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Prévention de la délinquance

Face aux incivilités, SOS Médecins se retire d’un quartier prioritaire de Limoges

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité

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6923079189_18aa2630ecz © mac_filko CC by Flickr

L'association SOS Médecins a annoncé qu'elle n'interviendrait plus, à moins d'une urgence sous escorte policière, dans six immeubles du quartier prioritaire de la politique de la ville de La Bastide, à Limoges (Haute-Vienne). Motif : les treize médecins de l'antenne y ont été victimes, ces derniers mois, de nombreux actes d'incivilité.

 

La décision est suffisamment rare pour être remarquée. Les treize médecins titulaires de l’antenne SOS Médecins de Limoges ont décidé, quasi unanimement, de déserter l’impasse Camille-Pissaro à Limoges. Et pour cause : la plupart d’entres eux y auraient subi des caillassages, des actes de vandalisme ou des cambriolages dans leurs véhicules professionnels, a expliqué à l’AFP le président de l’association, Fabrice Massoulard.

« Nous avons souhaité réagir avant qu’il ne se passe un incident grave. Beaucoup de jeunes médecins stagiaires travaillent avec nous, il sont plus exposés et c’est pour eux que nous nous inquiétons avant tout », a-t-il souligné dans un courrier daté du 14 septembre, adressé à la préfecture de la Haute-Vienne ainsi qu’au conseil départemental de l’ordre des médecins. « C’est un secteur bien connu, dans lequel beaucoup de professionnels rencontrent des problèmes. Pompiers, policiers, et même médiateurs ont déserté les lieux avant nous », assure-t-il.

« Limoges n’est pas épargnée par ce phénomène que l’on voit ailleurs », et « c’est une tendance de fond qui augmente régulièrement », confirme Philippe Bleynie, secrétaire général de l’Ordre des médecins en Haute-Vienne, qui soutient la démarche de SOS Médecins étant donné que « ce sentiment d’insécurité s’étend à de nombreux confrères assurant des gardes de nuit. » Selon lui, « des médecins du Samu ont eu affaire aux mêmes types de comportement » et d’incivilités.

Vers un partenariat PM-Médecins-PN ?

Lors du conseil de l’ordre départemental des médecins, en fin de semaine dernière, les services de la préfecture ont annoncé que la signature d »un protocole concernant la sécurité et la protection des médecins était en cours de finalisation. Problème : l’assistance de la police nationale afin de permettre aux professionnels d’exercer normalement leur activité existe déjà depuis 2010, mais « sans véhicule dédié » et dans la « mesure de ses possibilités », reconnaît la DDSP.

« Ca n’est jamais une décision agréable pour un médecin de renoncer à aller donner des soins quelque part. Et en l’occurrence, ce sont six immeubles et toute une rue qui vont être lésés en raison de l’attitude de quelques-uns », a précisé Fabrice Massoulard. SOS Médecins continuera à y assurer les interventions urgentes, mais à condition de bénéficier systématiquement de l’appui de la police.

Cité par le quotidien régional Le Populaire, le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie souhaite participer au futur dispositif. « Les moyens que nous avons déjà mis en place (renforcement de la police municipale, création de médiateurs de quartier) ne suffisent visiblement pas. Il va donc falloir une présence policière plus régulière à La Bastide. La PM ne peut pas se substituer à la police nationale, mais elle peut venir en appui pour accompagner les professionnels de santé. »

Selon l’édile et plusieurs habitants interrogés par France Bleu, les ennuis proviendraient d’un groupe d’une dizaine de jeunes trafiquants de drogue de 15 à 25 ans. Ils auraient transformé les lieux en « zone de non-droit » afin de pouvoir « travailler » tranquillement. « A priori, cette décision s’applique jusqu’à la fin de l’année, sauf à ce qu’une solution soit proposée par les services concernés: police, préfecture, ARS », a d’ores et déjà prévenu le président de l’association.

Ce n’est pas la première fois que des médecins exaspérés par des problèmes d’insécurité demandent l’aide d’autrui.Des médiateurs sociaux interviennent aux urgences à Lille, la police municipale marseillaise participe à la sécurisation des hôpitaux publics de la ville, des formations à l’auto-défense sont dispensées au personnel des urgences de Tourcoing, tandis que les médecins nîmois sont suivis par les caméras de vidéosurveillance de la ville, etc.

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