administration pénitentiaire.

« La lecture donne une grande autonomie à la personne, une liberté de pensée (…), permet un travail sur soi, sur l’acte qu’on a commis », a-t-elle estimé, expliquant que le « pari » était de « réduire le risque de récidive » et d’ »amorcer un processus de transformation de la personne ».

Fiche de lecture = réduction de peine

L’initiative a débuté à Châlons-en-Champagne en juin, avec plus de 50 personnes inscrites et devrait s’étendre aux établissements pénitentiaires de Mont-de-Marsan, Nice, Longuenesse, Fresnes et Albi. Sur son site internet, l’association explique rechercher des bénévoles (appartenant ou non au Secours Catholique) résidant sur ces territoires afin de pouvoir organiser et suivre le programme de lecture.

Les détenus choisissent un livre et réalisent une fiche de lecture, répondant à des questions sur l’auteur et le livre, notant quelques citations marquantes, livrant leurs réflexions sur l’ouvrage. Les bénévoles ont noté que leurs choix se portaient sur des livres « extrêmement classiques », d’auteurs comme Balzac ou Flaubert.

A Châlons, une personne condamnée à une courte peine a déjà bénéficié de quelques jours de remise de peine. Cette initiative prend exemple sur un programme lancé en 2009 au Brésil, « Reembolso a travès de la lectura », qui prévoit de réduire de 4 jours la peine d’un détenu pour chaque livre lu.

La réforme pénale, qui entre actuellement en application, implique fortement les associations soutenues par la Chancellerie ou le ministère de la Culture, ainsi que les partenaires locaux de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Les collectivités territoriales sont en effet invitées à soutenir toutes actions destinées à réinsérer les détenus afin d’éviter qu’ils ne rechutent, qu’il s’agisse de programmes associatifs, de travaux d’intérêt général ou de chantiers extérieurs.

 

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